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dimanche 14 août 2011

La face cachée du Z

- AVERTISSEMENT -
Le billet que vous vous apprêtez à lire est âgé de plusieurs années, et ne reflète plus ma personnalité ni mes opinions. Par conséquent, merci de bien vouloir le considérer comme une simple archive.
Depuis le GRAND moment de latence entre Machine qui Rêve et Paris Sous Seine, l'on ne peut s'empêcher d'être fébrile à l'approche d'un nouveau Spirou. Bien sûr, il faut avoir vécu cette attente pour le comprendre. Et puis y a eu la période faste pendant laquelle NON SEULEMENT Morvan et Munuera assuraient la relève de la série régulière, mais EN PLUS divers auteurs se succédaient pour présenter LEUR version de Spirou dans le cadre de la série de spin-offs.
Le premier de ces spin-offs, Les Géants Pétrifiés, aurait dû rester un spin-off. Ça aurait été très bien. Qu'on aime ou qu'on n'aime pas le style délibérément différent de la série principale, en soi c'est une excellente aventure de Spirou, et puis si on n'aimait pas on se consolait en se disant qu'après tout les auteurs ne reviendraient pas sur la série principale.
Seulement voilà.

Les mauvaises ventes des albums de Morvan et Munuera ont bien entendu justifié auprès de Dupuis un changement d'auteur, ce que j'aurais trouvé dommage s'il n'y avait pas eu le regrettable volume 50.

Les auteurs choisis : Yoann et Vehlmann, pour leur boulot sur les Géants Pétrifiés. Je vous avouerai que j'ai tiqué. Le spin-off, je l'ai déjà dit, était formidable en tant que spin-off de lancement. Mais ce style dans la série classique, ça reviendrait à donner raison à Tome et Janry pour leur Machine qui Rêve, et ce serait bien entendu hautement incohérent.
Là où un fan de Spirou peut légitimement se sentir trahi, c'est que la série de spin-offs n'était absolument pas sensée être une session de tests d'auteurs et que finalement c'est exactement à ça qu'elle a servi ! D'ailleurs, tenez, si l'on oublie le Cadavre Exquis, depuis l'Alerte aux Zorkons, le groom n'a bénéficié d'absolument aucun spin-off.
Or, la série de spin-offs proposait un concept suffisamment costaud pour tenir des années à un rythme relativement rapide !
Bien sûr on comprendra que Bravo ait mis en plan son second Spirou (qui n'est d'ailleurs toujours qu'une rumeur), dans la mesure où il vient de signer le volume 6 des Épatantes Aventures de Jules, mais quelle excuse pour que depuis tout ce temps Spirou n'ait été repris par aucun artiste alors qu'au lancement de la série les sorties se sont enchaînées sans temps mort ?
Par contre, Yoann et Vehlmann en ont bien profité. Après avoir signé leur spin-off et une histoire courte somme toute amusante dans le Spécial 70 ans de 2008 (plus que 27 ans pour le spécial 100 ans ! Courage !), ils ont donc obtenu la série régulière pour trois ou quatre volumes. Coup de génie ou catastrophe ?
L'Alerte aux Zorkons ne permettait pas de le dire. En soi, l'album était franchement pas mal. Zorglub était beaucoup plus classe que dans le volume précédent, le scénario n'avait rien de transcendant mais se laissait lire gentiment. À vrai dire mon seul vrai reproche concernant ce premier Spirou officiel des deux auteurs est la façon dont ils ont traité Spip. Dans les Géants Pétrifiés, Spip était un simple écureuil, qui avait même son instant de gloire. Au final, c'était pas trop mal, mais il était quand même un peu effacé. Dans l'alerte aux Zorkons, les auteurs nous révèlent tout le mal qu'ils pensent du pauvre sciuridé. Au niveau de son caractère, pas encore grand chose à dire, mais au niveau du dessin, le Spip de Yoann et Vehlmann est une pure et simple horreur. Jamais les écureuils n'auront été à ce point plongé dans la honte et la misère.
Mais l'album reste totalement honnête, et propose une histoire qui parvient à reprendre le mythe Spirou sans trop pomper sur ses aînés. À cela on ajoutera que c'est en dyptique que les auteurs envisagent leur histoire, puisque l'album s'achève sur un léger plot twist que j'avais franchement apprécié.

