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mardi 21 mai 2013

Scénaristes et dessinateurs : Qui a raison ?

Suite à un petit débat qui a eu lieu sur Twitter quelques instants avant que je ne commence à rédiger ce post, et auquel j'ai pris part au beau milieu, je me suis rappelé d'un sujet que je voulais aborder ici depuis quelque temps, donc bon, voilà, l'occasion est venue.

Je voulais vous parler, généralement parlant, de qui a raison dans une oeuvre culturelle - Jeu vidéo, bande dessinée, comic américain, manga. Bien sûr, ce sera mon avis, illustré par moults exemples. Je changerai d'exemple en fonction de ce que je voudrai illustrer, ce billet n'ayant pas pour but d'être organisé autour des oeuvres mais bien autour de la façon d'appréhender leurs constructions et s'il est légitime de considérer qu'une oeuvre mérite ses suites ou non. Les exemples que vous verrez pourront je pense s'appliquer à d'autres cas, même s'il est vrai que chaque cas est unique en soi.


Le premier exemple que je vais aborder pour vous est le cas Hergé. Bien sûr. Le cas de l'auteur qui a emporté son oeuvre dans sa tombe - Grand bien lui en fasse et grand respect à lui par la même occasion.

En avait-il le droit ? Oui. Mille fois oui. Car même s'il était de toute évidences entouré par de multiples assistants, et même si certains de ses chefs-d'oeuvre ne sont pas du Hergé pur (n'est-ce pas, 7 Boules de Cristal ?), disons-le clairement, Tintin, c'est Hergé. Dommage, le très talentueux Québécois Yves Rodier avait proposé un travail incroyable sur le thème de l'Alph-Art, mais ce travail est condamné à demeurer à l'état d'oeuvre de fan.
Y a juste un truc un peu triste : Cette fameuse loi qui autorise la reprise d'oeuvres un certain temps après le décès de l'auteur d'origine. Quand ce temps sera atteint, je me demande honnêtement ce que fera la Fondation Hergé - Ceci dit, au pur niveau canonique, jamais un seul potentiel Tintin du futur ne pourra être considéré comme faisant partie de l'oeuvre d'origine. Ainsi, l'aventure de Tintin s'arrête au moment où il est menacé de mort. C'est triste mais voilà.

Ensuite, y a le cas du comic Américain, qui fonctionne aussi avec Spirou : Toutes ces oeuvres appartiennent à leur éditeur, ainsi, les auteurs peuvent se succéder sans problème. C'est une autre logique. Le cas Spirou va néanmoins plus loin : Le Marsupilami appartenait à l'origine à Franquin, qui a décidé de le garder pour lui, le supprimant de la série pour toujours (du moins le croyait-on, comme je l'expliquerai dans quelques secondes).
Ç'aurait été tout aussi respectable que le choix d'Hergé concernant Tintin, mais il se trouve que Franquin a purement et simplement revendu le Marsupilami et Gaston Lagaffe (son autre création) à une nouvelle maison d'édition, Marsu Productions, qui a surexploité l'image du pauvre animal pour se faire du blé, du blé, du blé. Alors vous comprendrez bien que quand j'apprends dans le numéro de Spirou qui sort en kiosque demain que Dupuis a racheté Marsu Prods et que le Marsupilami reviendra dans Spirou, j'estime que c'est un juste retour des choses : Franquin ayant à l'origine vendu sa création, elle ne lui appartient plus, avec tout l'immense respect que j'ai pour ce grand homme. Ainsi, le retour du Marsupilami dans la série Spirou, sous la houlette d'autres auteurs, est à mon sens une très bonne nouvelle.
Concernant les comics Américains, ils fonctionnent tous de la même façon : Les personnages ont certes été créés par des personnes précises (Stan Lee, Carl Barks, etc.), mais leur légende ne s'est pas construite par ces seuls auteurs, et si aujourd'hui vous pouvez encore lire les aventures de Spider-Man ou de Donald, sachez que ce ne sont pas forcément ces auteurs que vous lisez !

