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samedi 27 novembre 2010

[Dossier] Rétrospective complète de Spirou

- AVERTISSEMENT -
Le billet que vous vous apprêtez à lire est âgé de plusieurs années, et ne reflète plus ma personnalité ni mes opinions. Par conséquent, merci de bien vouloir le considérer comme une simple archive.
Hello les enfants. Au moment où j'ai commencé à taper ce billet, nous étions le 6 Novembre 2010, et il était 17 heures 50 heure Française. Maintenant, on est le 27 Novembre et il est 22 heures 25. (Et j'ai passé deux heures à essayer de poster ça sans succès, bordel. Mais bon, ça y est, ça marche o/)
En tout cas je vous préviens, ça va être long, très long, c'est pourquoi je vous recommande de lire ce billet en plusieurs fois.
Je vais vous parler de Spirou, auteur par auteur, album par album, histoire par histoire, bien sûr si vous en cherchez une en particulier, je vous invite à abuser et surabuser de la commande ctrl+f normalement incluse dans tout navigateur digne de ce nom et de rechercher le titre de l'album recherché. (Tip : Ou le numéro de l'ouvrage, sachant qu'ils sont tous référencés sous "Volume XX" ou "Hors série XX", sauf trois exceptions à la fin de la période Franquin)
En l'état actuel des choses, Spirou comporte cinquante-et-un albums dans sa série officielle, quatre hors-série, six one-shot, un récit non publié, une tentative de manga et une histoire non officielle (et d'ailleurs non reconnue par Dupuis mais c'est pas le sujet). A tout cela, on peut ajouter le volume numéroté zéro du Marsupilami, arrivant finalement à un total de 65 albums, mais beaucoup plus d'histoires, étant donné le nombre d'histoires courtes que la série recèle. Et encore, je ne vous parle pas de la période Rob-Vel ou de la période Jijé, quasiment pas rééditée. Enfin si, y a bien "Tout Jijé", mais je vais pas me faire chier à acheter une intégrale de Jijé quand je ne cherche QUE Spirou, ce qui prouve que des fois quand même chez Dupuis eh bah ils sont cons.
Et je vous ai pas parlé du Cadavre Exquis offert aux acheteurs de la "Spiroubox" (Qui aurait l'air d'une vieille merde commerciale pourrie si y avait pas AU MOINS ça, parce que bon le concept concrètement c'est de payer pour avoir un bon d'abonnement que tu peux avoir dans n'importe quel journal de Spirou), mais surtout aux gens qui seront restés abonnés sans interruption du 1er Janvier au 31 Décembre 2010. Une aventure de Spirou par 79 auteurs différents, gratuite de surcroît, tout un programme qu'il me tarde de déguster en Janvier prochain !

INDEX
Introduction
L'univers de Spirou et ses personnages

-Personnages récurrents
-Champignaciens
-Personnages post-Franquin
Les albums

-Les tranches des albums
-Série classique
Par Franquin
Par Fournier
Par Nic et Cauvin
Par Tome et Janry
Par Morvan et Munuera
Par Yoann et Vehlmann
-Une aventure de Spirou et Fantasio par...
-Spirou Pirates
Les produits dérivés
-Les dessins animés
Spirou
Spirou et Fantasio
-Les jeux vidéo
Spirou
Spirou : La Panique Mécanique
-Bandes originales du Journal Spirou

Avant de commencer, je crois qu'une introduction s'impose.



Spirou est à l'origine une commande de Dupuis à l'auteur Rob-Vel (Robert Velter de son vrai nom). Dupuis cherchait pour son nouveau projet de journal une mascotte suffisamment inédite et représentative pour porter le flambeau de la fameuse maison d'édition. Rob-Vel a donc proposé... Un groom.
Loin de déplaire, le personnage a rapidement pris de l'essor, vivant de vraies aventures pleines d'humour. Je regrette de ne jamais avoir pu lire la fameuse bande dessinée dans laquelle il rencontra puis adopta son fameux écureuil, Spip.
Rob-Vel, même avec l'aide de sa femme (Oui oui, des fois les auteurs se font aider par leurs épouses, dans la mesure où elles ont aussi les compétences de faire le boulot), n'a malgré tout pas pu continuer à assurer cette bande dessinée, que Dupuis, dans la mesure où il possédait le personnage, lui a racheté  Il a donc passé la main à Jijé (Joseph Gillain), qui ajoutera à Spirou son comparse de toujours, Fantasio.
C'est au cours du récit La Maison Préfabriquée que Franquin prend la main sur le personnage, montrant déjà une maîtrise totale de style, puisque ce dernier a tout bonnement repris le style de Jijé pour une soudure tellement bien réalisée qu'encore aujourd'hui des lecteurs se demandent à quelle case précise l'auteur a repris le personnage.
S'ensuit une longue série d'albums au cours desquels Franquin développe considérablement l'univers de Spirou, y ajoutant la plupart des personnages et lieux emblématiques de la série, de Champignac à Zorglub en passant par le Marsupilami; Marsupilami qu'il gardera d'ailleurs pour lui et finira par revendre. L'auteur est également connu pour ses Idées Noires, pour son bref passage chez Tintin pour la bande dessinée Modeste et Pompon, mais surtout pour Gaston, dont la popularité n'est plus à démontrer. Je suis même prêt à parier que parmi les gens qui lisent ce billet, beaucoup plus de lecteurs ont chez eux un Gaston qu'un Spirou. Petits sacripants.
Alors qu'il réalise QRN sur Bretzelburg, Franquin tombe profondément malade... Et démotivé. Il continue Gaston mais interrompt pendant une année entière la réalisation de l'album. Son chant du cygne sur la série (Et quel beau chant) reste Panade à Champignac. Il passe ensuite la main à Fournier, à qui il prête le Marsupilami le temps du Faiseur d'Or; par la suite on ne reverra plus jamais le personnage, sauf peut-être à l'occasion de Tembo-Tabou, un album de Franquin qui est sorti au beau milieu des publications de Fournier, comme un adieu de l'auteur à la série. Ça reste une avant dernière occasion de voir le Marsupilami. Je développerai pourquoi je dis "avant-dernière" quand je parlerai des albums. (Oui oui je vais en parler, un peu de patience, j'en suis qu'à Fournier là)
Au départ de Fournier de la série, Dupuis a tout de même été assez emmerdé. Il fallait trouver quelqu'un DIGNE de reprendre le personnage. C'est sur Nic Broca et Raoul Cauvin que le choix s'est porté. Le choix de Cauvin en tant que scénariste était finalement tout indiqué, étant donné le nombre phénoménal de séries de bandes dessinées que l'homme a engendré. Au bout du compte le résultat obtenu n'a pas été le résultat escompté. D'ailleurs ils n'ont absolument rien apporté à la série. Dupuis leur a apparemment (merci Wikipedia) fait signer un contrat qui ne leur convenait pas, et ils ont quitté la série après trois albums qui n'étaient finalement pas décevants du fait de Cauvin... Mais bien du fait de Dupuis. Par contre bon, il faut bien reconnaître que leur travail sur la série n'en reste pas moins décevant, pour aller jusqu'à l'hérésie foireuse et merdique sur la fin de leur dernier album, mais une fois encore je développerai le moment venu. Pour la suite, c'est le travail de Tome et Janry qui a été retenu pour la série, travail qui aura duré un peu moins longtemps que Franquin, mais tout de même pour un temps tout à fait honorable que justement seul Franquin a dépassé jusqu'à présent. Le seul truc c'est qu'ils ont arrêté pour se consacrer à cette horreur qu'est le Petit Spirou, suite à une Machine qui rêve qui n'a convaincu ni les lecteurs, ni Dupuis. (Non, je ne respecte pas Le Petit Spirou. Pour tout vous dire, la seule bande dessinée de "héros à leur enfance" que je respecte, c'est Gnomes de Troy, elle était pas terrible, mais avait au moins le mérite d'être faite par les mêmes auteurs que la BD dont celle-ci s'inspirait)
On est donc passé à la période Morvan/Munuera, période tout à fait sympathique, à ceci près que les auteurs ont dû arrêter pour, je cite, "incompatibilité artistique". N'empêche chez Dupuis ils exagèrent des fois, même si le dernier album du duo était un peu trop euh... Abusé. Et nase, aussi.
Tout ça pour en arriver aux auteurs actuels, Yoann et Vehlmann, qui ont fait le tome 51. Mais ce n'est pas tout.
Ce n'est pas tout, dans la mesure où Dupuis a lancé en 2006 une série de one-shot, les Aventures de Spirou et Fantasio par. Pour l'anecdote, le premier volume de la série était également réalisé par Yoann/Vehlmann.
Le concept de cette série est le suivant : Chaque album est réalisé par un auteur, ou un duo d'auteurs, différent, qui donne sa vision de la série. En fonction de l'album, on peut atteindre soit l'excellence à l'état pur, soit la merde à l'état pur. (Soit aussi des histoires tout à fait convenables, comme nous le verrons par la suite)

... Poursuivons.
Chronologiquement, si vous en avez la possibilité, ne commencez pas à lire Spirou par le numéro 1. Il existe quatre hors-série, et les deux premiers contiennent des histoires se déroulant chronologiquement AVANT ce numéro 1, c'est toujours plus sympa de commencer par là. Je développe les volumes dans cet ordre, mais vous pourrez trouver d'autres histoires dont je ne parlerai pas (faute d'avoir pu les lire) dans certaines intégrales, notamment la première, mais bon, pas que celle là.