En attendant la suite, les auteurs nous ont octroyé une autre histoire courte, dans un autre journal de Spirou. Comme à la grande époque de Franquin et Fournier, c'est le numéro spécial Noël qui s'est vu agrémenter d'une histoire courte de Noël. Elle ne sera probablement pas publiée en album avant longtemps, c'est pourquoi je conserve précieusement le journal où elle a été publiée, parce que bon je suis un avide collectionneur de bandes dessinées Spirou. Je rage toujours de ne pas avoir pu récupérer la réédition de Spirou et l'Aventure, ni l'édition complète de QRN, mais bon.

Je dois vous dire que cette histoire courte a commencé à me faire sérieusement douter du sérieux des auteurs. Elle montrait un manque total de respect envers le mythe du Père Noël. Autant je veux bien le pardonner dans certaines bandes dessinées, en rire dans certains jeux vidéo (L'épisode 201 de Sam & Max en est à ce sujet un magnifique exemple), autant dans le cas de Spirou, ça passe pas très bien. Sur le coup j'étais simplement heureux d'avoir un peu de Spirou à me mettre sous la dent, mais avec le recul, quelle cruelle désillusion. Je n'avais pas tant de foi que ça en les auteurs depuis le volume 51, j'ai commencé à la perdre. Et puis, miracle.

Une planche libératrice à la fin d'un journal de Spirou a annoncé le volume 52. La face cachée du Z.



Et cet album m'a permis de comprendre une chose : Les meilleures choses sont VRAIMENT les plus courtes.
Vous savez, Dupuis avait sermonné Franquin parce qu'il trouvait que ce dernier utilisait beaucoup trop Zorglub. Par la suite, Fournier avait réussi à intégrer Zorglub à ses scénarios de façon totalement justifiée et agréable. Tome & Janry ont signé le Réveil du Z et s'en sont tenus là. Ils auraient pu nous montrer leur Zorglub "adulte" dans un nouveau volume, mais les circonstances ont fait que ce volume n'a jamais vu le jour.
Morvan et Munuera ? Bah, c'est le volume 50, Aux sources du Z. On avait eu un sacré battement entre ce volume et le précédent qui avait rentabilisé Zorglub, il faut s'en rendre compte. Avec la face cachée du Z, c'est le troisième album CONSÉCUTIF portant sur Zorglub. Autant dans le cas de Franquin ça aurait pu passer tout seul (Après tout, Z comme Zorglub, L'Ombre du Z et Panade à Champignac se lisent très bien dans cet ordre), autant Fournier, en faisant de Zorglub un figurant - exception faite de Tora Torapa, bien évidemment, qui lui redonne tout de même un peu d'éclat- lui donnait un rôle suffisamment peu consistant pour en faire une présence finalement sympathique, autant lire trois albums de suite sous le signe du Z, il faut avouer que c'est lourd. D'ailleurs, je crois (je peux me tromper, oui) que Dupuis avait interdit pendant trois albums à Morvan et Munuera d'exploiter Zorglub !

Oui, je le dis, les meilleures choses ont une fin. Dans le cas de Zorglub, Dupuis aurait dû continuer sur sa lancée et demander aux deux nouveaux auteurs de Spirou d'attendre pour réintroduire le Z dans leur série !

