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samedi 16 janvier 2016

Va, et surtout n'aie pas peur de chanter la chanson du bonheur

La vie de la famille Von Trapp est fascinante. Vous le savez certainement si vous avez eu l'opportunité de visionner The Sound of Music, comédie musicale considérée comme l'un des chefs-d’œuvre du cinéma. Pour ma part, je ne l'ai jamais vue, et, après avoir lu une comparaison entre la vie authentique de cette famille et ce que le film en a fait, il m'a semblé évident de ne jamais donner sa chance à un film qui, bien qu'il ait certainement énormément de qualités en tant que pièce cinématographique, n'est finalement pas si fidèle que ça au matériau d'origine.


À ce moment-là, comment m'est venue cette envie de m'intéresser à la vie des Von Trapp ? Tout simplement par le biais d'un World Masterpiece Theater.
Pour ceux qui ne le sauraient pas, les WMT sont une série d'animes japonais à la base éducatifs, adaptant avec plus ou moins de réussite tel ou tel chef-d’œuvre littéraire. Rémi sans Famille, Heidi, les Quatre Filles du Dr March, sont autant de dessins animés réalisés dans ce cadre. Le projet WMT a duré de 1969 à 2009, et c'est en 1991 qu'a été réalisée la série Trapp Family Story, publiée ensuite en France en 1995 et diffusée dans les Minikeums sous le titre Les enfants du Capitaine Trapp. Il est malheureusement inenvisageable de voir la VF de nos jours pour deux raisons :
-Premièrement, elle est introuvable. Si vous cherchez, vous ne trouverez que la musique du générique en version longue.
-Ensuite, plus important, la VF est de toute façon ratée : Au lieu de se dérouler en Autriche, l'intrigue se déroule en France, comme c'était la mode dans les VF de l'époque, et, plus grave, les derniers épisodes font l'objet de censure : En effet, fidèle au matériau d'origine, les dix derniers épisodes portent sur la montée du nazisme. Le sujet est abordé de façon assez exagérée, c'est vrai, mais il reste regrettable de passer par la découpe et le remontage sauvage de scènes pour mieux coller au public francophone.

Quoiqu'il en soit, maintenant, vous vous demandez peut-être de quoi il est question à part de nazis, donc voici un résumé :
Maria Kutschera, jeune autrichienne amatrice de musique et titulaire d'un diplôme d'enseignante, décide un jour de devenir bonne soeur au couvent du village de Salzburg. Elle devient apprentie, mais les circonstances font qu'un jour, on lui propose de passer quelques mois en tant que gouvernante dans la famille Trapp. Georg von Trapp, ex-capitaine de sous-marin devenu baron suite à ses exploits lors de la première guerre mondiale, n'a pas un, ni deux, ni trois ou quatre ou cinq ou six, mais bien sept enfants. Dont cinq filles. L'enfer. Surtout que sa femme est décédée des suites d'une scarlatine, maladie qu'a également contracté l'une des filles de la famille, la petite Maria.
C'est en particulier de cette Maria que doit s'occuper la grande Maria. À son arrivée, elle se heurte à des enfants particulièrement réticents, qui ont déjà vu passer 26 gouvernantes en l'espace de deux ans. Néanmoins, sa joie de vivre communicatrice donnera rapidement confiance aux enfants, et c'est par le chant que la famille va s'épanouir.


Voir ce dessin animé en VOST reste faisable si vous lisez l'anglais : Le compte Youtube Pikachu (oui, je sais) les a tous uploadés. Vous noterez néanmoins un changement désagréable dans les sous-titres à partir de l'épisode 27, et au passage que cet épisode et le 28 ont été inversés par l'uploadeur.

Le récit, s'il dispose de moments amusants voire enfantins, a une narration particulièrement construite, et on peut comprendre qu'il n'ait pas forcément rencontré le succès en France auprès du public pour lequel il a été diffusé. Surtout, c'est excessivement bavard, et je m'explique parfaitement pourquoi, des années plus tard, j'ai eu du mal à me souvenir qu'il s'agissait des Enfants du Capitaine Trapp. En fait vue la quantité de filles je me suis à un moment persuadé qu'il s'agissait plutôt des 4 Filles du Docteur March.
De façon générale, par rapport à un Sound of Music très peu fidèle, cette itération se veut beaucoup plus proche des faits tels qu'ils sont racontés dans les biographies de Maria. Ainsi, contrairement aux trois films réalisés sur la même histoire, ici les prénoms des enfants sont conservés, ainsi que des détails de leur vie de tous les jours que les films avaient davantage modifiés voire supprimés.



Bien entendu, comme tout WMT qui se respecte, Trapp Family Story exagère énormément. Dans Princesse Sarah, Lavinia devenait une affreuse pimbêche voulant absolument le malheur de la petite Sarah Crew, alors que dans l’œuvre d'origine, elle ne fait quasiment rien de grave. Heidi trouve un petit oiseau et s'en occupe pendant un grand nombre d'épisodes, alors que dans l’œuvre d'origine il n'est jamais une seule fois question de s'occuper d'un petit oiseau.
Ici on va dans la même direction : Pendant tout un pan de l'histoire il est question d'une certaine Lady Yvonne, femme irresponsable qui désire absolument épouser le capitaine en laissant les enfants de côté dans la mesure du possible. A-t-elle réellement existé ? Quand je cherche des informations sur Internet, son nom n'est jamais mentionné.
De même, l'un des membres du personnel de la famille se révèle, à leur grande surprise, partisan du national-socialisme. S'il est probable que la vraie famille ait embauché une personne approuvant l'idéologie hitlérienne, la mise en scène ici se révèle bien trop grossière pour être prise au sérieux, de même que ce passage fortuit avec Hitler en personne dans l'un des derniers épisodes.
Notons enfin qu'au niveau temporel, le dessin animé se fait également plaisir : Les enfants ne grandissent pas, Maria ne tombe qu'une seule fois enceinte alors qu'elle devrait déjà à ce moment de la série avoir deux enfants en bas âge supplémentaires à sa charge, et les soldats nazis, alors que la guerre n'a même pas encore commencé, embarquent directement les juifs, dans un mépris absolu de l'ordre chronologique de l'Histoire.

Pourtant, malgré ses travers, ses anachronismes et ses exagérations, cette version de l'histoire des Trapp reste à mes yeux bien plus légitime que les fameux films, d'autant que Maria (la fille, pas la mère) a été consultante et est donc créditée dans le générique. Ce dessin animé est un peu l'antithèse de Princesse Sarah : Alors que Sarah faisait une longue descente aux enfers et ne trouvait sa libération que vers la toute fin de son épopée, les évènements véritablement tragiques n'arrivent cette fois que dans le dernier quart de l'intrigue.

Si vous avez du temps à accorder à un anime en tout cas, je ne saurais que vous recommander de vous pencher sur celui-là. L'histoire de la famille Trapp est tout simplement fascinante.

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