Tiens par contre, juste histoire de développer pourquoi je ne parle pas des intégrales (à part la huitième étant donné que c'est la seule à proposer un vrai contenu solide et totalement inédit) :
Lecteur de Spirou depuis 1996 (j'avais donc six ans), en atteste l'édition spéciale du Nid des Marsupilamis que mes parents m'avaient acheté à l'occasion d'un festival de BD que je vois pas du tout pourquoi ils m'y avaient emmené ni où c'était (j'étais trop jeune, vdm), festival où mes parents m'avaient aussi acheté un Boule et Bill (Oui hein par la même occasion tant qu'à faire pourquoi pas), gros lecteur aussi de la quantité impressionnante de journaux de Spirou que mon père avait acheté pendant sa collaboration en tant qu'enseignant en Afrique en lieu et place d'un service militaire qu'il n'a donc pas fait, j'ai dû lutter pendant de nombreuses années pour réussir, enfin, à posséder tous les Spirou. À l'occasion d'ailleurs, je me rachèterai peut-être Tembo Tabou, mon volume est malheureusement abîmé :/
Pour illustrer le temps que j'ai mis à rassembler ces plus de 60 volumes, un exemple simple : L'un des derniers volumes des périodes postérieures à Morvan/Munuera que j'ai acheté était le volume 8, La Mauvaise Tête, acheté pas avant 2006. Même chose pour Le Rayon Noir, en atteste la quatrième de couverture des deux BD. Je ne saurais dire l'année exacte, mais bon, m'a quand même fallu plus de dix ans pour en arriver là; donc c'est pas rien non plus.
Et là le troll ultime : Alors que t'es peinard avec ta collection complète, au lieu de sortir des hors séries contenant de nouvelles histoires pas encore publiées, Dupuis les diffuse au compte-gouttes dans des intégrales relativement chères, ne contenant pour la plupart que trois/quatre planches jamais publiées. Sérieux, c'est un troll de merde doublé d'un foutage de gueule totalement vaseux envers les gens qui pendant des années ont pris la peine de rassembler tous les Spirou.
Un jour, j'ai dû faire un choix : Panique en Atlantique ou la huitième intégrale de Franquin, contenant pour une fois du vrai contenu inédit susceptible de m'intéresser. Je pense très honnêtement que c'est le choix le plus douloureux que j'aie dû faire de ma vie dans un magasin. J'ai finalement opté pour l'intégrale, mais des couteaux me transperçaient le coeur tandis que je laissais de côté pour quand même six mois le volume 6 des one-shot de Spirou.

... Ceci dit je ne doute pas du fait que les intégrales sont sympas, et dans la mesure où elles existent, bah j'ai envie de dire que je les recommande dans le cas où vous ne possèderiez aucun des volumes de l'intégrale que vous avez envie de chopper, ou encore dans le cas précis d'Aventures humoristiques, la dernière intégrale de Franquin.
VDM enfin sur Alerte aux Zorkons : J'ai raté l'occasion d'acheter l'édition spéciale avec un cover beaucoup plus attrayant que le cover de base, alors que j'aurais certainement pu. Humpf.

L'univers de Spirou et ses personnages
On dirait pas comme ça mais Spirou vit dans un monde très travaillé, régulièrement repensé par les auteurs pour être proche du monde actuel. À ce titre, les changements fréquents de véhicule que font les deux protagonistes sont un excellent exemple de modernisation. Le passage d'une grosse bagnole Américaine à une simple Honda est le genre d'évènement qui est monnaie courante dans les aventures de notre groom. Cela dit, Spirou a aussi, au fil des années, sympathisé avec de nombreux personnages hauts en couleurs. Avec l'appui du frère de Jijé, Franquin a mis au point ceux qui reviennent le plus souvent, à savoir les habitants de Champignac-en-Cambrousse. Eh oui, si Tintin n'est pas concevable sans Moulinsart, il en va de même pour Spirou avec Champignac; quoique contrairement à son confrère héros de bande dessinée le groom n'a pas à chaque album l'occasion de s'y rendre.
À côté de ça, on peut justement parler du domicile de Spirou et Fantasio : De base, ils n'habitent pas au château de Champignac, où ils ne logent qu'occasionnellement, ce qui leur évite évidemment les frais d'hôtel. Dans les tous premiers Spirou, le héros vit dans un appartement avec son écureuil Spip. Quant à Fantasio, son domicile n'est pas explicité dans les BD que j'ai pu lire mais c'est probablement un appartement également. Après quelques aventures, ils finissent par se payer une maison en copropriété, maison dont la déco variera au fil des auteurs et des années. Dans les trois albums de Nic et Cauvin, assez étrangement, Spirou retourne dans son appartement, alors que Fantasio occupe seul cette fameuse maison.
Avec Tome et Janry, ils changent une dernière fois de domicile. Si à l'origine ils habitaient à Bruxelles, c'est à Paris qu'ils habitent et travaillent désormais.
Voilà pour la dimension pratique. C'est maintenant des personnages récurrents qu'il va être question, ceux que vous pourriez croiser d'un instant à l'autre en lisant les aventures de Spirou et Fantasio.

Spirou
À l'origine, Spirou était groom pour le Moustic Hotel. Pour rappel, un groom est surtout garçon d'ascenseur, même si la fonction ne s'arrête pas forcément là. Son histoire est assez floue, bien que certains auteurs (Émile Bravo et le duo Tome et Janry pour ne citer qu'eux) en aient fait leur interprétation personnelle. Dès la deuxième planche de Rob-Vel, Spirou abandonne sa carrière de groom. Pourtant, il en conserve le costume distinctif, jusqu'à la quasi fin de l'ère Franquin. Par la suite, son costume reste à peu près pareil mais se modernise, notamment en remplaçant les boutons de la chemise par une fermeture éclair. Il exercera divers petits boulots sous la houlette de Rob-Vel et Jijé, notamment coach de boxe dans Spirou et la Puce, ce qui est assez ironique quand on sait que Franquin fera justement de Fantasio, dans l'une de ses premières bandes dessinées, le coach d'un Spirou qui a relevé le défi de boxe qu'un youvoi lui a adressé.
Cela dit, dès sa prise en main par Franquin, Spirou devient journaliste, au même titre que Fantasio.
Spirou est à la base un personnage assez canonique, voire plat. C'est l'archétype du héros qui ne craint pas le danger et qui se bat pour les causes les plus justes. En changeant d'auteurs, cela dit, Spirou adopte un comportement de moins en moins neutre, en particulier lors de la période Tome et Janry, où il va notamment jusqu'à se faire entuber par la gent féminine (dans Luna Fatale). Je ne parlerai même pas du volume 50, dont la fin est une farce odieuse ne rendant absolument pas honneur à la série.
Le fait que Spirou n'ait justement pas de comportement totalement neutre fait en tout cas partie du charme du personnage. Spirou pourrait se suffire à lui seul. Il pourrait. Il pourrait, mais, et c'est heureux, il est super bien entouré !
Notons enfin que Spirou veut dire "écureuil" en wallon.

Spip 
Fidèle compagnon de Spirou et écureuil de son état, Spip se positionne comme étant un personnage ultra contestataire, en particulier dans les derniers Franquin et dans les Fournier. Mieux, sa présence est régulièrement mise en avant ! Il porte aussi les traits de l'insouciance, puisque sa principale préoccupation reste le manger et le dormir. Enfin, Spip fait régulièrement preuve d'un humour ravageur le plus souvent rempli de sarcasmes.
Notons cependant que Spip ne sait pas parler, bien qu'à ses débuts il savait : Mais depuis Franquin, toutes ses sautes d'humeur, il les pense.
Mais à côté de ça, Spip est aussi un allié sur lequel compter, capable de ronger des cordes, d'éteindre des mèches inaccessibles aux personnages humains, de se faufiler dans des crevasses, et que sais-je encore... Spirou l'aurait apparemment adopté lors d'une aventure Africaine dessinée par Rob-Vel, que je n'ai pas eu la chance de lire. D'après Wikipédia, il l'aurait sauvé des griffes d'un savant fou, et depuis ce jour Spip est resté son compagnon inséparable, prenant de plus en plus d'importance au gré des albums... Cependant, lors de la période Tome et Janry, surtout à partir de Spirou à Moscou où il passe le plus clair de son temps bâillonné -un comble !- il se fait de plus en plus discret, le plus souvent éclipsé de l'action tout en restant présent. Dommage; c'est peut-être là LE gros point noir de cette période.

Fantasio
Meilleur ami de Spirou, conçu par Jijé. À la base, c'est un personnage très excentrique qui déclenche à peu près tout et n'importe quoi en termes de situation. Fantasio doit bien être le seul homme sur terre à avoir décidé sur un coup de tête d'acheter un char d'assaut !
Fantasio, c'est aussi un inventeur. Le système D, il connaît ! On lui dit "Fabrique nous une invention utile à la société" ? Les inventions les plus tordues germent dans son esprit, mais il finit par pondre son Fantacoptère ! La Turbotraction se fait exploser ? Il se ramène avec une voiture des années 20 pleine d'améliorations aussi saugrenues les unes que les autres ! C'est ce côté inventeur qu'ont malheureusement surexploité Nic et Cauvin, oubliant que Fantasio, c'est aussi beaucoup de professionnalisme.
Oui, il lui arrive d'être gaffeur. Oui, c'est un personnage comique. Mais c'est aussi un journaliste motivé. D'une part pour le Moustique, quotidien dont le nom est tiré du fameux Moustic Hotel, d'autre part pour le journal de Spirou. Spirou et lui sont souvent envoyés en mission, car ce sont des reporters internationaux et de haut vol ! Spirou évoque bien sûr l'aventure, mais Fantasio n'est pas en reste non plus; jamais très loin de son ami de toujours, il apporte énormément de valeur à un personnage qui ne pourrait plus s'imaginer sans son éternel tandem.

Zantafio  
C'est dans Spirou et les héritiers qu'apparaît le malfrat que Spirou et Fantasio auront à affronter le plus souvent. Étrangement, Zantafio n'est apparu dans aucun one-shot. Par contre, il totalise à ce jour une apparition dans huit albums de la série, parmi lesquels de très prestigieux !
Ce qui intéresse avant tout le cousin de Fantasio, c'est le gain. Quand il peut, il essaye aussi de conquérir le monde, tout en restant assez terre-à-terre. En attendant, Zantafio est LE méchant charismatique par excellence, dépassant d'une tête tous les autres, que ce soit John Héléna, Vito Cortizone ou encore le général Schmetterling. Déterminé et cohérent, il concocte les projets les plus fous pour assouvir sa soif de pouvoir ou d'argent. Même devenir dictateur est à sa portée.

