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lundi 15 août 2011

Smurfs in tridi

J'ai vu les Schtroumpfs 3D. Ça y est. Enfin je suis allé voir ce film qui au vu du trailer promettait de grandes heures de n'importe quoi.
Laissez-moi vous dire que de douter, j'ai eu TORT.
Raja Gosnell a réussi ce pari fou, tirer toute sa substantifique moelle de la bande dessinée d'origine et la réinjecter dans un film audacieux et formidable. Une technique qui déchire, des acteurs formidables, et des effets spéciaux dignes des plus grands succès d'Hollywood ne suffiront pas à stopper mon éloge !

Vous lisez mon billet avec stupeur et effroi ? Rassurez-vous, j'ai menti. Tout au long de cette abomination sortie des entrailles d'un cinéma en manque de blé, le spectateur est amené à souffrir (et plus si affinités) alors que bon sang, il aurait été suffisant de ne pas faire de film pour économiser ce blé et le rentabiliser différemment, par exemple en produisant des navets. Le légume, hein.


Comme je ne suis pas cruel, je vais vous épargner d'aller voir ce film en vous le racontant du début à la fin, non sans une once de pitié et de rancoeur.

Avant le LONG résumé, je vous en fait un COURT, qui tient en un mot :

Spoiler
Dégoût.

Voilà. Maintenant, parlons plus en détail de ce truc. Attention, ce qui suit n'est pas une critique, mais bien un avis qui spoile allègrement l'intégralité du film.


À noter un nombre impressionnant de scènes qui n'étaient pas présentes dans le film. Le premier teaser était à ce sujet bien pire.

L'histoire commence avec des acrobaties aériennes stupides et vues de dos totalement clichés et ennuyeuses, mais faites pour rentabiliser la 3D, ce qui est con dans la mesure où j'ai vécu ce désastre en 2D. Le Schtroumpf Narrateur (... Tiens donc) nous présente les Schtroumpfs, petits êtres bleus qui vivent dans un petit village de maisons-champignons. Ça pourrait aller, jusque là, après tout, c'est le village des Schtroumpfs, tout le monde connait ce village, qu'est-ce qui pourrait bien arriver ?
Je vais vous dire ce qui est arrivé, outre leurs tronches de vomi.
L'américanisation. Oui, dès le village des Schtroumpfs on sent l'influence de ces êtres irrespectueux que sont les cinéastes Américains. Maintenant, le village est entouré d'un CHAMP DE FORCE, le Schtroumpf cuisinier (qui prépare des pizzas mais ça ce n'est pas bien important, les Schtroumpfs originaux ont inventé leurs propres pizzas) a un accent Italien. Mais ce n'est pas le pire. Parmi toute une batterie de nouveaux Schtroumpfs plus affreux et abominables les uns que les autres, on peut voir un putain. De. Schtroumpf. ÉCOSSAIS.

Et puis on nous présente Gargamel et son chat en images de synthèse, parce que les vrais chats c'est pas pour les tapettes.
Il trouve le village des Schtroumpfs par le biais du Schtroumpf maladroit et se met à vouloir tous les capturer, phrase qu'il répètera plusieurs fois dans le film, mais bon, n'est pas dresseur de Pokémon qui veut.

En parlant de répétition lourde, mention spéciale au Schtroumpf à lunettes et à ses "embrouillaminis" tous les six mots. Mais juste au début du film. Il a arrêté d'être lourd avec ça, après. Il sera lourd autrement, par contre :)
Les Schtroumpfs fuient le sorcier, comme à l'accoutumée, et le Schtroumpf maladroit suit des panneaux écrits en anglais, puisque visiblement il ne sait pas lire cette langue. En tout cas il ne DEVRAIT PAS.
Ces panneaux le mènent à tomber dans un ravin moche et à être secouru de justesse par la Communauté des Bras Cassés, à savoir le Schtroumpf à lunettes, le Schtroumpf grognon, la Schtroumpfette, le Grand Schtroumpf, le Schtroumpf écossais, et je crois que c'est tout. Gargamel les rattrape, et un vortex emmène tout ce petit monde vers une heure trente de clichés vomitifs.