Il y a ensuite les cas Astérix et Lucky Luke.
Astérix, s'il s'était arrêté après Astérix chez les Belges, dernier scénarisé par Goscinny, n'aurait pas mérité de suite. Vraiment. Mais Uderzo, dessinateur du petit Gaulois, a décidé de continuer. Fort bien. Il nous a donné des albums de qualité variable, allant du très bon à l'autocaricature immonde (Vous savez très bien de quoi je parle, me forcez pas à revenir là-dessus). Mais on est bien obligé de respecter ce choix : Goscinny n'a jamais dit qu'il souhaitait voir ses créations s'arrêter à son décès. Et puisque c'est une création qui a été faite en duo... On en est là. Le dernier Astérix ayant passablement amoché le héros, le fait de voir Uderzo donner son accord pour qu'une suite ait lieu n'est aucunement dérangeant. J'approuve.
Concernant Lucky Luke, on va faire très simple. Si Morris a toujours jusqu'à sa mort dessiné le cow-boy, il s'est entouré d'un nombre assez incroyable de scénaristes, bien avant l'arrivée de Goscinny. Et il a continué après le décès de ce dernier à se faire scénariser ses BD, peut-être parce qu'il ne se trouvait pas à la hauteur, je ne sais pas. En tout cas cette multitude de scénaristes me fait dire ceci : Tant que le style de dessin de Morris est respecté, la série peut continuer, peu importe le scénariste. Ça fonctionne.
Dans le même ordre d'idée, les Schtroumpfs poursuivent leur petit bonhomme de chemin, et, si l'on oublie l'adaptation américaine de merde, restent en tous temps fidèles à eux-mêmes.

Ensuite, t'as les suites qui sortent un peu de nulle part. C'est le cas de la nouvelle Ribambelle et du nouveau Flagada. Non seulement le style de dessin n'est franchement pas terrible, mais le scénario ne suit pas.
Le Flagada je ne dirai rien de plus à son sujet, je vois même pas d'où est sortie l'idée saugrenue de faire un espèce de nouvel album au sujet du volatile, mais concernant la Ribambelle, il s'agit d'une série que l'auteur a toujours regretté de ne pas avoir pu continuer - Néanmoins de son vivant, jamais Roba n'a il me semble proposé que quelqu'un reprenne la main dessus. Si le résultat avait été à la hauteur, mon avis aurait été le même, à ceci près que j'aurais peut-être aimé. Mais dans tous les cas ça n'aurait pas été une suite "digne" dans le sens où bon, Roba est mort sans avoir statué sur ce que deviendrait son oeuvre, dans le fond.

Concernant le cas Retour Vers Le Futur, qui se doit je pense d'être abordé, je pense que le jeu s'insère dans la continuité des films, dans la mesure où Bob Gale lui-même a supervisé la conception du jeu. Aussi, je ne comprends pas cette dissension à la con qui règne entre les fans de la licence. Oubliez un peu que vous  trouvez qu'en tant que JEU c'est du caca, les mecs, et regardez un peu du côté du scénario et du respect de l'oeuvre originale. Puisque Bob Gale, Christopher Lloyd et Michael J Fox approuvent, alors c'est une bonne suite, fin.

Ceci dit, malgré tout, la logique que je viens de vous détailler ne peut pas s'appliquer tout le temps... Qu'est-ce qui se passe quand un auteur a montré la volonté d'avoir des successeurs et que les successeurs perdent l'esprit de l'oeuvre ? C'est le cas notamment d'Achille Talon. Greg voulait que son personnage lui survive, aussi a-t-il nommé des successeurs, qui ont eux-même passé la main à de nouveaux auteurs et le résultat est franchement décevant. J'oserais même dire "à chier". Et ça me fait mal de le dire.

Et puis il y a le cas du manga.

La même logique peut s'y appliquer. J'en veux pour exemple Yu-Gi-Oh : Le spin-of Yu-Gi-Oh R change certes de dessinateur, mais conserve le même scénariste ! Aussi, il est digne d'exister. En revanche, pour les spin-offs, je ne pense pas qu'ils méritent autant leur appartenance à la série. Déjà parce qu'ils se basent sur des univers inventés par l'adaptation en anim, qui est déjà pourrie en soi. Mais ça à la limite, ça pourrait encore aller. Ce qui va moins, c'est d'embaucher des gens pour adapter une adaptation. Autant pour les comics Américains je peux comprendre, j'ai moi-même acheté sans regret des adaptations d'adaptations, et c'est à peu près la même chose pour les jeux vidéos tirés de films basés sur des bouquins (par exemple), mais là c'est juste bête je trouve. Ils ont pris les personnages d'un univers, les ont confié à une équipe qui n'avait rien à voir avec ce qui a précédé, et ont trouvé intelligent de mélanger le tout pour donner un truc dont j'ai acheté deux ou trois volumes avant de me rendre compte que c'était de la daube en fait.

