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samedi 9 mars 2013

Zero Escape

Zero Escape est une série de visuals novels plutôt connue dans le milieu relativement fermé des lecteurs de visual novels anglophones. Cette série se compose pour le moment de deux jeux, qu'il est IMPÉRATIF de découvrir dans l'ordre, à moins de vouloir totalement ruiner le plaisir du premier par la lecture du second, que je viens de finir.


 

Les deux jeux ont pour eux un scénario extrêmement solide qui imbrique de nombreuses données mais ne se dévoile véritablement qu'au joueur qui se donne la peine de le jouer du début à la toute fin. Mais il faut la mériter, la scène finale, puisque les deux jeux ont un nombre de fins assez élevé (Six pour le premier, beaucoup plus pour le second) et, chose assez unique, parviennent à donner une raison parfaitement rationnelle à pourquoi il est important de tout faire pour pouvoir mériter sa True End.

Le premier, sorti sur Nintendo DS aux États-Unis uniquement, s'intitule Nine Hours, Nine Persons, Nine Doors, aussi abrégé en 999. Le héros, Junpei, se réveille sans trop savoir pourquoi dans une cabine de bateau, visiblement en train de couler. Il parvient à s'en échapper in extremis, et se retrouve immédiatement nez à nez avec huit autres personnages, incluant sa petite amie d'enfance. Tous ont été enlevés et regroupés pour un jeu macabre intitulé "Nonary Game". Ils portent des bracelets dotés de numéros et doivent s'en servir pour franchir des portes derrière lesquelles les attendent des puzzles redoutables. Toute tentative d'infraction aux règles imposées par leur hôte, qui se fait appeler Zero, est punie de mort immédiate. Bien entendu, quelques uns des personnages en savent un peu plus qu'ils ne veulent bien le prétendre. Et je ne peux pas en dire plus, tant il est important de découvrir un scénario aussi épique par soi-même.


Ce qui est remarquable dans ce jeu, c'est que du début à la fin, la grande majorité des concepts qu'il explore ne sont pas inventés par l'auteur. Ils relèvent soit de la parapsychologie, soit de rumeurs, soit même de réalités historiques ou scientifiques, ce qui confère à l'oeuvre un très grand attrait au niveau culturel - Avec un peu de curiosité, on se surprendra ainsi à s'intéresser d'un peu plus près à l'un ou l'autre point développé dans le texte.

Les sprites des personnages sont franchement très bien faits. Le chara design pourra éventuellement rappeler Phoenix Wright - qui est d'ailleurs souvent comparé au jeu par les fans, à tort, l'auteur ayant lui-même déclaré qu'il ne comprenait pas pourquoi le rapprochement était si souvent fait.
999 serait un très grand jeu, s'il n'avait pas un léger défaut : Pour le terminer à cent pour cent, il est nécessaire de refaire plusieurs fois certains puzzles. Et pour arriver à la fin authentique, il faut faire des choix précis. Le jeu permet heureusement de zapper le texte déjà lu, mais c'est un tout petit peu laborieux.

Les puzzles, quant à eux, sont véritablement bien foutus. Si sur la fin on pourra avoir du mal, ils se résolvent en général sans trop de souci et donnent du cachet au jeu. Ces phases d'évasion sont complémentaires aux phases textuelles, et on ne pourrait que difficilement imaginer l'un sans l'autre.

Et puis la musique est parfaite. Je ne peux pas vraiment élaborer davantage pourquoi ce visual novel se doit d'être lu, il me faudrait pour cela spoiler allègrement le scénario, qui, comme souvent  dans ce genre de cas, fait à lui seul l'intérêt du titre.

Et puis 999 a eu une suite, intitulée Virtue's Last Reward, sortie cette fois sur 3DS et PS Vita.



