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vendredi 31 mai 2013

Ace Attorney : The Movie

Eh bien voilà : J'ai visionné Ace Attorney le film, légalement, avec un beau DVD reçu d'Australie. Et rien que pour les sous-titres, je ne le regrette absolument pas : Parfaits, sans l'ombre d'une faute, ils respectent totalement la version anglaise des jeux, allant jusqu'à reprendre l'accent du Sud d'Eva Cozésouci. Je peux à présent parler du film en lui-même. Certains l'ont adoré. D'autres l'ont trouvé, n'ayons pas peur des mots, à chier. Quant à moi, je dirais que j'ai un avis beaucoup moins tranché. Le scénario montre un assez grand respect du jeu d'origine. 
Les quelques différences ne sont finalement pas si graves - La modification des circonstances du meurtre du père de Benjamin Hunter passe finalement beaucoup mieux que ce que je pensais, et la façon dont les affaires 1 et 3 ont été mises en scène au tout début du film dans un but de prologue est plutôt pas mal. Ce sont bien les affaires 2 et 4 qui sont au centre de l'intrigue, avec de très légères références à l'affaire 5 - Présence du Lutin Bleu et utilisation finalement bien amenée de la salle des preuves.



Les lignes de texte sont superbement respectueuses du jeu : En ne lisant que les sous-titres, le fan de la série ne pourra qu'adhérer. Le réalisateur a même réussi à retranscrire le gameplay en ayant recours à un artifice : Partant du postulat que l'histoire se déroule "dans un futur proche", il a ajouté au tribunal tout un système d'écrans virtuels de haute technologie, le genre de truc de science-fiction qui n'existe pas en vrai. Le résultat à l'écran est assez bizarre mais permet au moins une fidélité au support d'origine franchement troublante. Au delà de ça, une foultitude de détails me font dire "Ah ouais, quand même, il a eu du cran pour récupérer ça". Il a même repris le concept des confettis quand le client est déclaré non coupable !


Ça rigole pas.

Au pur niveau personnages, il y a eu des coupes pour ne conserver disons que l'essentiel. Malheureusement, deux personnages ont été lamentablement ratés au niveau du costume : Redd White et Yani Yogi. Le premier, un connard excentrique au costume rose, aux cheveux bleus, et aux doigts recouverts de bijoux, chef d'une entreprise dont le fond de commerce est basé sur le chantage, devient un mauvais journaliste à scandale, porte une tenue sombre et a de très moches cheveux longs et tout aussi sombres. En tant que témoin, lorsqu'il craque nerveusement, il sort d'on ne sait où un haut- parleur. N'importe quoi. En tant que fan d'Ace Attorney je vous le dis, c'est le pire personnage du film. Une loque inutile.

Comme ça m'a tellement choqué que je n'ai pas pensé à screener, j'ai trouvé un comparatif avec Google

 Le second est Yanni Yogi, qui est beaucoup moins délirant en tant qu'amnésique que dans le jeu, et qui en plus n'a pas sa fidèle moustache, mais bon, au final on s'y fait. Au moins il a toujours son bonnet et surtout il occupe toujours le même rôle.
Quant aux autres personnages, à vrai dire, j'ai plus de mal avec Dick Tektiv et Maya Fey. Le premier est joué par un acteur qui a l'air beaucoup trop jeune et pas assez épais physiquement, du coup ça ne passe pas. 

 Phoenix prouve que le cosplay peut tuer

Quant à Maya, elle porte une espèce de fourrure de renard tout simplement laide, qui ne lui va absolument pas, et qui en plus ne sort de nulle part. Au moins, on peut concevoir que Phoenix Wright porte une veste - Après tout quand tu joues aux jeux tu ne le vois pas réellement en dehors des phases de tribunal, donc pourquoi pas.
Pour le reste, les costumes sont globalement assez réussis. L'idée de mettre un public presque entièrement cosplayé avec des coupes de cheveux encore plus funkys que celles des personnages est complètement stupide, par contre.