Ce petit coup de gueule passé, je reviens une fois encore sur le personnage de Spip.
Si vous me lisez, vous savez que l'une des raisons pour laquelle j'ai haï le travail de Nic et Cauvin sur Spirou, ça a été la façon totalement disproportionnée dont ils ont traité le personnage de Fantasio. Autant dans les bandes dessinées de Tome et Janry, le journaliste avait beau se prendre toutes les tuiles du monde, ça passait très bien, autant dans le cas de Nic et Cauvin, Fantasio était tout simplement maltraité. Son personnage n'était absolument pas respecté et semblait tout faire pour se faire détester. D'ailleurs tous les personnages de la bande dessinée semblaient s'être mis d'accord pour détester Fantasio. C'était tout simplement insupportable à lire. Mais vous voyez, ça, c'est le passé. Je le pardonne volontiers. Mais quand CERTAINS semblent avoir décidé de prendre le même chemin avec Spip...

Et je ne dis pas ça parce que nos chers nouveaux auteurs ont pris le parti de dessiner un Spip monstrueux, ça à la rigueur je pourrais tenter de passer outre. Mais voir Spirou, avec un grand sourire, traiter Spip de fichue vermine puante...
Il y a parfois des limites à ne pas franchir. L'histoire de Noël commençait à s'en approcher, avec cette seule réplique, la Face cachée les transgresse allègrement !

On pourrait se dire "Le reste sera immensément cool ! I believe !" mais franchement...
En gros l'intrigue c'est que Spirou, suite à une exposition à des rayons nocifs, se transforme sur la Lune en espèce de loup garou hideux et incontrôlable, sorte de mélange raté entre Sonic loup garou, Mickey loup garou et un yéti en costume de groom. Parce que les auteurs se démerdent apparemment pour faire assumer à Spirou le fait qu'il n'aime plus les costumes de groom mais pour lui en faire porter quand même. Relax, les gars ! Le costume que Franquin avait créé à la fin de sa carrière sur cette BD et qui a été moultes fois réutilisé par la suite était awesome, pourquoi le renier ?
Globalement je trouve que Spirou n'est plus guère que l'ombre de lui-même, et autant ça aurait pu passer dans un contexte parodique (je pense notamment au Cadavre Exquis), autant dans une aventure complète du groom ça la fout mal.
Les auteurs nous gratifient aussi d'un personnage volontairement très cliché et bourré de running gags basés sur l'image du gros baraqué Américain. Un mec qui s'appelle Poppy Bronco et dont la présence se révèle rapidement assez insupportable. Je suis relativement bon public, j'apprécie le type de running gag que ce personnage suscite, mais le problème, c'est qu'ils sont trop fréquents. De plus, le personnage est beaucoup trop typé Stallone/Schwarzeneger pour avoir sa place dans un Spirou. La plupart des personnages secondaires sont d'ailleurs ainsi : Indignes de Spirou. À ce niveau, l'Alerte aux Zorkons proposait un panel de personnages bien plus intéressant.

L'album est en ce moment prépublié dans le journal de Spirou, et il ne manque plus qu'un épisode pour en tirer une conclusion définitive. Je n'avais pas envie d'attendre pour partager ma déception, alors même que Spirou suit ENFIN les traces lunaires de son collègue Tintin. Tout ce que j'espère, c'est que la saga Zorglub va être mise en sourdine un petit moment, que les spin-offs reprennent, et que les auteurs actuels de Spirou se ressaisissent. J'avais aimé les Géants Pétrifiés et j'accordais le bénéfice du doute au volume 51 mais là ça va vraiment plus. Combien d'albums encore avec Yoann et Vehlmann ? Un ou deux je suppose, mais pas plus j'espère. Ça me ferait mal au coeur.

3 commentaires :

  1. Post très intéressant et riche que je me suis permis de mettre en lien sur mon blog
    http://bederama.blogspot.com/2011/10/spirou-52.html

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  2. J'avais soupçonné que l'Éditeur avait créé ces "spin-off" à titre de "test". Visiblement, il hésite à respecter la mythologie (et les acheteurs historiques) et à moderniser à la fois histoires et dessins pour conquérir de nouveaux lecteurs. C'est un peu la quadrature du cercle... Ils ont tout changé trop vite à mon avis.
    La finesse des traits des périodes Franquin ou Tome&Janry retrouvée chez Munuera sans son aspect manga, alliée à la modernité d'un scénario de Yann serait à mon sens une solution pérenne

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