Le Marsupilami
Créature fantastique aux multiples facettes, le Marsupilami est récupéré par Spirou et Fantasio dans la mystérieuse forêt de Palombie. D'album en album, il montre de plus en plus de nouvelles facultés, que ce soit manger des fourmis, creuser des tunnels ou parler comme un perroquet. Un allié très précieux qui finit par disparaître mystérieusement, emporté par un Franquin qui voulait garder la licence pour lui. Dommage, mais bon, c'est un choix.



Seccotine
Journaliste et concurrente directe de Fantasio, Seccotine porte le nom d'une marque de colle célèbre à l'époque. Et ça lui va bien ! Cette peste a tout de la papparazzi ambitieuse qui s'accroche pour obtenir son scoop à tout prix, quitte à utiliser des moyens frauduleux. En plus de ça, c'est un danger sur la route ! Pourtant, c'est aussi une bonne alliée, qui vient en aide à de nombreuses reprises aux héros. Quant à son professionnalisme, il n'est pas à remettre en cause : Malgré toutes les crasses qu'elle peut faire subir à ses concurrents, malgré tous les moyens peu légaux qu'elle déploie, Secottine est à la pointe du journalisme et représente la perfection que Fantasio cherche désespérément à atteindre, faisant d'elle une rivale redoutable. Au delà de ça, au travers de sa conférence consacrée au Marsupilami, elle montre de réelles capacités pour faire un travail de recherche soigné et efficace.


Zorglub
Ami de jeunesse de Champignac, savant frustré, Zorglub incarne l'entrée du high-tech de science-fiction dans Spirou. Sa principale invention ? La Zorglonde, rayon qui permet de paralyser, mais aussi d'hypnotiser tout un chacun. Il s'en sert notamment pour créer une armée de Zorglhommes afin de l'assister dans un projet de grande envergure.
Mais Zorglub, dans sa course effrénée à la haute technologie, est aussi terriblement gaffeur. Chacun de ses projets comporte INÉVITABLEMENT une faille, qui finit FORCÉMENT par réduire ses efforts à néant.
Ami ou ennemi ? C'est difficile à dire, tant le personnage s'avère complexe. D'ailleurs, seuls Franquin, Fournier et Tome et Janry ont été capables d'utiliser le personnage à la pleine mesure de son potentiel. Il se présente d'abord comme un ennemi farouche aux méthodes discutables. Son premier projet avoué : Montrer sa toute-puissance à son ami Pacôme pour convaincre ce dernier de s'associer à lui. Ses méthodes sont plutôt extrêmes, cependant Zorglub reste quelqu'un de très naïf, capable de se laisser entuber par la première organisation criminelle venue qui lui fait miroiter une cause noble et humanitaire, en parfaite adéquation avec sa philosophie.
Suite à Panade à Champignac, il s'installe pour un temps au Château de Champignac. Il n'y reste cependant que jusqu'à Tora Torapa. On ne sait pas ce qu'il devient par la suite, et on ne le revoit pas avant la scène de fin du Réveil du Z, où il dit qu'il ne serait pas contre le fait d'avoir une descendance; descendance qui se manifeste d'ailleurs par le Zorglub Junior, réplique naine du Zorglub original en plus mégalo, que Spirou et Fantasio doivent affronter dans cet album après avoir été traînés dans le futur par des machines temporelles sophistiquées. Car Zorglub, c'est et ça restera le personnage de la haute technologie !



Les Champignaciens
Champignac-en-Cambrousse est un petit village probablement situé à la fois pas trop loin de la Belgique et pas trop loin de Paris. Ou alors c'est une ville Française jumelée avec la Belgique. Le fait est que si Franquin laissait le doute, Tome et Janry localisent la bourgade pas trop loin de Paris. La plupart des habitants sont en tout cas des fermiers râleurs de base, et surtout des gens crédules. La plupart du temps, quand il y a un problème insoluble, ils ne cherchent pas à comprendre : C'est une histoire de sorcellerie ! Pourtant, quand ils ne rencontrent pas de problèmes, les Champignaciens forment l'exemple parfait du petit village de campagne sympathique où il fait bon vivre, qui a sa propre culture et son propre folklore, et qui donnerait bien envie de s'y installer si l'habitant moyen n'était pas si désespérément... Moyen. Et puis il faut tout de même être juste envers l'habitant moyen : Comme le dit si bien la première page du Rayon noir, à Champignac, "on cultive avec un même bonheur le champignon et la gentillesse".


Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas, Comte de Champignac
La rencontre entre le Comte de Champignac et Spirou et Fantasio ne se fait pas en les meilleurs termes; cependant ils deviennent rapidement amis. Scientifique spécialisé dans la mycologie, donc l'étude des champignons, Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas de Champignac vit seul dans le château qui surplombe Champignac-En-Cambrousse. De ce qu'on sait de sa famille, il est veuf et a un neveu, Aurélien de Champignac, protagoniste de L'horloger de la Comète et du Réveil du Z. Il a fait de nombreuses inventions, parmi lesquelles un produit pour accélérer les pensées, un produit pour accroître les muscles (pas de dopage ici !), ou encore le fameux Métomol, capable de faire fondre le métal.
Pour ce scientifique averti, ce qui prime, c'est la curiosité scientifique. Il en néglige même parfois les gens autour de lui, préférant la plupart du temps se soucier du champignon qu'il vient de découvrir, que ce soit pour en faire le moteur d'une bagnole ou pour le cuisiner en omelette.

Le maire
Gustave Labarbe, voilà théoriquement son nom. Je n'ai pas de source exacte, après tout aucun Spirou n'en parle, cependant il semble que c'était son nom dans la toute première version du scénario d'Il y a un sorcier à Champignac. Le maire donc est un personnage haut en couleur, point central de l'administration de Champignac. Son truc, c'est de faire ériger des statues en son honneur et de pontifier avec force langue de bois et jeux de mots délicieusement incompréhensibles. Souvent, on le qualifie aussi d'édile. Sûrement le meilleur habitant de tout Champignac, tant par sa stature que par son parler aux douteuses allocutions.

Duplumier
Secrétaire du maire, Duplumier est régulièrement la victime de gags, le plus souvent incluant son véhicule. Il est aussi, dans Le rayon noir, forcé par les circonstances à se présenter à la mairie contre Gustave Labarbe, maire sortant.




 Dupilon
Dans la vie, Célestin Dupilon est ivrogne. Il boit comme un trou et se ruine la santé. Les éléphants roses sont le naturel de cet homme. En théorie, il est pharmacien vétérinaire. Cela dit, son ivresse ne l'aide pas à avoir des clients, et c'est tout de même dommage parce que ça ne l'empêche pas d'avoir des compétences insoupçonnables à première vue. Mais bon c'est comme ça : Dupilon concentre toute son énergie sur la boisson, de préférence alcoolisée.

Les personnages post Franquin
Itoh Kata
Illusionniste Japonais, il demande à Spirou et Fantasio d'apporter un champignon à Champignac; car à ses heures perdues il est mycologue. On le connaît pourtant mieux sous sa facette illusionniste. Quel que soit l'album, Itoh Kata ne manque pas une occasion d'exercer sa magie.



Le Triangle
Puissante organisation criminelle, le Triangle a des branches un peu partout. Son premier contact, pas du tout amical, avec Spirou, se fait au Japon. Pourtant, c'est en France que réside le Numéro 1. Le premier quartier général du Triangle explose, mais, opiniâtres, quelques membres (Notamment se regroupent pour former un nouveau Triangle, qui ne tarde pas non plus à se faire poutrer par Spirou, Fantasio, Spip et Itoh Kata. Mais on ne se débarrasse pas du Triangle aussi facilement ! Il revient une dernière fois, ressuscité en Polynésie par un certain Papa Pop.
Le Triangle est à la base une organisation très hiérarchisée. Chaque membre porte un numéro, et plus t'es proche du N°1, plus t'as de pouvoirs.

Ororéa
Journaliste photographe de son état, Ororéa est Polynésienne. C'est aussi une remplaçante de Seccotine, étrangement absente de l'ensemble des albums de Fournier. Cependant contrairement à cette dernière, elle n'a rien d'une peste. Très énergique, sa présence suffit à faire tourner la tête de nombreux hommes, à commencer par Fantasio ! Dommage, tout comme le Triangle, elle a disparu avec le départ de Fournier de la série - Contrairement à un Itoh Kata que l'on revoit dans Spirou à Tokyo en compagnie de ses amis magiciens croisés dans L'ankou.

Don Vito Cortizone, dit "La déveine"
C'est dans Spirou à New-York qu'apparait le plus tenace des personnages imaginés par Tome et Janry. Mafieux New-Yorkais installé dans le quartier Italien, c'est aussi un homme très superstitieux. Et il a de quoi l'être : La malchance la plus tenace semble ne pas vouloir le lâcher; ce qui l'a fait hériter du sobriquet "Vito la Déveine" (Comme l'album du même nom). Il a également une fille, Luna, qui aide volontiers son père pour certains de ses méfaits.
Vito apparaît dans quatre albums en tout, ce qui est sincèrement un beau score - C'est aussi pour ça qu'il mérite de faire partie de cette liste. Mais ce n'est pas tout, puisque Vito, au même titre qu'Aurélien de Champignac, Cyanure et Caténaire, devient par la suite un personnage récurrent dans le cadre de la première série animée de Spirou. Par contre, que dalle pour Luna, personnage peut-être un peu trop sulfureux pour passer dans un dessin animé pour enfants, et qui apparaîtra ultra bizarrement dans la deuxième série, celle qui ne montre absolument aucun respect envers l'oeuvre originale.