Plan découverte de l'endroit. C'est New-York.

Comme toujours.

Ben oui, à chaque fois qu'un vortex apparaît quelque part, il mène à New-York. Tous les chemins mènent à New-York. Tous. Même l'escalier de votre cave.
Mais cette heure trente qu'on va vivre aux côtés de ces répugnantes créatures (Le Gargamel original aurait tous les droits de les considérer comme telles, par contre le Gargamel du film fait partie des répugnantes créatures) est une pure descente aux enfers. Accrochez-vous, le screamer géant ne fait que commencer.

Patrick, un homme qui fait du marketing, ce qui est très cohérent dans un univers de Schtroumpfs, sort avec une fille dont j'ai oublié le nom (mais on s'en fout) et qui attend un bébé. Il travaille pour une certaine Odile, qui s'appelle aussi apparemment Cruella, sauf si c'était un jeu de mots où j'ai oublié de rire. Mais en tout cas il doit en deux jours faire une publicité. Bien sûr, toutes les étapes cruciales d'une publicité sont sautées, ça a dû faire rire beaucoup de publicitaires dans les salles obscures, même si je ne vois pas quel publicitaire pourrait décemment vouloir aller voir cette horreur, tant il est vrai que seuls des mômes braillards pourraient être les seuls à-même d'entraîner des gens sains d'esprit dans le cinéma de leur quartier. Passons.
Suite à un concours de circonstances qui ne mérite même pas d'être raconté, les horreurs bleues, après le passage miteux du taxi -que vous pourrez voir dans toutes les bandes annonces-, rencontrent Patrick. Pendant ce temps, Gargamel rencontre la patronne de Patrick.
Alors que ces scènes défilent, on ne peut s'empêcher de s'insurger. Chaque plan est l'occasion d'une blague pipi-caca de bas étage, chaque minute est une occasion de plus pour provoquer le rire chez le gamin de trois-quatre ans qui ne comprend rien au raffinement de l'humour et qui surtout n'a jamais connu les Schtroumpfs de sa vie. D'ailleurs, vues les merdes qui passent à la télé de nos jours, je ne sais pas si les mômes actuels connaîtront un jour quelque chose de sain en dehors de My Little Pony : Friendship is Magic.

Pour en revenir à cet humour de bas niveau, comment vous expliquer ça calmement ?
Azraël vomit des cheveux de Schtroumpfette et c'est supposé faire rire. Le Schtroumpf maladroit se gave de savon liquide en croyant que c'est du jus de fruit, crache une bulle de savon puis se retrouve projeté dans la cuvette des toilettes, ce qui est bien entendu très cohérent.

Une vague sous-intrigue se met ensuite en place. On y voit Gargamel impressionner des pèquenauds en embellissant une vieille pimbêche qui se trouve être la mère de la patronne de Patrick, patronne qui dirige un institut de beauté. Internet semblait me dire que cette partie de l'histoire était importante, c'était juste une excuse de plus pour montrer des insanités aux gosses. L'humour continue donc d'être grossier, et cette soi-disant sous-intrigue ne dure même pas cinq minutes.