Parlons immédiatement du plus grand défaut du jeu, qui justifierait à lui seul de, malheureusement, passer à côté (Mais ce serait une erreur tellement le jeu est bien), au moins sur 3DS : Il est indispensable de ne surtout pas sauvegarder lors de séquences puzzle, sous peine de risquer de voir sa sauvegarde supprimée. Et je ne parle pas des éventuels crashs intempestifs qui interrompent le jeu et renvoient au menu de la console - j'en ai eu un. Sachant cela, j'ai immédiatement arrêté de sauvegarder lors des séquences de puzzle, mais c'était pour mieux voir une vingtaine d'heures de lecture réduites à néant par une sauvegarde effectuée dans une séquence textuelle, mais AU MAUVAIS ENDROIT, expliquant pourquoi il est régulièrement recommandé sur Internet de plutôt sauvegarder dans la Warehouse, la zone principale de l'aventure. Youhou.

VLR propose une aventure beaucoup plus grande et complexe que celle de 999. Vous incarnez un certain Sigma, qui, après avoir été enlevé à la manière de Junpei, se réveille dans un ascenseur à côté d'une pure inconnue au ton blasé et monocorde, Phi. Une intelligence artificielle se présente à eux sous la forme d'un lapin numérique qui se présente comme étant Zero III. Il les informe alors que l'ascenseur où ils se trouvent va s'effondrer d'une minute à l'autre et qu'ils doivent s'en sortir. Commence alors une séquence d'évasion, comme pour le jeu précédent, mais avec un gameplay totalement revu pour coller à l'ambiance 3D.
Une fois sortis, ils rencontrent les personnages avec lesquels ils passeront quelques heures particulièrement tendues. Le principe de bracelets du premier volet est conservé mais est totalement revu. Les bracelets sont colorés, et permettent de franchir des portes colorées également en fonction de la combinaison de trois bracelets. Une fois la séquence d'évasion effectuée, les personnages doivent participer à un jeu mortel : Un duel à deux contre un (la paire compte en quelque sorte pour un seul participant), où on leur laisse le choix entre "Alliance" et "Trahison". En fonction du vote, chaque bracelet remporte ou perd un certain nombre de points. Si les points deviennent négatifs, le porteur du bracelet meurt. Dès lors qu'un participant dispose de neuf points ou plus, il peut ouvrir la porte dotée du numéro 9, qui est, comme dans le jeu précédent, un synonyme d'évasion. Elle ne s'ouvre qu'une fois et se referme au bout de neuf secondes, condamnant ceux qui restent à l'intérieur à un enfermement éternel - pour peu qu'ils survivent aux éventuels meurtriers présents dans la salle, ou même à l'infection générale d'une certaine maladie mortelle.



De la même façon que pour 999, les tenants et aboutissants de l'histoire ne sont expliqués que lorsque l'on atteint la séquence finale, qui impose d'avoir au préalable effectué huit fins. Et pour bien faire, y a une séquence finale finale qui ne se débloque qu'à la seule condition d'avoir au préalable terminé à cent pour cent les séquences d'évasion. En gros, les séquences d'évasion de VLR imposent au joueur de trouver deux mots de passe dont un facultatif, et tout ça peut se faire en difficulté difficile ou facile. Si vous trouvez et utilisez tous les mots de passe facultatifs en mode difficile, alors vous obtenez l'accès à une fin supplémentaire.