Les tranches des albums
On me dira "Mais c'est pas important !", ou encore "Mais pourquoi tu t'attarderais pas plutôt sur les couvertures des albums ?"
Bah ouais mais voilà je suis un fou, c'est des tranches que j'ai décidé de vous parler en préambule. Ce sera très court, bien entendu.
En fonction de l'auteur, les tranches des albums présentent quelques particularités. De Franquin au duo Nic et Cauvin, les tranches sont uniformes. Leur couleur de fond peut varier, mais elles présentent invariablement du texte écrit verticalement dans cet ordre : La signature de/des auteur(s), SPIROU ET FANTASIO, N°..., le titre, le logo DUPUIS. Les quatre hors-série présentent également ce type de tranche. Tome et Janry font changer radicalement le style. En haut de la tranche se présente le numéro, écrit horizontalement. En dessous, Spirou puis Fantasio nous font un sourire. Et puis, verticalement, SPIROU ET FANTASIO suivi du titre de l'album. Enfin, la signature des auteurs puis le logo DUPUIS. La couleur de fond est un dégradé qui passe du blanc au jaune puis au rouge de haut en bas.
Arrivé à Morvan et Munuera, on change encore une fois de style de tranche; peut-être que cette habitude est en train de s'instaurer dans la série ! Cette fois, la couleur de fond est rouge. Une illustration en rapport avec l'album apparaît dans une bande noire qui n'est pas sans rappeler le calot de groom de Spirou. D'ailleurs, le numéro de l'album apparaît (toujours horizontal) dans un cercle jaune qui rappelle pour sa part le bouton du calot. Suivent les noms des auteurs écrits dans un style stylisé... Sauf que le temps des vraies signatures est finie, en témoigne une calligraphie totalement identique sur les trois noms qui apparaissent sur le tome 50 (Que je prends en exemple parce que justement y a trois noms)
Enfin, période actuelle, Yoann et Vehlmann... Grosse, énorme déception, sur une tranche que je qualifie sans hésitation de merdique. Elle ne parvient tout simplement pas à s'accorder avec les autres tranches de la série ! Alertes aux Zorkons, leur premier album, a une tranche au fond rouge, un peu plus foncé que le fond des albums de Morvan et Munuera. Pas d'illustration cette fois; sitôt après un numéro horizontal, du même rouge que le fond, indiqué dans un cercle plein blanc, on enchaîne avec le nom des auteurs. Grosse déception : Non seulement ce ne sont pas des signatures, mais ces noms ne bénéficient même pas de calligraphie particulière ! Ensuite, quoi ? Ensuite... LES AVENTURES DE SPIROU ET FANTASIO. Ah okay.Y a des abrutis qui ont décidé qu'en fait il fallait ajouter "LES AVENTURES DE" car ça faisait joli. Bande de cons. Après cette merde, bah on passe au titre... Et contrairement à tous les autres albums, on a droit à un titre écrit en majuscules désagréables, quoique la calligraphie les rendent plus agréables que les majuscules d'autres tranches. Autre changement, la tranche n'est plus écrite en noir mais en blanc, à l'exception du titre, qui s'orne d'un jaune d'assez mauvais goût.
Pour ce qui est des couvertures des one-shot : D'une part les couleurs diffèrent à chaque fois. D'autre part, il n'y a ici pas de signatures des auteurs, mais bon, étant donné le côté spécial de cette série d'albums, ça n'a rien de bien gênant en soi. Le premier présente le titre complet : "UNE AVENTURE DE SPIROU ET FANTASIO par", suivi des noms des auteurs en majuscules. Ensuite le titre, suivi du logo Dupuis. Dès le deuxième ce schéma est simplifié par le retrait de "UNE AVENTURE DE" de la tranche. Le volume 6 adopte un changement surprenant, puisque le titre est (et sur la couverture aussi du coup par la même occasion) remplacé par "LE SPIROU DE" . Notons que la calligraphie de la tranche change à chaque album de cette collection.
Bon okay, j'avoue, j'ai tapé ce paragraphe uniquement parce que je voulais râler contre ceux qui se sont occupés de la tranche du volume 51 de Spirou.

Ces quelques points éclaircis, j'en viens au coeur du dossier que vous êtes en train de lire : Les albums. Chaque album de la série paru à ce jour sera ainsi critiqué. Je tiens cependant à vous prévenir, ce ne sont que des avis qui n'engagent que moi, et il est possible que, sur quelques auteurs que je n'aime particulièrement pas, je sois particulièrement sévère voire carrément cru. Merci de ne pas prendre ces quelques passages pour des insultes gratuites ou pour de la violence non justifiée, je respecte le travail de ces auteurs par ailleurs.

Spirou et Fantasio par Franquin
Hors série 1 - L'héritage
Le Tank
Première bande dessinée réalisée entièrement par Franquin (Puisque la Maison Préfabriquée, sur laquelle je reviendrai un peu plus tard, est basiquement une reprise), Le Tank est tout à fait dans le ton de l'époque tant en terme de style (Style que je n'aime d'ailleurs pas et qui pour l'époque se calque plutôt sur le style de Jijé, Franquin va quand même avoir besoin de quelques albums pour affiner son style) que de scénario, nous présentant un Fantasio qui achète un tank à un de ces militaires qui viennent de gagner la seconde guerre mondiale et qui ont des armes à liquider. Après c'est le bordel, bien évidemment. C'est une histoire sans prétention qui base tout son propos sur un enchaînement de gags.

L'héritage
Sans pour autant renier la notion comique qu'il a abordé dans ses deux premiers essais, Franquin s'essaye pour la première fois à une aventure dans le pur sens du terme. L'intrigue reste plutôt classique (même pour l'époque), mais peu importe : L'humour y est beaucoup plus développé, avec des gags tout simplement absurdes, avec par exemple un Spirou qui aide le mec qu'il poursuit à se relever, avant de reprendre la poursuite au coup de pistolet tiré par Fantasio. Au delà de ça, Franquin développe pour la première fois des personnages au caractère véritablement travaillé, et non pas de simples personnages secondaires de bas niveau. Ces personnages sont aussi marquants par leur style graphique, de loin supérieur à un Spirou qui ressemble encore énormément au Spirou de Jijé. Cela dit le style reste maladroit, on est encore loin de la magnificence qu'atteindra Spirou plus tard.

Hors série 2 - Radar le Robot
Spirou et la Maison Préfabriquée
Comme indiqué plus tôt, cette aventure de Spirou est celle au cours de laquelle Jijé passa la main à Franquin. Le début est donc réalisé par Jijé et la fusion est remarquablement bien faite. Le temps de cette histoire, Fantasio accepte un job de vendeur itinérant, représentant des maisons préfabriquées. Une demie-heure pour monter, une demie-heure pour démonter, le top du top du camping à l'Américaine ! Bien entendu ça ne se passe pas exactement comme prévu. Les plot twists, pour l'époque, étaient excellents, et l'humour est présent du début à la fin, et c'est bien là l'essentiel.

Radar le Robot
L'histoire de l'héritage restait encore gentille, et son intérêt résidait particulièrement dans son humour. Oui, c'est une aventure bien mise en scène, mais la première vraie aventure du héros reste sa rencontre avec Radar le Robot. Franquin, pour la première fois, développe le thème du savant fou dangereux aux projets totalement mégalos. De par sa folie, il n'est pas SI dangereux que ça, et sa première facétie consiste à faire peur à un village avec l'aide d'une voiture sans conducteur. Spirou s'infiltre dans la demeure de Samovar (le savant fou en question) et est directement repéré par Radar, robot terrible, chef-d'oeuvre indestructible né du cerveau dérangé du scientifique. (Parce qu'il a des compétences quand même, faut pas croire)
Samovar décide que Spirou a l'air sympa. Alors il lui révèle son projet : Détruire le monde ! À peine le projet avorté, Spirou et Fantasio doivent affronter le robot... Et ce sera beaucoup moins facile.
La meilleure scène de cette aventure reste l'apparition de Radar, illustrée de façon vraiment impressionnante. Le robot n'est pas un jouet, il n'est pas là pour servir d'élément comique. Il est là pour susciter la peur chez le lecteur. Bon, ça marche peut-être pas aussi bien de nos jours qu'à l'époque, mais il faut reconnaître que l'apparition de Radar reste ultra impressionnante !

Le homard
Histoire courte de deux pages publiée en 1957 (Un certain temps après les deux BD précédentes, donc, mais bon, la série régulière de Spirou ne respecte pas forcément la chronologie non plus, contrairement aux intégrales), le homard s'apparente plus à une anecdote comique qu'à autre chose. Ça se passe pendant les vacances, alors que nos héros sont à la plage et se préparent à bronzer et à prendre un pique-nique. Sauf que ça se passe pas comme prévu. Une petite histoire rafraichissante sans prétention, qui joue aussi bien sur les mots que sur les situations.

Volume 1 - 4 Aventures de Spirou... et Fantasio
Bon, ça reste un volume 1, ça reste tout de même les grands débuts du Spirou de Franquin. Nous n'enchaînons donc pas directement avec une putain d'aventure complète mais bien avec quatre histoires courtes dont la première... Est la suite directe de Radar le Robot.

Spirou et les plans du Robot
On reprend donc là où Radar le Robot nous avait laissé : Spirou et Fantasio se remettent tranquillement de leur dernière aventure, et se demandent quand est-ce qu'ils vont se décider à rendre la jeep militaire qu'ils avaient emprunté précédemment.
C'est là qu'ils achètent un journal qui parle de la catastrophe de l'histoire précédente... Mais aussi de Radar ! Spirou, sentant que des malfrats risqueraient de s'intéresser aux plans du robot, décide de tout faire pour les brûler, sauf que il a raison, y a vraiment des malfrats sur le coup.
L'histoire se suit bien, même si on est encore loin d'une parfaite maîtrise, puisque dans ses premiers récits, Franquin se cherche un style.

