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samedi 6 mai 2017

Les chroniques de Fantomiald

Avant toute chose, posons les bases nécessaires à la compréhension de ce billet :
De nombreux pays créent des bandes dessinées Disney. C'est d'ailleurs par ces bandes dessinées plus que par les dessins animés que les canards de l'univers de Picsou ont acquis leur renommée : On pensera bien entendu aux estimés Carl Barks et Don Rosa. L'un a posé les bases d'un univers, l'autre les a exploitées d'une incroyable façon, notamment via la fameuse Jeunesse de Picsou, mais pas que.
Fut un temps, le monde franco-belge se défendait bien en proposant des BD Disney relativement agréables à lire, et bien entendu le Couac, supplément inénarrable du Super Picsou Géant, dont la disparition a signé la mort de ce magazine, qui n'est plus à présent qu'un zombie, l'ombre de lui-même. RIP Popop, les coussins en plumes de thon, et Philippe Laglue de Tours, nous ne vous oublierons jamais. Et RIP la glorieuse époque où il fallait retourner le magazine pour lire le Couac.



Plus récemment, il semble que Glénat ait décidé de prendre les choses en main et de publier des bandes dessinées Mickey d'artistes de renom, tels que Tebo ou Trondheim - Félicitations à eux.

Cela dit, un autre pays s'est illustré dans la conception de bandes dessinées Disney ; un pays pourtant pas habitué au neuvième art : L'Italie. C'est ainsi qu'à la fin des années 60, les italiens, qui faisaient déjà de très bons Mickey et avaient déjà créé quelques personnages originaux de très bonne facture, mirent en scène la première aventure de Paperinik, rapidement publiée en France en renommant le personnage Fantomiald. Pour faire simple, Fantomiald est la persona super-héroïque de Donald Duck, et, mine de rien, toutes proportions gardées, a une aura aussi importante en tant que personnage Disney que Batman en tant que personnage DC. Ce n'est peut-être pas pour rien que le Disney Store de Venise dispose d'un mur entièrement dédié au personnage, et ce n'est peut-être pas un hasard si aujourd'hui encore il a un magazine qui lui est entièrement consacré - Aaah, si je pouvais m'y abonner ; malheureusement l'abonnement aux magazines Disney italiens semble réservé aux seuls Italiens, vous comprendrez alors sans difficulté la tristesse que j'éprouve.
Si vous observez le personnage sans le connaître, vous penserez peut-être aussi à PK, héros du jeu vidéo Donald Duck - Qui est PK ? et de sa propre série de bandes dessinées publiées par SPG. Il est à noter que PK, bien qu'il soit également le diminutif de PaperiniK à l'origine (il fut finalement renommé Pikappa pour éviter toute confusion) n'a strictement aucun rapport avec Fantomiald : Il s'agit d'un reboot du personnage pensé pour le public américain, et de ce fait je ne lui accorde aucun crédit. Il va d'ailleurs sans dire que le jeu mentionné plus tôt, en plus d'être assez mauvais, m'a déçu à son époque justement car il n'avait aucun respect pour la continuité Fantomiald.

Horreur

Actuellement les magazines Disney en France partent un peu dans tous les sens. Outre les classiques "Géants", on retrouve des hors-série consacrés à un peu tout et n'importe quoi. La Jeunesse de Picsou se voit rééditée en six volumes et accompagnée de récits pas réalisés par Don Rosa et du fameux poster généalogique, à ceci près qu'il faut y poser des autocollants (???), et les BD de canards font l'objet de rééditions successives un peu hasardeuses. Quel dommage que les intégrales Carl Barks et Don Rosa coûtent si cher, car il ne me semble pas malvenu de dire qu'elles sont respectivement bien plus sérieuses que les "intégrales" en vente en kioske.
Concernant Fantomiald, ma plus grande déception a toujours été qu'il était impossible de lire ses aventures dans l'ordre. Comment a-t-il pu passer du rang de vengeur masqué à celui de héros ? Pourquoi est-ce que Géo Trouvetou l'aide dans chacune de ses aventures ? Autant de questions demeurées sans réponse... Jusqu'à aujourd'hui.