En gros la suite c'est que les Schtroumpfs essayent de récupérer deux objets qui seraient apparemment obligatoires pour pouvoir invoquer la Lune Bleue nécessaire à ce qu'ils rentrent chez eux, tandis que Patrick expédie -encore un coup du Schtroumpf maladroit- la mauvaise pub à sa boîte, qui ne bronche pas et la publie telle quelle dès le lendemain, tandis qu'on a droit à au moins deux minutes de Guitar Hero. Et ça, c'est parfait pour se rendre compte d'une spécificité de ce film : À chaque instant il y a du placement de produit. Mais attention, pas du placement de produit gentil. Pas des gens qui utilisent leur iPhone ou leur DS pour se connecter à un réseau social comme dans Summer Wars, non, ça c'était bien, mais plutôt des parties entières de Guitar Hero (Avec les Schtroumpfs qui chantent par dessus, crise de nerfs assurée) et des tas de produits Sony. Partout. Tout le temps. Le film est une publicité à lui tout seul. Puis t'as aussi la scène cliché (Vous étiez prévenus, ce film est cliché) où les Schtroumpfs regrettent leur chez-eux. Alors ils se mettent à énumérer tous leurs amis.

On peut les comprendre, oui, on peut comprendre qu'ils leurs manquent... Le Schtroumpf Cuisinier... Le Schtroumpf Farceur... Le Schtroumpf Casseur d'Ambiance...

.

Le Schtroumpf Casseur d'Ambiance.

Oui. Vous avez bien lu. Le cinéma Américain a inventé des Schtroumpfs uniquement pour les citer et hitoire de caser des blagues faciles.
Une autre chose que je n'ai pas mentionné : Le thème des Schtroumpfs. La la, la Schtroumpf la la, Schtroumpfe un air joyeux ! La la, la Schtroumpf la la, tout ira bien mieux !
Ce thème n'est visiblement pas très aimé par l'équipe qui a fait le film. Chaque occasion est bonne pour le troller. D'ailleurs, on a bien spécifié aux doubleurs des Schtroumpfs de le chanter de la façon la plus atroce possible, histoire d'être sûr que le public soit d'accord avec tous ces personnages secondaires qui trouvent la chose agaçante.
Les Schtroumpfs vont dans un centre commercial pour chopper un "étoiliseur", parce que les Schtroumpfs du cinéma Américain, en plus d'être la plupart du temps complètement stupides (je ne soulignerai d'ailleurs jamais assez leur stupidité dans l'ensemble du film), ne sont pas foutus de connaître le mot "téléscope". Le VRAI Grand Schtroumpf l'aurait su, lui. Gargamel ressurgit avec un aspirateur et essaye de les aspirer, ce qui est assez con. Il se retrouve mis en prison pour vol d'aspirateur et s'en sort par le biais d'un gag particulièrement bidon.

De gauche à droite : Le Schtroumpf sceptique, le Schtroumpf béat et le Schtroumpf nain

La scène suivante, c'est la scène de la librairie, où les Schtroumpfs trouvent leur histoire. Un livre de Peyo, écrit en Français, qu'ils sont tout aussi capables de lire que l'Anglais. Soit. On prend une pause bien méritée devant ces quelques images qui nous rappellent que ce film aurait pu être fait autrement, et on repart avec une nouvelle bataille indigne contre Gargamel. Gargamel qui depuis le début du film surjoue, au fait. Même son script a l'air d'être FAIT pour que l'acteur surjoue. C'est pénible.

Et puis c'est la bataille finale, où on ramène pour l'occasion tout le village Schtroumpf, puisque le Schtroumpf à lunettes à su ouvrir de nouveau le fameux vortex. Après avoir buté Gargamel et l'avoir laissé dans ce monde, les Schtroumpfs s'en vont, laissent Patrick et sa chérie vivre leur histoire d'amour cliché et avoir un enfant qu'ils appelleront Bleu, prouvant qu'il n'y a pas besoin de venir du monde des Schtroumpfs pour être sacrément atteint, et le film s'achève en apothéose sur un générique de fin de qualité supérieure à tout le film.
BG

Notons que pas une seule fois n'a été évoquée la salsepareille, que Patrick utilise Google et Wikipédia pour savoir ce que sont les Schtroumpfs parce que ce monde semble être un monde parallèle où on ne connaît pas les Schtroumpfs en tant qu’œuvre de fiction mais en tant que légende (O_o), et que la salsepareille qui n'a pas été mentionnée n'est de toute façon pas digeste.