Spirou sur le ring
Allez savoir pourquoi, la plupart des auteurs qui font référence au passé lointain de Spirou se basent sur cette histoire. De Bravo à Morvan/Munuera en passant par Tome/Janry, difficile d'échapper à une référence à cette aventure qui n'a pourtant rien d'exceptionnel en soi, mais qui n'en reste pas moins emblématique. Peut-être justement parce qu'elle est sur-utilisée par les auteurs.
En attendant on peut le dire clairement et sans détour, dans cette bande dessinée, comme d'ailleurs dans l'ensemble des BD réalisées en cette période, Spirou a un comportement que l'on pourrait qualifier d'un peu "gamin". Ici, il accepte un défi de boxe qui lui est lancé par un certain Poildur, voyou de quartier comme on n'en fait plus. Bien entendu ça se passe en Belgique, ce dur de Poildur est donc un voyou Belge, merci captain Obvious.
La bande dessinée en elle-même tient en trois phases : L'entraînement, le COMBAT, et la conclusion.
L'entraînement de Spirou est l'occasion de quelques gags, toutefois un peu plus mous que ce qu'on a pu voir dans les BD précédentes (C'est bête, c'est énergique pourtant la boxe); à côté de ça la FOURBERIE de Poildur reste fort "sympathique" à lire, ses ruses étant tout de même globalement plutôt sadiques.
C'est aussi une occasion pour Franquin d'évoquer la vie des gamins de quartier de l'époque de Marcinelle (On peut supposer que l'histoire se tient à Marcinelle étant donné que c'est le siège social de Dupuis), tant dans la cour de récré que dans les terrains vagues, un peu comme Roba a pu le faire avec sa formidable bande dessinée La Ribambelle, sauf que là évidemment le cadre est très différent. Ici, une bonne partie des gamins voue un culte à Spirou; allant jusqu'à être inscrits au club des Amis De Spirou (Mais si vous savez, ce fanclub du personnage où on pouvait s'inscrire par courrier au journal de Spirou à cette époque lointaine)
On passe donc ensuite au COMBAT, avec notamment une case sacrément osée, puisque c'est une grande case occupant un espace beaucoup plus grand que les cases classiques de ces BD d'époques. La vue est en contreplongée et on peut apprécier une foule monstre venue admirer le spectacle, ce qui est plutôt impressionnant.

Pour ce qui est du combat, en soi, la boxe, ça n'a pas grand chose d'impressionnant, surtout illustrée dans une BD (Ce n'est pourtant pas la première BD incluant de la boxe, comme on le verra beaucoup plus tard dans ce dossier); cela dit Franquin réussit à nous pondre un combat tout à fait dynamique, d'autant plus qu'un personnage assez random joue le rôle de commentateur sportif pour ses amis restés en dehors du terrain (Dix francs pour entrer c'est CHER)
Au passage on peut noter que Spip prend de plus en plus d'importance; déjà dans Radar le Robot il sauvait la vie de Fantasio, ici, il se BAT avec le rat de Poildur dans un combat bref mais particulièrement intense, tandis que s'achève un combat principal rempli de ruses vicelardes.
Les deux dernières pages nous présentent une fin à la fois calme et mouvementée, et, contrairement à la bande dessinée précédente, la chute est parfaitement maîtrisée.

Spirou fait du cheval
Voilà une aventure purement et simplement comique, dans laquelle l'élément comique est le cheval de Spirou, Plumeau. Ce cheval est tellement un personnage de cartoon qu'en fait il fait plutôt tâche au milieu de cette bande dessinée relativement sérieuse. Toujours cette recherche de style, quoi.

Spirou chez les pygmées
Alors déjà, les bien pensants qui disent que "Tintin au Congo c'est une BD raciste LOL", je vous prierai d'avance de vous taire svp, ce genre de BD colonialiste est tout à fait dans le ton de l'époque. Si ça vous dérange, vous la lisez pas. J'aurais pu le dire plus tôt sur l'héritier (qui est une aventure Africaine aussi) mais bon voilà je le dis maintenant. Au passage, l'aventure de Spirou dont il est question ici se déroule pas loin du Congo.
Déjà une remarque sur le style graphique de Franquin : Il s'affine ! On est encore loin de ce qu'il deviendra par la suite, mais il prend de plus en plus son indépendance par rapport à Jijé, même s'il reste encore très proche de ce dernier. Un exemple cela dit d'amélioration graphique visible depuis deux/trois histoires courtes : Fantasio, à l'origine quasiment chauve en dehors de ses fameuses huit mèches, a enfin, certes depuis quelques BD déjà, quelques cheveux, qui lui donnent une identité graphique un peu plus classe et prononcée.
Une fois encore, Franquin développe des personnages secondaires à l'identité forte, que ce soient la concierge et son époux, l'empereur du Lilipanga, ou encore les pygmées qui, mais vous devez vous y attendre, répondent évidemment à une bonne partie des clichés colonialistes (Mais pas trop non plus). D'ailleurs, les clichés colonialistes dans Spirou vont rester assez tenaces jusqu'à d'autres auteurs... Mais nous y reviendrons. Pour ce qui est de Franquin en tout cas, il ne fera jamais aucun indigène ne répondant pas à au moins un cliché.
Les gags sont efficaces et l'histoire tient bien dans le peu de pages qu'elle occupe, la chute est bien amenée, c'est une petite bande dessinée tout à fait sympatique.

Volume 2 - Il y a un sorcier à Champignac
Le style graphique, putain, le style graphique. En quelques pages, il s'affine davantage encore pour atteindre un nouveau pallier.
Cette bande dessinée est, cette fois, la première aventure complète de Spirou qui occupe un album entier. Elle pose des bases essentielles que toute personne qui connaît un tant soit peu Spirou est sensée connaître; c'est en effet ici que (Comme le titre l'indique d'ailleurs) Spirou et Fantasio iront pour la première fois au village de Champignac. La plupart des habitants de ce village qui ont fait la légende sont déjà là : Le maire (Qui dans le scénario d'origine pondu par le frère de Jijé sous le pseudonyme Jean Darc s'appelait Gustave Labarbe, merci l'Internet pour ce petit détail), son adjoint Duplumier, et surtout... Le comte, Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas de Champignac. L'histoire se déroule en deux parties; une première qui donne tout son sens au titre, au cours de laquelle Spirou et Fantasio mène l'enquête pour déterminer qui est le responsable du fait que la nature devient tout bonnement folle.
On apprend rapidement que ce n'est pas la faute du bohémien, que tous soupçonnent évidemment (Les habitants dans leur ensemble de Champignac répondant au cliché du villageois fermier français abruti crédule râleur), mais bien celle du Comte, inventeur de différents produits basés sur les champignons.
Au cours de la deuxième partie de cette aventure, Spirou et Fantasio découvrent que le comte a utilisé le X1, son produit permettant d'obtenir une force extraordinaire, afin de devenir superchampion de différents sports et ainsi amasser une fortune. Ils vont le voir, parlent avec lui; ils n'ont pas tardé à se réconcilier avec celui qui sera désormais pour eux un excellent ami. Le seul truc, c'est qu'un bandit qui passait par là vole la valise contenant les produits du Comte.
Ici, les gags ont tendance à s'effacer au profit de l'action, voire du surnaturel. Franquin s'éloigne de plus en plus de Jijé, et dès les premières cases on sent le personnage de Spirou mûrir graphiquement. Il mûrira encore par la suite, certes, mais dans l'ensemble, a déjà subi un sacré lifting au cours de cette aventure.
À côté de ça, ce premier contact avec le maire est tout à fait plaisant. Les élucubrations de l'individu donnent à son caractère un cachet tout à fait unique !

Volume 3 - Les Chapeaux Noirs
Tout comme le volume 1, ce volume 3 présente quatre histoires courtes. Dans cet album, on ne trouve pas que du Franquin mais aussi du Jijé. (Ça explique pourquoi j'ai eu du mal la première fois que je l'ai lu, tiens.)
Cependant la chronologie semble à peu près bonne (cf une apparition de Samovar dans une BD de Jijé); on peut donc en conclure que nous avons affaire ici au véritable chant du cygne de l'auteur sur l'oeuvre de Spirou.

Les Chapeaux Noirs
Bon déjà, ça, c'est du Franquin. Et du Franquin audacieux, qui plus est. Toutes les histoires dont j'ai parlé précédemment avaient des cases tristement linéaires, bien que quelques exceptions notables subsistent. Ici, Franquin prend vraiment la liberté de faire des cases de taille variable, donnant par la même beaucoup plus d'impact à son art.
Cette bande dessinée est, purement et simplement, un western. Franquin trouve un prétexte et expédie ses deux personnages au temps des cow-boy, pour une histoire qui, sans atteindre la richesse d'un Lucky Luke, est fort mouvementée. La chute reste assez prévisible, mais on se prend très bien au jeu !

Comme une mouche au plafond
Histoire SURNATURELLE pondue par Jijé. Autant être franc, passer des Chapeaux Noirs à ça, c'est un pur choc graphique. Jijé, en son temps, faisait certainement des BD sympa, mais là, c'est juste moche :(
Le scénario est pas mal et sa chute est bien amenée. Le personnage d'Abdaka Abraka est un pur roxxorz, qui apporte de la valeur à l'histoire.
L'histoire ? Spirou se retrouve littéralement au plafond, en état de lévitation. Le responsable est le magicien à l'étage au dessus (Abraka donc), qui se transforme par la suite en vulgaire cambrioleur, ce qui, même pour Spirou, est un peu décevant de la part de l'homme.
Le truc qui fait chier avec cette BD, c'est que les bulles de dialogues des personnages à l'envers ont également leur texte à l'envers. Dans Philémon, je veux bien de telles fantaisies, mais là non, c'est juste chiant à lire. La qualité du récit s'en trouve amoindrie, ce qui est dommage car cette BD reste tout de même très sympathique.

Spirou et les hommes-grenouilles
Du Jijé de nouveau. Une histoire plutôt efficace qui se divise en deux temps : Une idée bidon de Fantasio d'abord, une sombre intrigue ensuite. Après je n'ai rien contre Jijé mais ça reste tout de même moins efficace que du Franquin, même si la deuxième moitié de l'avant dernière planche est une réussite totale. En plus de ça, l'anglaise acariâtre que l'on voit pendant la première partie est vraiment un personnage mémorable, l'un de ceux qui, des tous premiers Spirou, m'ont énormément marqué.

