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lundi 6 décembre 2010

Dora : Un dessin animé au contenu résolument socio-culturel

Dora. Qui n'a jamais entendu ce nom ? Qui ne s'est jamais levé un matin trop tôt pour regarder Pokémon et n'est pas tombé sur cette merveille ? Bah moi oui, à l'époque. Et je n'ai pas à regretter les épisodes que j'ai pu voir.
Un scénario aussi HALETANT qu'un épisode de Code Geass et aussi compliqué que le film Inception sert ce PAVÉ de l'animation, dont les graphismes en font déjà un chef-d'oeuvre, au delà de tout ce qui existe. La bande sonore n'est pas en reste, proposant des thèmes musicaux adaptés et des doublages en béton.

Dora l'exploratrice présente une construction scénaristique très intéressante. A chaque épisode, Dora et son ami Babouche doivent se rendre d'un point A à un point C en passant par un point B, dans le but d'accomplir un objectif. En vrac : Sauver des animaux sans défense, rencontrer un personnage en particulier, devenir le meilleur dresseur...
Dans ses étonnantes aventures, Dora est aidée non seulement par Babouche, mais aussi par la Carte, qui lui indique l'endroit où elle doit aller, et le sac à dos, qui contient tous les objets dont elle pourra avoir besoin.

En regardant Dora l'exploratrice, on pourrait s'arrêter à la cible principale du show, les enfants en bas âge. Ce programme de divertissement est clairement fait pour cette cible, n'ayez aucun doute à ce sujet braves gens. Cependant, à la manière des contes de Charles Perrault, un second degré de lecture est tout à fait possible pour nous, adultes responsables.

Je vais commencer par vous parler de Chipper, mignon et charismatique renard roux injustement haï et stigmatisé par la société. Chipper nous est présenté comme "le méchant". Il apparaît à chaque épisode et tente de voler un objet à notre exploratrice préférée. La construction de l'histoire en demeure-t-elle manichéenne pour autant ? Pas sûr.
Chipper est certainement le personnage le plus humain de la série. Derrière son apparente naïveté empreinte de malhonnêteté se cache un personnage sensible, qui ne souhaite qu'une chose : Se faire des amis. Cependant, il n'arrive pas à l'exprimer autrement qu'en volant les biens de Dora, d'autant plus que c'est dans sa nature d'être kleptomane. Ici, Dora l'exploratrice fait une réflexion assez poussée sur la kleptomanie et son impact négatif sur la société.
Un personnage finalement très humain donc, à la nature pas foncièrement mauvaise, mais que sa timidité pousse à agir de façon pas toujours très correcte.
Chipper est aussi le seul "méchant" de la série, qui n'a rien de manichéenne, puisqu'au final tout le monde est beau, gentil, et les petits oiseaux chantent et virevoltent en permanence sous un resplendissant Soleil qui illumine une terre pavée de bonnes intentions et de myrtilles. Surtout sur la colline du même nom.

Les personnages principaux de la série sont Dora, Diego et Babouche. Malheureusement, je n'ai jamais vu d'épisode incluant Diego. Pourtant il ne fait aucun doute que le personnage, avec son nom ultra charismatique qui me fait penser très fort à l'un des personnages des Ace Attorney, est de qualité. Cependant, je vais devoir me rabattre sur Dora et son sidekick Babouche.
Dora est une fillette. Jusque là rien d'anormal. Elle est typée métis. Pour ma part, elle me donne l'impression d'avoir un père Brésilien et une mère Asiatique (En attestent les yeux bridés, d'ailleurs je pourrais faire toute une réflexion sur le racisme dans Dora l'exploratrice, mais ça ira en fait), mais il est possible que je me trompe.
Bilingue, Dora a pour objectif d'enseigner les rudiments de l'anglais aux enfants. Je dois bien dire que c'est une totale réussite, et que nos chères têtes blondes n'auront aucun mal à retenir les formules simples bien que utiles à la vie de tous les jours (Telles que "Yes, we did it !") que Dora leur enseigne.
T-shirt rose, sac à dos violet, short rouge, chaussettes jaunes et baskets blanches, voilà la panoplie de l'aventurière moderne. Exit Indiana Jones ! Adieu, Lara Croft et Balthazar Picsou ! Résolument tournée vers l'avenir, Dora, en plus de ses habits (achetés bon marché parce que ses parents avaient pas tant de moyens que ça), a aussi le parfait attirail de l'agent secret, puisque son sac contient quelques gadgets qui l'aident fréquemment à progresser. Notons aussi que Dora a le don de voir l'avenir, puisqu'elle choisit toujours les gadgets dont elle aura besoin, ni plus ni moins, alors qu'on ne sait finalement pas vers quels obstacles on se dirige.
Pour en revenir à ses habits, il y a un signe qui ne trompe pas. Le short rouge. Rouge. Dora l'exploratrice exhorte visiblement les valeurs du socialisme, ce qui est assez paradoxal quand on sait que l'idée d'aller du point A au point C est une pure et simple représentation de la volonté d'échapper au prolatariat pour pouvoir accéder à la bourgeoisie.

A côté de ça, Babouche s'avère être le parfait complément de Dora. Pensez donc : "Babouche". Il a un nom de produit de consommation. Tandis que Dora représente le communisme, son comparse, digne représentant du capitalisme, donne au duo un équilibre politique sacrément osé. Comble de l'ironie, s'il porte bien des babouches (référence encore une fois à son nom), il est sinon vêtu de son plus simple appareil, tandis que Dora consomme biens capitalistes sur biens capitalistes.
Cela dit, une autre lecture du personnage de Babouche est possible.
Le personnage a beau être le meilleur ami de Dora, il n'en reste pas moins un animal. Animal domestique ? Certainement. De là à dire esclave, il n'y a qu'un pas que je n'hésiterai pas à franchir, donnant par la même occasion une autre signification au fait que l'animal ne porte pas de vêtements. Subordonné de Dora, Babouche n'est ni plus ni moins qu'une représentation des gamins des pays en voie de développement, forcés par des hommes peu scrupuleux dont le seul souci est l'enrichissement personnel, à fabriquer à la chaîne des centaines de milliers de paires de chaussures destinées aux pays riches. Pourquoi croyez-vous qu'il est petit, qu'il a une voix de gamin, et qu'il s'appelle Babouche ? Je vois clair dans ton jeu, Dora. Tu n'es pas aussi innocente qu'on le prétend, ce qui fait de toi un personnage beaucoup plus riche que ce qu'on pourrait croire au premier abord.

La Carte, fidèle alliée de Dora, peut quant à elle être comparée à un GPS. La Carte se présente donc comme une métaphore de notre société moderne, qui ne peut se passer de technologie pour survivre dans ce monde cruel.

Le dessin animé présente quelques détails qui manquent de réalisme. Les animaux, tout comme ceux des contes du Chat Perché, ont l'étonnante faculté de s'exprimer. Les graphismes flashy ont quant à eux un petit côté assez troublant.
Deux possibilités peuvent expliquer ce côté assez délirant qu'entretient le dessin animé :
1. Les personnages se droguent, et l'histoire retranscrit exactement ce que vit Dora dans son quotidien d'adolescente shootée. Avec son singe en peluche, elle parcourt le monde bien réel, déformé par son cerveau.
2. Toute l'histoire est en réalité un rêve que fait Dora. Cette possibilité est plus vraisemblable, n'oublions pas qu'à la base Dora l'exploratrice s'adresse à des gamins.

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