On regrettera dans ce jeu une utilisation beaucoup plus importante d'éléments de science-fiction. Là où le jeu précédent basait une bonne partie de son intrigue sur des mystères liés au Titanic, il sera ici principalement question d'une maladie fictive, le Radical-6, qui sera absolument au coeur de l'intrigue.
On regrettera aussi que le jeu soit beaucoup moins violent que le précédent. Il semblerait que les éditeurs n'aient pas aimé et aient demandé à l'auteur de freiner un peu ses instincts gores, et à vrai dire, sur ce type de visual novel, c'est assez dommage.
On regrettera encore que les puzzles soient incroyablement durs. À ce niveau-là, ça relève de la purge. Bien sûr, il y a un mode facile, mais pour ma part switcher dans ce mode juste pour voir les personnages secondaires se moquer de moi parce que je suis nul, juste non; d'autant plus que le mode difficile récompense le joueur par sa fin extra. Alors du coup, oui, on se retrouve parfois à devoir chercher la solution, surtout quand on déteste  les maths et qu'on se retrouve devant une énigme du type "Obtenez EXACTEMENT cent points sur un tableau de fléchettes en tirant sur des cases PRÉCISES". Heureusement, l'attrait du jeu réside pour le coup principalement dans ses parties textuelles.
On regrettera enfin un sentiment d'inachevé, qui s'explique très simplement. Comme beaucoup de films à succès, le premier Zero Escape aurait très bien pu être un titre unique, mais son succès a justifié la création d'une suite. Fort bien. Le problème, c'est que cette suite, un peu comme Phoenix Wright 2, a visiblement été faite pour donner lieu à une suite supplémentaire. Je sais pas ce qu'ils ont, les créateurs de films/jeux, quand ils font un premier titre qui marche bien, il faut FORCÉMENT qu'ils fassent une suite en deux parties. Du coup, la scène finale donne un sentiment d'inachevé : L'objectif final du Nonary Game : Ambidex Edition n'est pas  réellement atteint et ne le sera visiblement que dans le troisième titre de la série. Pas aussi frustrant qu'un énorme cliffhanger, le dénouement laisse tout de même un peu sur sa faim, et l'on ne peut qu'espérer que la suite arrive bientôt, de préférence sur les mêmes consoles, traduction à la clé.
Par contre, que Virtue's Last Reward est long ! Et il n'y aura pas la frustration de refaire des choses déjà faites -sauf si comme moi vous perdez sinistrement votre sauvegarde-, puisqu'on nous offre la très bienvenue possibilité de changer d'arc narratif à volonté. Le plus fort ? De la même façon que dans 999, le scénario arrive à justifier cette possibilité que l'on nous offre !



Que ce soit dans 999 ou dans VLR, les personnages, peut-être parce qu'ils ne sont pas très nombreux et sont tous terriblement clichés tout en possédant des histoires à la fois inattendues, remplies de mystères, mais néanmoins cohérentes, sont inoubliables. On s'attachera à certains (Junpei, Akane, Luna !), on en détestera d'autres (Ce gros connard de Dio, qui est littéralement fait pour être détesté), mais avec un plaisir partagé, et ce sera toujours pénible de se retrouver dans un arc narratif parsemé de morts.

Les dialogues sont presque intégralement doublés. Pourquoi presque ? Parce que le héros, Sigma, pour une raison précise qui ne s'explique qu'en terminant le jeu, n'est doublé que dans le trailer animé (posté ci-dessous dans sa version anglaise, qui dure une douzaine de minutes) du jeu. En Europe, le jeu est disponible en boîte en Angleterre uniquement, à ce que j'ai lu, MAIS peut se procurer aisément en version dématérialisée dans tous les pays, ce qui est assez surprenant compte tenu de l'absence totale de sortie de 999 en Europe.



Si comme moi vous disposez de la version Américaine, soyez heureux. Vous aurez systématiquement, à chaque démarrage ou reprise du jeu, le choix entre les doublages Américains et Japonais, contrairement à une version Européenne ne donnant que les doublages Japs. Et les doublages anglais se révèlent infiniment supérieurs. Pourquoi ? Parce que je trouve difficilement supportable de devoir entendre trois heures de voix quand le traducteur a trouvé judicieux de traduire la réplique en deux ou trois mots. De plus, si l'on oublie deux doubleuses, tous les autres ont des voix parfaites et emploient pour chaque réplique un ton parfait.

Il faut aussi reconnaître aux personnes chargées de la traduction un travail titanesque. Ainsi, elles auront réussi à paraphraser des répliques intraduisibles telles quelles pour y insuffler un humour propre, qui donne d'autant plus de valeur au titre en version anglaise.

J'espère dans tous les cas vous avoir convaincu de découvrir les deux titres, qui vous procureront sans peine des heures de lecture et de jeu passionnantes. N'oubliez pas, si attrayant soit-il, Virtue's Last Reward spoile sans aucun complexe tout ce qui fait l'intérêt de 999, donc je ne saurais que vous recommander de découvrir 999 en premier, rien que pour VRAIMENT vivre la fin de VLR, qui se trouve être en corrélation directe avec son prédécesseur.

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