Mystère à la frontière
On retourne à du Franquin peut-être encore un peu hésitant sur le ton à donner à sa série. Toujours débutant, l'auteur nous propose une histoire qui n'est pas vraiment à la hauteur des Chapeaux Noirs en terme de technique, pas à la hauteur de ses premières fantaisies en terme d'humour, pas à la hauteur d'Il y a un sorcier à Champignac en terme d'action. L'histoire ne se lit bien que parce qu'elle est courte, cela dit, dans le genre "scène d'anthologie", la scène de l'inspecteur Coustan expédié à l'eau reste un passage plutôt mémorable.
En dehors de ça, le concept de l'hicoïne est fun. Probablement pour ne pas se faire censurer, l'ami Franquin a inventé une drogue dont la principale spécificité consiste à donner le hoquet. Pourquoi pas !

Volume 4 - Spirou et les héritiers
Deuxième fois en assez peu de temps qu'on parle d'héritage... Ne râlez pas, non seulement ça n'a rien à voir avec l'héritage, mais cette aventure est au moins aussi anthologique que le volume 2 ! Cette fois, ce n'est pas Spirou qui hérite, c'est son comparse Fantasio; de son oncle, qui a écrit un joli testament.
L'on se débarrasse rapidement de la vieille acariâtre et de sa nièce, les deux personnages au coeur de la LUTTE pour l'héritage sont Fantasio et son cousin... Zantafio.
Leur oncle (Qui s'appelle Tanzafio pour la petite histoire, mais ça ce n'est pas une idée de Franquin et c'est donc moins fun que la symétrie Fantasio/Zantafio) a en effet décidé d'une sorte de "concours" pour déterminer lequel des deux serait le plus apte à recevoir l'héritage. Le concours se déroule en trois parties, qui découpent ainsi le récit en trois temps.
La première épreuve consiste à faire une invention nouvelle et utile à la société ! Fantasio développe donc là son fameux Fantacoptère, une sorte d'hélicoptère portatif. Cette première partie est l'occasion de quelques gags très efficaces.
La seconde épreuve consiste à se classer dans les six premiers lors d'une course automobile. Okay pourquoi pas. Fantasio sait par un ami que la firme Turbot cherche des pilotes. Fair play, il invite son cousin à se présenter avec lui. Pourquoi pas. Sauf que son cousin est un salaud qui n'hésite pas à tricher. Au bout du compte Zantafio remporte la deuxième manche à force de tricheries, malgré tous les efforts déployés par Spirou et Fantasio pour l'en empêcher.
La troisième épreuve est la plus corsée, mais surtout celle qui nous intéressera le plus : Spirou et Fantasio se rendent en Palombie pour étudier la vie d'un animal légendaire, le Marsupilami. Ils sont également sensés le ramener en Europe. Soudain, plot twist ! Les indiens de la région les attaquent, et c'est Zantafio qui les sauvent, un Zantafio parfaitement repenti qui a décidé de s'installer dans ce pays pour le meilleur... Ou pour le pire.
Je ne vous parlerai pas de l'héritage obtenu par Fantasio, il vaut encore mieux le découvrir par soi-même en lisant l'oeuvre.

La scission en trois parties permet à Franquin de faire une histoire pleine de rebondissements. Les nombreux protagonistes servent très bien l'intrigue, et cette première approche de la créature fantastique qui alimentera de nombreux évènements dans les albums à venir, allant jusqu'au pur documentaire animalier dans Le Nid des Marsupilamis donne la mesure d'une série qui franchit un pas supplémentaire dans l'audace.

Volume 5 - Les voleurs du Marsupilami
Suite directe du volume précédent, celui-ci commence avec un Spirou qui propose à son comparse Fantasio de libérer le Marsupilami, qui est visiblement très malheureux dans sa prison, où son seul bonheur consiste à voir nos deux journalistes.
 Sauf que. Le Marsupilami décède et son corps disparaît. N'oublions pas le vieil adage d'Ultimate Nick Fury (Olol comment je case du Marvel dans un billet consacré à Spirou) : "Si y a pas de corps alors le gus est vivant". Il s'avère que le Marsupilami, vivant, a été volé par un certain Valentin Mollet, champion de football en manque d'argent, pour le compte de Zabaglione, patron du Cirque Zabaglione.
Plus encore que dans les volumes précédents, l'histoire est fluide et s'enchaîne naturellement. Le style graphique a encore évolué, et il est de plus en plus proche de la perfection. Bien sûr ça reste perfectible; néanmoins cette évolution constante du trait du dessinateur est tout à fait plaisante et ne peut qu'augurer du bon pour les volumes suivants.
Plus encore que les BD précédentes, cette BD me donne envie de dire haut et fort que la bande dessinée est un art à part entière. Oui, cette phrase est valable sur bien d'autres BD, à commencer par les Spirou qui précèdent, mais là j'ai envie de le dire parce que sérieux, la fluidité de cet album est remarquable par rapport par exemple à Il y a un sorcier à Champignac ou à Comme une mouche au plafond (Oui oui je sais c'est pas du Franquin, mais même)
Pour l'anecdote, mon père avait en sa possession l'une des premières éditions de cette BD. Je ne sais pas ce qu'elle est devenue mais elle était en si mauvais état que bah, j'ai bien dû m'en reprocurer une autre pour pouvoir la lire à l'aise.

Volume 6 - La corne de rhinocéros
Pas de Marsupilami dans cet album. On le reverra au volume suivant. En attendant, Spirou et Fantasio exercent leur métier, contrairement à Tintin. Certes ils ont déjà eu l'occasion de faire des petits boulots (cf La Maison Préfabriquée notamment), cependant leur vraie vocation, c'est le journalisme; pour le quotidien Le Moustique, qui tire son nom de l'hôtel dans lequel Spirou débuta sa carrière sous la plume de Rob-Vel.
Dans cet album, les références à Spirou et les héritiers pleuvent en nombre. Fantasio a construit deux Fantacoptères pour le compte des pompiers ! Cela dit, suite à un coup de fil de Dupuis lui signalant qu'il est un peu dépassé en tant que journaliste, Fantasio décide de faire un coup d'éclat et propose donc à Spirou... De cambrioler un magasin avec l'aide de ces mêmes Fantacoptères. Spirou finit par accepter histoire de surveiller son comparse, et qu'elle n'est pas leur surprise de trouver dans le magasin Roulebille, de la firme d'automobiles Turbot, qui leur annonce qu'il est poursuivi par des malfrats ! Il leur confie les plans de la dernière automobile de la firme et leur demande de les remettre à son associé Martin. Au cours de cette aventure, qui les mènera jusqu'en Afrique, deux évènements majeurs surviennent :
-La première apparition de Seccotine, jeune femme dynamique, reporter du Moustique. Une peste dont le talent journalistique est digne d'un papparazzi, ce qui ne l'empêchera pas de fournir un travail documentaliste remarquable dans Le Nid des Marsupilamis. Mais bon, force est tout de même de se ranger du côté de Fantasio, c'est une peste. Et on s'en débarrasse pas facilement, en plus. D'où son nom, inspiré par une marque de colle.
-Au terme de l'aventure, Roulebille offre à Spirou et Fantasio une voiture, et pas la moindre. Leur voiture la plus célèbre, le premier prototype de la Turbotraction ! Engin aux lignes épurées, la Turbo-Rhino 1 (Nommée ainsi en souvenir d'une aventure qui, vous deviez vous en douter vu le titre, impliquait des rhinocéros) est la fine fleur de la firme Turbot. Ce formidable cadeau accompagnera le duo le temps de nombreux albums. Et tant mieux, en fait, parce qu'en l'état, Fantasio empruntait plutôt souvent le véhicule de son voisin.
Je retiens aussi de cet album la présence délicieuse d'un flic totalement blasé qui, comme l'ensemble des personnages secondaires, donne un cachet supplémentaire à l'histoire.

Volume 7 - Le dictateur et le champignon
La première page nous explique pourquoi le Marsupilami était absent du volume précédent : Le Comte de Champignac l'avait provisoirement recueilli. Sitôt arrivés à Champignac, le Comte leur présente sa nouvelle invention, le fameux métomol, permettant de rendre mou n'importe quel type de métal.

Déjà le décor est planté : Tous ces personnages que Franquin a inventé dans les volumes précédents, il va les réutiliser encore et encore, donnant à Spirou un univers propre et cohérent. Au passage, les premières pages permettent de donner le ton : Si Spirou et Fantasio vivront des aventures épiques, alors l'humour sera notamment relayé par le Marsupilami, certainement le personnage disposant du plus fort potentiel comique, loin devant un Fantasio qui prend de toute façon de plus en plus de sérieux et d'assurance au fil des albums, au risque d'en devenir carrément irritable. Bien sûr ça ne s'arrangera pas dans les bandes dessinées de Gaston, dans lesquelles Fantasio va passer énormément de temps.
En tout cas, Spirou et Fantasio se disent que finalement, ils sont bien obligés de raccompagner le Marsupilami au zoo, car ce ne serait pas honnête de lui rendre sa liberté. Oui, ils ont du coeur, mais restent des personnages canoniques, qui ne peuvent pas se permettre d'enfreindre la loi, pour quelque raison que ce soit. Cependant, c'est là que la chance leur sourit : On leur annonce que le zoo a dû fermer. Spirou et Fantasio sont enfin libres de retourner en Palombie et d'y laisser le Marsupilami reprendre sa liberté ! (Bon, je vous spoile la scène finale tout de suite comme ça ce sera fait : Ils croient le laisser mais le Marsupilami s'arrange pour rentrer avec eux en Europe quand même. C'était bien la peine, tiens. Et si vous l'aviez pas vu venir à des kilomètres, je peux rien faire de plus pour vous à ce sujet.)
Arrivés en Palombie après un voyage dont je préfère encore passer les détails, le hasard fait que Spirou et Fantasio rencontrent l'homme qui, à la faveur d'un coup d'état, a pris la tête du pays. C'est l'occasion pour Franquin de nous montrer un talent de continuité hors-pair, car l'homme n'est autre que Zantafio, Zantafio qui pour l'occasion se fait appeler Général Zantas. Totalement réformé ? Ha ha ! Louche il est, louche il restera. Seulement, en voyant arriver ses anciens rivaux, il a eu une super idée ! Et si il en faisait des colonels pour l'armée Palombienne, qui va de toute façon entrer bientôt en guerre ? Spirou et Fantasio se montrent d'abord réticent mais finissent par accepter... Mais c'est pour mieux piéger Zantas avec l'aide du métomol.
Scène d'anthologie de l'ouvrage, un Zantas faisant un discours à la population, en prenant des traits si exagérés qu'il en aurait presque un air d'Adolph Hitler.