Je suis par ailleurs quelqu'un qui porte attention à certains détails infimes, quand je m'intéresse à quelque chose. Je suis quelqu'un qui a râlé parce qu'une minable fonctionnalité anniversaire présente dans Another Code ne l'était pas dans Another Code R.
Le détail insignifiant du film, pour moi, a été la scène se déroulant dans le métro (scène dont on ne pouvait de toute évidence pas se passer).

L'un des trucs bleus a dit, je cite mot pour mot, "Tout ça c'est bonnet schtroumpf et schtroumpf bonnet."
Bon. À titre personnel, mon album de Schtroumpfs préféré s'appelle JUSTEMENT Schtroumpf Vert et Vert Schtroumpf. J'en attendais peut-être trop de cette version Française, mais rien que cette citation à la place de celle de leur traduction aurait rendu UN PEU grâce au film à mes yeux. Nom d'un tire-bouschtroumpf.

Voilà, c'était le résumé long. Ce film est à la bande dessinée Franco-Belge ce que Dragon Ball Evolution est au manga : Une erreur. Aucun personnage issu de la bande dessinée n'est d'ailleurs respecté, du Schtroumpf à lunettes qui n'a pas le temps de faire la moindre morale au Schtroumpf Grognon qui tombe amoureux d'une peluche de M&M's, en passant par le Grand Schtroumpf qui connaît l'existence du café et les Schtroumpfs Écossais, Narrateur et Casseur d'Ambiance (entre autre horreurs), qui ne devraient même pas exister. L'happy end de rigueur élimine définitivement Gargamel de la partie, et les Schtroumpfs reconstruisent leur village en pompant sur New York, allant jusqu'à faire leur propre Statue de la Liberté. Le Grognon se marie avec une reconstitution de la peluche, et le spectateur se sent souillé au plus profond de ses entrailles :'(

Pour en revenir à la 3D, bien sûr comme je l'ai précisé, j'ai vu le film en 2D. Et ça m'a permis de mesurer le ridicule que peuvent prendre certains plans clichés de la 3D dans un film en 2D. Je pense notamment à Gargamel qui capture le Grand Schtroumpf dans un filet d'électricité et le tend comme un con au spectateur. Vu et revu dans la plupart des spectacles 3D existants, mais surtout, aucune once d'originalité. Après, c'est sûr, c'est toujours mieux que la 3D de profondeur dont certains films se contentent, mais dans tous les cas la façon dont la chose est mise en scène la rend ennuyeuse, en 2D ou en 3D.

Maintenant, un peu d'objectivité, si y a moyen.
Objectivement, les personnages en 3D sont bien intégrés à leur environnement. Le problème, c'est qu'ils sont extrêmement laids.
Objectivement, le film respecte à la lettre absolument tous les clichés du blockbuster se déroulant à New-York. Aucun cliché n'est épargné.
Objectivement, les publicités avant le film étaient assez sympa, même si le "Dans les salles EN 3D" à la fin de chaque pub de film, ça commence à me soûler énormément.
Objectivement, les gens qui ont fait le film s'en sont mis plein dans les poches. Je me demande bien qui a été suffisamment fourbe pour leur fournir la licence, tiens.
"On parle de moi ?"
 

1 commentaire :

  1. Putain, j'étais sûr que des Schtroumpf en image de synthèse ça POUVAIT PAS MARCHER. Enfin c'était pressentiment quoi :<

    Sinon je suis globalement d'accord avec toi, sauf que, pour info, la série animé je la trouvais pas dégueulasse et elle était d'origine américaine quoi (mais je l'ai vue que assez tardivement, j'avais déjà torché tout les albums qu'avait ma bibliothèque avant de voir la série). C'est pas vraiment de l'américanisation, c'est plutôt du "grand-public-la-3D-c'est-à-la-mode-ation", rien de plus.


    Belle référence à Gros-Sous :D

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