Cela étant dit, je vais à présent revenir sur le point qui fâche : Le jeu d'acteur. Car le jeu d'acteur de ce film est tout simplement mythique, respectant à fond tous les clichés du mauvais sentai Jap. Quand un personnage dit un truc inattendu et pas drôle, pour le gag, TOUT LE MONDE TOMBE PAR TERRE. Quand un personnage dit un truc choquant, le public prend des poses effrayées et arrête littéralement de bouger, on dirait des statues comiques !
Phoenix, quand il mène l'enquête, a l'air d'un sale gosse qui ne sait pas ce qu'il fait. Au tribunal, on dirait à chaque instant qu'il est aux toilettes. Mais le meilleur personnage de ce film est sans conteste le Lutin Bleu, mes amis ! Il n'était pas présent dans les affaires 1 à 4 du premier jeu, mais il est si cool ! Il fallait le mettre dans le film ! Donc la mascotte de la police est là. À un moment c'est rigolo, sans spoiler plus que nécessaire, le Lutin costumé monte sur un truc assez haut perché, ensuite il en tombe pour le gag, mais genre de loin, quoi, c'est pas important pour la suite, et euh, je sais pas si c'était prévu par le réalisateur mais la tête du costume se détache et y a rien dans le costume O_O Sérieux, sans déconner, depuis que j'ai vu ça, j'ai une peur morbide à l'égard du Lutin Bleu.

 Hunter vient témoigner car le Lutin Bleu l'effraye

L'équipe a montré aux jeux un respect allant jusqu'aux plus petits détails. L'affaire 5 du premier volet ainsi que l'affaire 4 du second sont notamment évoquées, et parmi les remix utilisés, on notera un thème issu d'Apollo Justice. La bande sonore est par ailleurs très bien, en adéquation avec l'univers du film, et les multiples remix sont franchement agréables à écouter.

 Notre héros lit la liste des musiques du film

Que penser de ce film, au final ? L'aimer, ou ne pas l'aimer ? Honnêtement, pour se faire une opinion, il me semble vraiment important de prendre deux heures et de le regarder en entier. En fonction du ressenti de chacun, le bilan sera plus ou moins positif, plus ou moins mitigé. Le réalisateur n'a rien à se reprocher et n'a pas usurpé sa réputation dans le domaine de l'horreur - on ressent d'ailleurs cette influence lorsque Phoenix et Maya passent dans les locaux du loueur de barque, qui ont été rendus par le film particulièrement sombres - mais là il s'agit d'une comédie visant à adapter un jeu vidéo aux influences tout de même assez manga. L'idée même d'une telle adaptation était casse-gueule. Miike a fait son maximum et le résultat est là : Un film ni bon ni mauvais, qui plaira à n'en pas douter aux amateurs de cinéma nippon et aux fans de Phoenix Wright les plus exigeants. Que ceux qui recherchent une fidélité absolue à l'oeuvre d'origine passent néanmoins leur chemin, des choix ont été faits, quelques différences sont donc à noter, mais ces choix s'avèrent au final ingénieux. Sauf pour Redd White, véritable point noir du film, idée la plus stupide que le réalisateur ait je pense eu de sa carrière.

Je le remets pour le graver dans votre esprit

Dans tous les cas, à voir, légalement de préférence, soit quand des conventions le diffusent (oui, oui, c'est arrivé même en France), soit lorsqu'un DVD ou un BluRay sortira en France. Et si comme moi vous n'avez pas envie d'attendre et que l'anglais ne vous rebute pas, Madman vend une super édition Australienne, avec en bonus un making-of très sympa qui dure neuf minutes et le trailer du film ! Y a aussi un trailer pour un machin Australien, mais bon, whatever.
Bon visionnage !

Pendant ce temps, Trilogy HD est sorti sur iPhone et iPad, mais pour plus de détails je vous rappelle que je centralise toute l'actualité Ace Attorney sur ace-attorney.info.

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