En attendant, cet album reste à mes yeux l'un des chefs-d'oeuvres de Franquin, le genre de bande dessinée qu'il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie. Si vous en avez l'occasion de lire Le dictateur et le champignon, alors ne la ratez pas !

Volume 8 - La mauvaise tête
Fantasio, inculpé pour vol. Serait-ce un fake ? Au cours d'une enquête haletante incluant 2/3 de course poursuite, Spirou finit par démontrer l'innocence de Fantasio : Un ingénieux masque imitant sa tête à la perfection avait permis de lancer toute une machination visant à expédier ce dernier en prison pour de nombreuses années !
Ce n'est pas une aventure exotique, encore moins une histoire courte ou une série de gags, non, cette histoire est quasiment un policier. Les plot twists sont tout simplement géniaux, et, toujours tout en finesse, Franquin parvient même à faire remporter à Fantasio une étape du Tour de France. (Quelle splendide façon de se faire remarquer.)
Une fois encore, pas de Marsupilami à l'horizon; le charmant animal loge toujours probablement chez le Comte, et d'ailleurs...

Touchez pas aux rouges-gorges
Histoire courte de deux pages consacrée au Marsupilami. Concrètement, il tabasse un chat sauvage pour protéger des oisillons. Fin. Ça pourrait être une histoire sympa, malheureusement on n'échappe pas à l'écueil des BD Francophones : Beaucoup trop de texte pour une histoire qui aurait très bien pu s'en passer. Dommage, ça nique un peu l'ambiance de la BD, du coup.
Enfin bon, c'est jamais que deux pages, c'est bien dessiné, on va pas se plaindre.

Volume 9 - Le repère de la murène
Un homme organise un concours dans le but de retrouver l'épave du Discret, son bateau, qui a coulé quelques années plus tôt. Or, Pacôme de Champignac vient de finir la mise au point de l'X4, produit miraculeux (à base une fois encore de champignon) permettant de décupler l'intelligence. Quoi de mieux pour tester son nouveau produit que des travaux pratiques ? Encouragé par Spirou et Fantasio, il relève le défi : Trouver le moyen de descendre sous l'eau à une profondeur de 200 mètres, performance qui à l'époque où la bande dessinée a été réalisée relevait du quasi impossible. Un peu comme Tintin qui va sur la Lune, sauf que forcément c'est aquatique, ça n'a rien à voir.
À la base, l'organisateur du concours veut retrouver cette épave en mémoire de John Héléna, son ancien assitant, capitaine du bateau, et porté disparu. Le principal plot twist de l'album est que Héléna est vivant. Et que c'est un contrebandier. Je ne spoile ce plot twist que parce que le personnage (Qui est un personnage de qualité) va refaire une apparition dans deux autres albums, parce que sinon l'histoire est tout de même plus complexe et offre des scènes énormes, que je vous invite à découvrir par vous-même si vous en avez envie.

On en profite pour apprendre, mystère de la nature, que le Marsupilami est amphibie. Ce phénomène de la nature est entièrement pensé pour surprendre le lecteur à chaque album, en fait.
Une fois de plus, l'album fait référence à la plupart des évènements des albums passés. Ça passe pourtant plutôt bien et les récits restent agréables à lire, proposant toujours des histoires intéressantes où le rapport humour/aventure est toujours aussi savamment dosé.

Volume 10 - Les pirates du silence
Le Moustique envoie Fantasio faire un reportage à Incognito City, la ville "la plus protégée du monde". Pendant ce temps, le Marsupilami s'échappe du château de Champignac pour rejoindre les deux héros. Ces derniers veulent prévenir le Comte... Mais il a disparu ! Voilà les quatre protagonistes (Car non, je n'oublie pas Spip !) partis vers cette fameuse ville au volant de leur Turbotraction.
Contre toute attente, ils se retrouvent mêlés à une sombre affaire d'enlèvement qui va dégénérer en endormissement général de la population. Les bandits veulent profiter de ce moment pour braquer les banques.
Au cours de cette aventure, qui signe le moment où le Marsupilami ne quittera plus les deux héros avant le départ de Franquin de la série, on apprend encore quelque chose à propos de l'animal : Non seulement il est amphibie, mais, à la manière des perroquets, il sait imiter les mots !

La Quick Super
Ce récit est très étonnamment publié sans titre (Quoique son titre est très probablement indiqué dans l'intégrale où il apparaît), et seul un tour sur Wikipedia m'a permis de le déterminer. En attendant, il s'agit d'une aventure courte (Une quinzaine de pages) dans laquelle Spirou et Fantasio testent (Toujours pour le compte du Moustique) la Quick Super, modèle de voiture des établissements Content, qui se font régulièrement voler. Une histoire d'assurance. D'ailleurs un détective des assurances est sur le coup.
Après quelques péripéties, Spirou finit par découvrir la vérité, vérité qui implique l'un des personnages du Cirque Zabaglione vus dans Les voleurs du Marsupilami.
Bien que l'explication finale soit logique, l'histoire reste légèrement tirée par les cheveux. Vaut mieux pas chercher à développer, en fait, ça vaut mieux pour l'apprécier à sa juste valeur. (Oh et j'aime pas le détective, aussi)

Volume 11 - Le gorille a bonne mine
Une fois de plus, nos héros partent en expédition en Afrique dans le but d'y faire un reportage photo sur les gorilles (D'où le titre, n'est-ce pas). Le but de l'expédition est le mystérieux Kilimakali.
Chose intéressante, dans cet album, pour la première fois, Spirou n'est pas habillé en groom. Il porte plutôt une tenue légère faite pour l'exploration, bien que la couleur rouge reste de rigueur. Au passage, Spirou ET Fantasio portent chacun un jean !
Bien sûr l'expédition ne se déroule pas sans accroc; et dès le début des saboteurs tentent de l'empêcher !
Cet album fait partie de ceux de Franquin que j'aime le moins, non pas parce qu'il n'est pas bien, au contraire il est excellent, mais bien parce qu'il y a beaucoup mieux. Par exemple, l'histoire courte qui suit est un excellent exemple d'histoire de qualité !

Vacances sans histoire
Notons ici une apparition de Gaston Lagaffe. Ce n'est pas la première (Une histoire d'albums qui ne sortent pas dans l'ordre basique de publication), mais ça reste très rare. En dehors de deux exceptions notoires qu'on évoquera vers la fin de cette partie du dossier concernant Franquin, Gaston ne fait pas énormément d'apparitions dans Spirou. Il faut bien dire que le personnage n'en fait pas partie intégrante.
En dehors de ça, cette histoire fort sympathique nous présente un nouveau personnage : L'émir Ibn-Mah-Zoud, danger au volant, daltonien. Il prend la Turbot de Spirou et Fantasio pour la sienne, s'en empare, et la démolit complètement... Au final il offre à nos héros une nouvelle Turbotraction encore plus performante, et accessoirement beaucoup plus classe.
Comme d'habitude avec Franquin, le récit est bien rythmé et offre au lecteur un bon divertissement.

Volume 12 - Le nid des Marsupilamis
Comme vous le savez certainement, le Marsupilami appartient depuis fort longtemps à l'éditeur Marsu Productions. Je tenais juste, avant de commencer à vous parler de ce volume 12, à signaler une énorme bouse pondue par les incapables qui tiennent cette boîte, que je n'hésiterais pas à qualifier de taudis pour le coup, si je ne comptais pas un peu plus tard dans ce dossier aborder justement un album édité par eux.
Je vais bien sûr vous parler de "Houba ! Une histoire d'amour", qui publie, je cite un magasin de vente en ligne pour l'occasion : "Remontage et nouvelle mise en couleur par Jannin, des cases du récit "Le nid des marsupilamis" 1957, concernant la famille marsupilami de Palombie."
Tout ça pour dire que des attardés ont cru bon de modifier le travail de Franquin et d'en faire une nouvelle édition sous un autre titre, histoire de se faire de l'argent facile. Pour être exact (Je suis allé vérifier sur marsupilami.com histoire d'être sûr), toutes les interventions humaines sont supprimées. L'idée des éditeurs est la suivante : "On sabote le travail de Franquin et on fait passer ça pour du vrai Franquin histoire d'avoir DU FRIC". Oh et c'était sorti un jour de Saint-Valentin, d'ailleurs. Et puis apparemment, depuis récemment, cette chose infâme est aussi sur iPad. Soit. Encore un peu plus enfoncer une bande dessinée qui n'a de mérite qu'au format papier. Un jour, en magasin, j'ai sauvé une personne random innocente en la prévenant, alors qu'elle tendait la main vers l'ouvrage maudit. Ouf. Nous avons évité un massacre.
Maintenant, je vais vous parler de cette histoire de Nid des Marsupilamis. La vraie. L'AUTHENTIQUE.
On peut déjà noter qu'elle a été publiée avant Vacances sans histoire, en atteste d'une part la Turbotraction, et d'autre part le fait que Seccotine ait fait une apparition dans Vacances sans histoire alors qu'elle était toujours sensée se trouver en Palombie (Pays qu'elle n'a pas quitté depuis le volume 7) au moment où Spirou et Fantasio vivaient leur aventure au pays des gorilles. En attestent les années de parutions respectives, aussi, bien évidemment.
Nous savions déjà de Seccotine que c'était une peste, nous apprenons à présent que c'est un danger au volant; soit. En tout cas elle invite Spirou et Fantasio à sa conférence, sur le sujet de laquelle elle tient le mystère. Ils y vont et quelle n'est pas leur surprise : Seccotine a filmé la vie d'une famille de Marsupilamis !
Si le sujet vous intéresse, je vous invite à découvrir par vous-même cette bande dessinée, qui développe davantage encore les facultés de l'étonnant animal, et surtout son comportement quand il s'agit de fonder une famille. Sans être indispensable, cette bande dessinée est certainement la plus mignonne de toutes les aventures de Spirou jamais publiées... Une aventure de Spirou quasiment sans Spirou.
Une anecdote tout de même : Dans le journal de Spirou où cette aventure fut publiée, une planche supplémentaire fut intercalée à l'occasion de Noël.

