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jeudi 24 mars 2011

Gil Jourdan

Gil Jourdan est l'une de ces bandes dessinées qui a vu le jour dans les années 50 et qui s'est éteinte - assez tristement - en même temps que son grandiose auteur.
L'une de ces bandes dessinées qui te font te dire "N'empêche, Dupuis, à l'époque, c'était quelque chose !" et qui te font regretter ce temps où tu n'étais même pas né, puisque je suppose que comme moi, tu n'étais pas né quand Maurice Tillieux est mort.
Ou alors tu étais né, mais dans ce cas je vais te demander de faire comme si.


Mais alors, te demandes-tu, comment j'ai donc connu Gil Jourdan ?
Déjà, de nom, par les Spirou de mon père. Le style m'intriguait, et je voulais en savoir plus sur cette bande dessinée qui avait vraiment du potentiel. Une bande dessinée tout à fait dans le ton du journal de Spirou. Et en fait, tu vois, j'ai vraiment découvert cette BD quand le journal ACTUEL de Spirou a publié la bande dessinée La Poursuite, histoire courte qui racontait ce qui se passait AVANT le volume 1 de Gil Jourdan. Volume 1 qui a été publié par la suite, suivi immédiatement après du volume 2. En même temps, Gil Jourdan, c'est une série qui a commencé fort. A l'instar de Blake et Mortimer, direct, d'entrée, dès le tome 1, tu démarres par un dyptique !
Maintenant, pour lire Gil Jourdan, la solution est un peu chère mais n'en est pas moins aisée, dans la mesure où Dupuis a eu le bon goût de rééditer le tout en intégrales. Sans compter que ça permet de lire des histoires courtes, d'apprendre aussi que Tillieux, s'il n'avait pas décédé, aurait exporté son personnage dans le journal de Tintin, qui a eu droit à deux pages inédites du héros détective.


Mais justement, je vois que tu t'ennuies, on va donc en venir directement au fait !
Gil Jourdan, c'est donc le titre de cette bande dessinée, mais aussi bien entendu de son personnage central. Un homme d'action, qui a sa maîtrise de droit, et qui fait du métier de détective son gagne-pain. Déjà, contrairement à d'autres héros de bande dessinée, il a un but bien défini et sa présence dans les endroits les plus inattendus s'explique toujours d'une façon ou d'une autre. A force de mener des enquêtes, notre héros a même pu endosser temporairement un rôle d'espion, qui lui seyait à merveille !
Le premier volume, Libellule s'évade, nous montre Jourdan faire évader Libellule, un criminel, de prison. Ils se retrouvent de fait poursuivis par l'inénarrable inspecteur Jules Crouton, qui deviendra par la suite leur allié le plus précieux.
Mais... Pourquoi un détective ferait évader, comme ça, un voleur, dont l'humour pourri n'a d'égal que la capacité à se soûler ?
Pour l'aider, bien sûr, à mener l'enquête et à percer ! Car c'est de renommée que le jeune Jourdan a soif. Aussi, on le voit, en l'espace deux volumes, démanteler un trafic de popaïne. L'auteur commence directement en dyptique, ce n'est pas l'unique auteur à avoir fait ça, mais ça n'en reste pas moins assez rare pour être noté.

Oui. Popaïne. Façon astucieuse d'éviter la censure ? Pas forcément, car l'ensemble de Gil Jourdan a énormément souffert de la sentencieuse censure de ces années de prohibition de tout ce qui pouvait influencer les jeunes têtes blondes. Ah. Heureusement que c'est fini, en tout cas. Parce que le coup du "Vous fumez de l'opium" remplacé par "Vous fumez des cigarettes faites en paille de riz", euh, ça me donne toujours l'impression d'un foutage de gueule. Mais bon, les censeurs, c'est des cons, fin.
Ceci dit, Gil Jourdan, à la manière d'un Tintin ou d'un Spirou à l'ancienne, a aussi vécu des aventures qui ne passeraient pas du tout aujourd'hui, genre cette histoire qui implique de la fourrure. Normal pour l'époque, mais de nos jours, tout le monde sait bien que les vêtements de fourrure, c'est le mal. De façon plus anecdotique mais aussi plus régulière dans les aventures de Jourdan, les personnages fument énormément. On lit pourtant sans aucun problème ce qui n'est finalement que le témoin d'une époque, car l'auteur a un réel talent tant pour le dessin que pour l'écriture. Surtout pour l'écriture en fait, quand on voit qu'il a confié la destinée de son personnage à un autre dessinateur, à cette époque où il s'est donné à fond sur la scénarisation de bandes dessinées. C'est d'ailleurs ce même Maurice Tillieux qui scénarisa l'excellent Marc Lebut et son Voisin !
En général, on retient aussi Tillieux pour son talent avec les voitures. Oui, aucun album de Gil Jourdan n'échappe aux véhicules, le plus souvent réduits en lambeaux après des courses-poursuites effrénées et jouissives, que ce soit dans un camping ou sur les toits de Paris. OUI. SUR LES TOITS.
A la manière des meilleurs Spirou de l'époque Franquin, Gil Jourdan allie avec justesse action et humour, pour un résultat détonnant que je ne peux, au fil des volumes, qu'apprécier.



Fun fact : Certaines aventures de Gil Jourdan sont de purs copiés collés d'aventures de Félix, une série assez ancienne de l'auteur.

Franchement, je trouve extrêmement dommage que l'auteur soit mort aussi brutalement - à savoir dans un accident de voiture, ce qui est finalement assez ironique. Il avait matière à donner vie à son personnage pour de nombreuses aventures encore. Des aventures de qualité, toujours aux côté de Gil Jourdan, André Libellule, Jules Crouton et Queue de Cerise !

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