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mardi 9 avril 2013

L'appétit encéphalique est finalement rassasié

Ou ne l'est-il pas ? Avec son volume 23, le manga Neuro le mange-mystère est officiellement bouclé. Je vais être franc, j'aurais voulu une poursuite jusqu'au volume 30, car j'aime les chiffres ronds. Mais bon, ce n'est pas bien grave, le chiffre 23 est joli aussi.

Comme toujours quand j'achève une oeuvre après l'avoir entamée plusieurs années auparavant, je vous fais dès à présent mon compte-rendu ! Si vous n'avez pas envie de le lire, version courte : Neuro c'est trop bien, y a que 23 volumes, allez donc vous les procurer. L'anim est en revanche bien daubesque.

Voilà, on est ok ? Ok. J'y vais alors.



Originellement, Neuro, sous son titre Jap Majin Tantei Nogami Neuro, a été publié dans le célèbre magazine de prépublications Shonen Jump de 2005 à 2009. Dans ce laps de temps, il atteint une popularité suffisante pour justifier une adaptation animée (de piètre qualité scénaristique, mais d'excellente facture au niveau animation et bande sonore), deux adaptations vidéoludiques (respectivement sur DS et PS2), et la présence bienvenue du personnage dans Jump Ultimate Stars, le Super Smash Bros portable des personnages du Shonen Jump. C'est par ce biais que s'est fait mon premier contact avec le personnage. J'en suis directement et littéralement devenu fan, priant chaque jour que Dieu faisait pour que le manga soit exporté en dehors de sa patrie d'origine. Pour cela, j'estime être le plus ancien fan francophone du manga, tout simplement parce que j'estime que lire des putains de scans mal traduits ne fait pas de toi un fan. Au pire un pirate, au mieux un impatient.
À l'origine, l'histoire de Neuro est une histoire de détective paranormal : Un démon débarque sur Terre, pour se nourrir il a besoin de l'énergie maléfique relâchée par les criminels lorsque leurs crimes sont découverts. Il n'y a plus d'énergie à boulotter dans le monde d'origine de Neuro, donc il décide de se nourrir avec l'énergie maléfique Terrestre. Là où ça tombe bien, c'est que l'être humain, présent en grand nombre, a souvent tendance (et d'autant plus dans une oeuvre de fiction) à mettre en place des plans échevelés pour aboutir à ses fins. Comme souvent dans ce type de scénario, les meurtres seront légion; néanmoins l'auteur réussira à varier les types de crimes mis en scène. Ainsi, il sera aussi question d'une alerte à la bombe.

Étant un démon, Neuro obéit aux règles du Monde des Ténèbres. Parmi ces règles, il en est une qui stipule que dans le monde des humains, il est nécessaire de se faire le plus discret possible. Neuro prend donc sous son aile la première personne qu'il rencontre, dont le père est décédé. Il résout l'affaire en un clin d'oeil et propulse la jeune fille en question, Yako Katsuragi, au rang de détective.



Le manga s'articule autour de quatre grandes périodes. Dans un premier temps, Neuro résout simplement des mystères. Pour la grande frustration de l'éventuel lecteur qui aurait voulu pouvoir les résoudre en même temps, aucun indice n'est laissé. C'est volontaire : Seul le démon, armé de ses 777 (+7) outils des ténèbres, a les compétences pour voir au-delà. Et d'un autre côté, une fois nourri, il s'en va sans se préoccuper davantage du sort du criminel, dont il aura de toute façon la plupart du temps lessivé le cerveau dans un déluge d'effets artistiques dérangeants et en même temps très bien foutus.
Dans un second temps, on nous parle de X, un personnage vachement intéressant, qui change d'apparence à volonté, tue des gens, et enferme leurs corps en bouillie dans des cubes en verre. Glamour.
Et puis on a toute la partie consacrée à HAL, un méchant encore plus gros, suivie de la partie finale avec des gros méchants bien gras et viscéraux. Ces deux dernières parties s'avèrent très différentes de ce qui précède.

Disons-le clairement, probablement parce que c'était publié dans un magazine de shonen, et probablement pour gagner en popularité auprès du lectorat, l'auteur est passé de manga policier à manga purement shonen, avec des combats à n'en plus finir. Bien sûr, voir Neuro, totalement acculé, utiliser des putains de ressources ultrabadass, c'est jouissif, mais on y perd un peu de l'esprit d'origine du manga, une alternative beaucoup plus réjouissante au banal Détective Conan, dont le graphisme et le scénario donnait à Phoenix Wright un splendide concurrent papier. Non, la deuxième partie redonne au manga son type shonen. Heureusement, cette transition se fait sans pour autant perdre les caractéristiques qui font de l'ensemble du manga une oeuvre unique, donc on pardonne et on apprécie.



Et puis finalement, Neuro s'achève sur une non-fin. Le volume 23 est formidable, ne nous y trompons pas. Il met un point final franchement de qualité à une histoire qui aura réussi à rester épique de bout en bout. Pour parler vulgairement, j'aime ça.
Mais au final, l'appétit encéphalique du mange-mystère n'aura pas été rassasié, et pour le démontrer, l'auteur fait un pied-de-nez à ses lecteurs. Après la page finale, assez convenue (Je pense que dans ces circonstances n'importe quel auteur aurait terminé de la même façon), on nous offre deux pages montrant ce qu'aurait pu être "Neuro le mange-mystère 2". Une fausse preview dans laquelle, notamment, le plus grand mystère jamais dévoilé de tout le manga est vaguement révélé sans l'être.
Bien sûr, tout ça n'arrivera jamais. L'auteur lui-même précise que "cette preview est un mensonge". Bah, on peut toujours espérer qu'il reviendra dessus un jour, et dans tous les cas ça reste une bonne fin !

Pour conclure le volume 23, y a une histoire courte sans rapport intitulée "Divorce à l'amiable". Elle était très sympa, avec une fin totalement imprévisible et des personnages d'aussi bonne qualité que les personnages de Majin Tantei Nogami Neuro. J'ai beaucoup aimé.

Du coup, il n'est pas exclus que je regarde quand même en entier le dessin animé, même si, et je n'aurai de cesse de le répéter, c'est une ultra mauvaise adaptation. Sincèrement dommage, d'autant plus que même si sur la fin le manga se termine sur de la baston, il reste quand même excellent du début à la fin.

Dans tous les cas, à tous ceux qui ne l'ont pas lu, je ne vous comprends pas. C'est un chef-d'oeuvre. Vous pouvez dès à présent foncer vous les procurer, dans l'ordre bien sûr. Si vous ne les trouvez pas en magasin, commandez, n'ayez pas peur. C'est d'la bonne. Neuro est alimenté par un scénario bien foutu, des personnages ultracharismatiques, et un style graphique franchement très sympa.

L'auteur, Yusei Matsui, publie depuis 2012 un nouveau manga intitulé Assassination Classroom. Je suis beaucoup moins tenté. D'ailleurs je ne le lirai pas. Y a pas Neuro, l'empereur du charisme.

On se quitte sur cette vidéo fanmade qui montre ce qu'AURAIT DÛ être l'anim de Neuro s'il avait été bien foutu :


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