Cela dit, y a pire encore. Y a le cas des épisodes filler. Ça, ça se passe dans les adaptations en anims. Quand l'auteur n'est pas assez rapide par rapport à la production de l'anim tiré de sa série, on bouche avec des histoires inédites inventées pour tenir. Ça s'est vu dans Yu-Gi-Oh justement, ça existait dans Dragon Ball. Dragon Ball Z en a d'ailleurs particulièrement abusé, et l'on peut comprendre que par la suite, du fait du succès planétaire de l'oeuvre, il ait été envisagé de tout refaire en supprimant les fillers.

Et je vous parle pas de la montagne de films DBZ, qui racontent des histoires qui sortent de nulle part. Genre Broly, les merdes comme ça, qui n'existaient pas dans le manga d'origine.

Bien. Honnêtement, sur le principe, faire des fillers, c'est pas forcément totalement con. Mais font-ils partie de l'histoire que vous suivez ?

Certes, vous les verrez certainement adaptés en jeux vidéo par la suite - Je suis certain que les jeux DBZ font leurs choux gras de toutes ces conneries et je suis tout aussi certain que plusieurs de ces jeux sont agréables voire jouissifs à jouer, je n'en disconviens pas - mais au niveau continuité, c'est le néant. À ce niveau je préfère jouer à Dragon Ball Advanced Adventure : Certes le scénario est très difficile à comprendre si on ne connaît pas d'avance le manga (et d'ailleurs pour l'anecdote l'un des combats de boss est beaucoup plus facilement compréhensible avec le manga en mains), mais au moins il ne s'aventure pas dans les fillers, ce qui n'est honnêtement pas plus mal.

Et je vais conclure ce post sur Dragon Ball GT.

Oui. Dragon Ball GT. Le GT qui fâche et qui divise. Je vais vous donner en toute honnêteté mon avis dessus.

D'une part, DBGT s'inscrit dans la continuité du dessin animé Dragon Ball/Dragon Ball Z.
Mais d'autre part, l'auteur n'a pas écrit l'ombre d'un scénario. En fait, il s'est contenté de fournir la base de chara design avec laquelle l'équipe a travaillé. Bien sûr, c'est très bien. Mais en l'état, DBGT n'est rien de moins qu'une entière saison filler. Alors à ce niveau, qu'on aime ou qu'on n'aime pas, je comprends totalement les gens qui situent cette saison au niveau de la fanfiction.

Et par là, je peux vous le dire : Une oeuvre qui n'est pas chapeautée un minimum par son scénariste d'origine s'il y en avait un - S'il n'y en avait pas on retourne au cas Lucky Luke voire au cas comics Américains -, si elle peut être éventuellement respectée pour ses qualités, ne peut en aucun cas être qualifiée de suite canonique. Au mieux, une suite fidèle. Au pire, une fanfic.

Quant aux adaptations télé/cinéma, c'est encore un autre cas, dans le sens où bien sûr, il faut parfois faire des concessions. C'est vraiment au niveau de ce qui n'existait pas dans l'oeuvre d'origine qu'on peut se demander s'il y a ou non recherche de fidélité. Le cas des épisodes fillers est assez criant dans le sens où, comme je l'ai déjà exprimé, ce ne sont pas des épisodes réalisés par l'auteur de la série.

Mais tout ça, c'est du cas par cas. Ce que je vous ai dit aujourd'hui peut être appliqué pour beaucoup d'oeuvres, parfois non.
Vous avez mon avis sur certaines oeuvres, pour le reste, le débat est ouvert !




PS : YEAH ! Shantae sur console virtuelle 3DS le 20 Juin !

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