Ce qui me permet, enfin, d'en venir aux Chroniques de Fantomiald. Il s'agit d'un magazine indépendant de Mickey Parade, bien que réalisé sous le même format, épais de trois bonnes centaines de pages. (Enfin les "300 pages de BD" vantées en couverture sont un mensonge éhonté, la numérotation s'arrêtant à 297, et sachant qu'il y a tout de même quelques pages ne contenant pas de BD à proprement parler) C'est cependant la rédaction de Picsou Magazine qui s'en charge, à en croire les crédits microscopiques présents dans la dernière page, qui évoquent Picsou Magazine à tout bout de champ, notamment lorsqu'il est question d'abonnement.

Le meilleur personnage de Disney, c'est tout.

Dans ce magazine on retrouve la toute première aventure du personnage ; jusque-là rien de bien palpitant, étant donné le nombre hallucinant de fois où elle a été republiée jusque-là - pour tout vous dire il existe même une édition cartonnée des aventures de Fantomiald où elle est rééditée, ainsi que d'autres BD qui ont visiblement été tirées directement d'un hors-série de Mickey Parade publié il y a quelques années. Mais, et c'est là que ça devient intéressant - la seconde BD n'est pas une aventure récente du personnage, contrairement aux tentatives précédentes de mise en avant du canard. Il s'agit de la suite directe. Et le volume continue ainsi, donnant enfin au lecteur de Fantomiald la continuité tant désirée ; une continuité qui n'avait jusque-là jamais été respectée en langue française. Ainsi, d'épisode en épisode, sont donc posées les bases qui furent réutilisées par la suite pour chacune de ses nouvelles aventures : De ses gadgets à ses motivations, en passant par le fait qu'il est de notoriété publique qu'il est un "bon ami" de Donald Duck, tout est expliqué assez clairement, avec continuité une fois encore, et on pardonnera facilement des points de scénario aberrants (Flairsou ridiculisé par Fantomiald devant toute la ville qui acclame ce dernier, alors qu'il n'a fait que lui dérober un objet qui lui appartenait de droit, je m'attendais pas à une fin aussi affreuse), tout comme on pardonnera le comportement de personnages comme les neveux de Donald (qui sont tout simplement insupportables, trait qui est conservé dans toutes les BD de Fantomiald jusqu'aux plus récentes), ou Picsou, connard suprême, qui passe son temps à flirter avec le flou juridique entre ce qui est légal et ce qui ne l'est pas. À côté de ça, Fantomiald donne à Donald une occasion en or de se venger de la vie, et les nombreuses humiliations subies par Gontran sont extrêmement bienvenues. De façon générale, on ne peut que s'attacher à un Donald enfin combatif, au costume super cool, et dont les gadgets ne flirtent pas avec le high-tech le plus sophistiqué, lui donnant un aspect beaucoup plus "humain" que ce qu'a pu être l'horrible Powerduck.



Au niveau du dessin, c'est l'âge d'or des BD Disney italiennes qui est représenté ici. Romano Scarpa a un style inimitable, qui, sans forcément atteindre la quintessence d'un Don Rosa, égale assez facilement l'art d'un Carl Barks. Scarpa n'est pas le seul artiste représenté ici bien sûr, d'ailleurs la toute première aventure de Fantomiald n'est pas de sa plume.
On ne regrettera que la couleur. Si la "restauration de la couleur d'époque" est en soi une bonne chose pour énormément de raisons, c'est tout de même au prix de couleurs baveuses, hésitantes, et osons clairement le dire, qui agressent les yeux. Rien de foncièrement gênant, mais il est vrai que les BD Disney italiennes actuelles sont en soi bien plus propres.


Il est à noter que la traduction a été refaite, par rapport aux premières parutions de ces BD dans le Mickey Parade des années 70, ce qui n'est pas anormal quand on sait que certains termes n'étaient pas encore fixés (j'ai par exemple en ma possession l'un de ces Mickey Parade, où Fantomiald porte le sobriquet de Fantomias).

Le prochain numéro est programmé pour fin juin prochain, bref il vous reste encore un peu de temps pour découvrir les premières aventures du meilleur canard de Disney dans leur ordre original. J'aurais aimé poster ce billet plus tôt, mais lorsque le magazine est paru, trouver un scan propre de sa couverture était tout à fait impossible - C'est désormais chose faite.

1 commentaire :

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