Sweet dreams everyone ! Good night, sleep tight, don't let the bed bug bite !

mardi 26 février 2013

Je sens le frais du fond de l'air au fond.

Avant toute chose, n'oubliez pas que j'organise un concours et que même si le prix ne vous intéresse pas vous pouvez quand même participer.

Mes amis ! L'ÉVÈNEMENT. En 2011, une biographie de Fred était publiée. Cette biographie coïncidait avec la plus belle annonce qu'il m'ait été donné de voir, et en plus elle aussi le mentionnait : Après 26 ans d'absence, la formidable épopée de Philémon allait trouver une conclusion. Philémon ? Mais oui, cette bande dessinée dont je vous ai parlé au moins deux fois et dont je ne vais donc pas mentionner de nouveau l'oeuvre publiée entre les années 60 et 80.

La série semblait s'être arrêtée définitivement avec son volume 15. En soi, cela n'aurait pas été excessivement gênant, le volume 15 concluant un dyptique et ayant une fin qui se suffisait amplement à elle-même. Mais, il faut l'admettre, il manquait le mot "fin". Monsieur Barthélémy était-il condamné à se demander pour toujours s'il aurait l'occasion de revoir le "A" de l'Océan Atlantique, tel qu'il l'avait connu pendant 40 longues années ? Le père de Philémon allait-il rester pour toujours l'éternel et indécrottable incrédule qui faisait tout le sel de son personnage ? Et l'Oncle Félicien, quand allait-il donc finir par admettre qu'il y avait au moins rien qu'une petite chose qu'il ne savait pas ?

Fred l'avait commencé pourtant, ce seizième volume intitulé Le train où vont les choses. Mais les choses étant ce qu'elles sont, il a malheureusement passé un certain temps malade. Comme Franquin avant lui, la maladie lui aura au moins permis de donner à ses lecteurs une bande dessinée incroyable - Ici L'histoire du Corbak aux Baskets. Mais quid de sa série phare (du point du i, les initiés comprendront) ? Eh bien il faut croire qu'il avait tout de même prévu de le faire, ce volume 16, puisque ses 20 premières planches étaient déjà dans les cartons avant que tous ces fâcheux évènements ne viennent entacher la vie de Frédéric Othon Aristidès.



Et il faut aussi croire que l'auteur était tenace et voulait aller jusqu'au bout de son oeuvre, quitte à tricher un peu. Ainsi, tout en recourant à la déformation des codes de la BD qui fait l'unicité de l'entièreté de son oeuvre, Fred use d'un artifice auquel je ne me serais certainement pas attendu si TOUTES les critiques de l'album que j'avais lu au préalable n'avaient pas eu l'idée formidable de le déballer dans toute son ingéniosité crue...
Je ne vous spoilerai pas. Libre à vous de lire d'autres critiques si vous voulez comprendre de quoi il retourne. Sachez juste que l'album est un tantinet plus court que ses prédécesseurs. Je me demanderais presque pourquoi, étant donné que le subterfuge de Fred lui aurait permis de l'allonger sans se fatiguer outre mesure, mais au final il a fait le bon choix en l'arrêtant lors de la scène finalement la plus adéquate.

Pour le reste, c'est du Fred. On ne voit pas assez les lettres de l'Océan Atlantique dans cette ultime aventure, on n'y verra guère qu'un manu-manu, l'océan en lui-même ainsi que les deux fameux Soleils aux visages joviaux. Nulle trace de Vendredi dans cet album, et pourtant Philémon mentionne son envie de revoir le centaure.

Il ne faut cependant pas se dire, découragé, que Fred a fait tourner l'album autour de trois personnages. Au contraire. J'ai pris le temps de le lire deux fois, faute de relire les quinze volumes précédents comme conseillé par l'ouvrage, conseil que j'approuve (et je n'en aurai malheureusement pas l'occasion avant un certain temps pour plusieurs raisons, mais ça n'a pas beaucoup d'importance étant donné que je les ai tout de même relus il y a environ deux ans avec toujours le même plaisir et que je les connais par coeur). Eh bien Fred parvient à mettre en scène avec une habileté incroyable aussi bien les personnages essentiels de son histoire que des nouveaux qui s'incorporent très favorablement.
Depuis ses débuts, le style de Fred n'a pas véritablement changé, et au final c'est ça le vrai miracle. Car ce style n'avait pas besoin d'aller plus loin : Il était déjà parfait. La poésie se mêle tout autant à l'écriture qu'au dessin.



La série étant cette fois terminée pour de bon, il est peut-être temps pour les adeptes de bande dessinée passés à côté de ce pavé, ce monument, ce chef-d'oeuvre lyrique, audacieux et artistique, de se lancer dans les aventures burlesques d'un héros unique en son genre, de son camarade puisatier, son âne spectateur, son oncle magicien et son père incrédule.

Il semblerait par ailleurs qu'une trilogie cinéma soit prévue par deux Canadiens. À voir. En ce moment, l'industrie du cinéma basé sur la bande dessinée va mal, entre un Schtroumpf 2 visiblement encore plus avilissant et dégradant que le premier du nom, un Les Profs totalement pathétique et mal joué, et un Boule & Bill dont le trailer est déjà totalement dénué d'humour et où on voit déjà la bande dessinée d'origine se faire trahir sur un certain nombre de points, je n'ai qu'un seul espoir : Que Philémon, l'une des bandes dessinées les moins facilement adaptables, se révèle éviter les lampes-naufrageuses de l'échec, suivre la lumière du phare du point du i, et surtout ne pas décevoir un seul criticaquatique, quitte à laisser tous les lecteurs de la bande dessinée incrédules.

Quant au Train où vont les choses, c'est le meilleur point final du monde. Vous n'avez jamais lu Philémon ? Gardez-le de côté et organisez-vous la lecture de toute la série. Vous l'avez déjà fait ? Allez-y, foncez en librairie vous procurer l'ultime chef-d'oeuvre de Fred, car cette fois, c'est bien le dernier.

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