La foire aux gangsters
Soto Kiki, judoka Japonais, demande à Spirou et Fantasio de l'aide pour protéger un certain John P. Nut, menacé par un gangster, Lucky Caspiano. À cette occasion, l'Asiatique enseigne l'art du judo à nos deux protagonistes.
Avant de se faire buter par les bandits, Soto Kiki demande à Spirou de se rendre à la foire, où les bandits retiennent en otage le bébé de P. Nut. Pour la deuxième fois consécutive en deux albums, Spirou tombe sur Gaston, mais la présence de ce dernier n'est qu'anecdotique, bien qu'il serve d'élément comique et surtout de moteur permettant de faire une chute dynamique à l'histoire.

Volume 13 - Le voyageur du mézozoïque
Cette aventure est d'une part une occasion pour le Comte d'expérimenter le fameux vaccin anti-froid qu'il a mis au point. D'autre part, c'est aussi l'occasion d'une découverte sensationnelle : Le Comte a en effet mis la main sur un oeuf de dinosaure. Bien vite, outre Spirou et Fantasio, il demande à des confrères de venir l'asssister. C'est l'occasion de revoir Black et Schwarz, déjà entraperçus dans Le dictateur et le champignon, mais aussi de faire la rencontre d'un ami biologiste de Champignac et de Sprtschk, savant atomique de son état. Cette bande dessinée contient aussi la toute première véritable apparition de Gaston Lagaffe (Oui je sais ça n'a rien à voir) et de Dupilon, ivrogne notoire.
En tout cas, suite à un concours de circonstances engendré par le Marsupilami (On ne pourrait presque plus se passer de lui, tiens), concours de circonstances impliquant le X2, produit de vieillissement accéléré dont on avait pu voir les effets dans Il y a un sorcier à Champignac, le dinosaure atteint en une nuit sa taille adulte. Et s'enrhume. Accessoirement.
Comparée aux précédentes, cette bande dessinée laisse beaucoup plus libre cours à l'humour noir. Ainsi, Sprtschk est avalé par le dinosaure par inadvertance, et personne ne semble s'en émouvoir parce que de toute façon il mettait au point une superbombe à hydrogène.
Et puis après bien sûr, scénario catastrophe : Le dinosaure affolé (Merci, Marsupilami !) marche sur la ville de Champignac, provoquant chaos et émoi au sein de la population. On appelle l'armée, c'est useless. Finalement, le Marsupilami règle le problème et le dinosaure est envoyé vivre dans une partie isolée de Champignac, où il ne pourra pas faire de mal.
L'histoire est intéressante, et le maire de Champignac en profite même pour caser l'un de ses discours dont il a le secret. Cela dit, tout comme les deux précédents, je ne trouve pas que cet album de Spirou mérite qu'on s'y attarde. Quoique, l'histoire courte qui suit...

La peur au bout du fil
En deux pages, le Comte de Champignac se transforme en fou furieux névrosé. La première fois que j'ai lu ce récit, je l'avoue, j'ai flippé. J'étais, il faut le dire, jeune en ce temps-là.
Mais que dire ? Le Comte a avalé le résidu nocif de l'X4, le produit permettant d'accélérer le processus de pensée du cerveau. Spirou, au courant du fait que le Comte va mal, contacte le biologiste vu dans l'épisode précédent, espérant obtenir de l'aide de la part de ce dernier.
Cet épisode franchit une ligne, puisque Franquin n'hésite plus à associer à ses histoires de l'humour un peu plus noir. Le récit est très glauque mais reste tempéré par une chute légère et bon enfant.
Finalement ça se termine bien et la chute de l'histoire a le mérite d'être drôle, même si elle fait un petit peu redite avec une scène du volume 7, Le Dictateur et le Champignon.

Volume 14 - Le prisonnier du bouddha
Pour la première fois dans un album de Spirou, on rencontre, parmi les personnages secondaires, le petit Noël, habitant de Champignac et grand ami du Marsupilami; personnage qui dispose également de quelques planches à lui tout seul, incluant la plupart du temps le Marsu.

Un certain Nicolas Nicolaïevitch Inovskyev, savant Russe de son état, a mis au point un appareil fantastique, le G.A.G., pour Générateur Atomique Gamma. Le Comte de Champignac et lui-même essayent de garder le plus grand secret autour de l'engin, mais Spirou et Fantasio ne tardent pas à être mis au courant.
Une rencontre avec deux espions qui souhaitaient mettre la main sur l'appareil leur apprend qu'un certain Harold Longplaying, ami de Nicolas et co-inventeur du G.A.G. par la même occasion, est retenu prisonnier dans la Vallée des Sept Bouddhas, quelque part en Asie (Le pays exact n'est pas précisé, mais c'est pas loin de la Chine). Spirou et Fantasio se précipitent donc à son secours, avec pour les soutenir l'aide inestimable du G.A.G.
On en profite pour apprendre un truc de plus au sujet du Marsupilami, mais ça je vous laisse le lire par vous-même, braves gens.
En attendant, Franquin nous livre une histoire ultra dynamique qui, tout comme l'ensemble des oeuvres de l'auteur qui vont suivre, est vraiment qualifiable de perfection !
Notons aussi qu'à partir d'ici, Franquin n'est plus seul. Greg le soutient dorénavant pour le scénario.

Volume 15 - Z comme Zorglub
C'est le moment pour Franquin d'introduire un nouveau personnage destiné à devenir mythique : Zorglub. Derrière ce nom se cache un scientifique d'envergure, mais surtout un ennemi potentiel pour Spirou et Fantasio.
Ce Zorglub n'est pas non plus un ennemi au sens classique du terme... Parce que c'est un ami d'enfance du Comte de Champignac !
Zorglub, donc, a inventé une onde radio, la Zorglonde, permettant de contrôler l'esprit humain. De cette idée de base, Franquin pond un chef-d'oeuvre tellement immense qu'il ne peut tenir que sur deux volumes. Le deuxième est largement meilleur que le premier déjà énorme, de surcroît.
Dans ce premier volume, déjà, le spectaculaire le dispute avec la science-fiction et la haute technologie qui, depuis le volume précédent (Au travers du G.A.G), font une entrée balbutiante dans le petit monde dans lequel gravitent les deux personnages. Le Marsupilami, tout comme dans le volume précédent, n'a qu'un rôle effacé bien que sa présence influe assez sur le scénario, ce qui compense largement un volume 12 dans lequel Franquin avait réussi le tour de force de justement effacer les protagonistes théoriquement principaux.
On pourrait conclure avec la théorique happy end de cet album. Sauf que Franquin, en plus de laisser des questions en suspens, nous prépare un rebondissement choc, et que le meilleur du Z reste à venir.

Volume 16 - L'Ombre du Z
Je m'en souviens parfaitement : J'ai lu ce bouquin avant d'avoir entre les mains le volume précédent, Z comme Zorglub. C'est con n'empêche, car le début n'est extrêmement bien huilé que dans la mesure où ce volume est une suite directe.
Ce début, justement, présente la conséquence d'une action faite par Champignac dans le volume précédent. Un peu maladroit par rapport à la deuxième partie de l'album, il répond tout de même au plot twist laissé en suspens dans le volume précédent. On passe rapidement à la deuxième partie qui, pour sa part, est une aventure tout simplement ÉPIQUE (bien qu'un peu courte, la faute à la première partie) dont toute la valeur est donnée par les cinq dernières pages. Dans cette seconde partie, on voit Spirou, Fantasio et le Comte se rendre en Palombie, là où se trouve la dernière base du Z.
Le plot twist final de l'album est un peu le meilleur plot twist ever de tout Spirou, pas dépassé, pas dépassable, tellement bien foutu qu'on ne peut qu'admirer le travail épatant mené par Franquin et que ce serait criminel que j'en parle ici, et quand on sait que cet album n'est pas non plus le meilleur Spirou dans l'absolu...

Volume 17 - Spirou et les hommes-bulles
Ce volume non plus n'est pas le meilleur Spirou dans l'absolu. Pour l'anecdote, Roba (Auteur du très moyen Boule et Bill et de l'exceptionnelle bien que trop courte Ribambelle) a participé aux deux histoires courtes de cet album. D'ailleurs, on peut voir Boule et son papa traîner dans une fête foraine dans le deuxième récit.
Le premier est bien sûr celui qui donne son titre à l'album. Il fait un peu suite au Repère de la Murène, réinvitant sur scène John Héléna ainsi que l'espèce de moto sous-marine auparavant mise au point par le Comte de Champignac (Mais en mieux.). Pas de surprise pour ce qui est des protagonistes, ils sont dévoilés avant même la première case.
Et là, situation initiale : John Héléna s'évade de prison. Eh oui, il fallait bien que ça arrive, l'un des adversaires que Spirou a envoyé en prison s'est évadé. On ne va pas pour autant faire un drama à la Dalton, ce genre d'évènement reste assez rare et isolé dans l'univers de Spirou, bien que ce ne soit pas pour autant un cas unique. Disons simplement que comme le côté aventure prime énormément sur le côté humour (Contrairement aux tous premiers Spirou où c'était le contraire, par exemple les Chapeaux Noirs), c'est le genre d'évènement sur lequel on ne s'attarde pas trop en principe. Ici, non seulement on s'attarde, mais on assiste à une authentique course poursuite, gagnée de justesse par Héléna. L'affaire du Discret remonte naturellement à la surface, et c'est malheureusement l'occasion pour Franquin d'être obligé de nous pondre un résumé (Certes bien mis en scène) du Repère de la Murène. Pour ne pas paumer les lecteurs qui viennent d'arriver, et surtout parce que ce récit, malgré son immense écart avec son prédecesseur, s'affiche comme étant une suite directe. Cependant, Héléna est rapidement écarté du récit. Un mystère plus gros pèse et Spirou va tout mettre en oeuvre pour le résoudre.
Faute de personnages secondaires vraiment charismatiques (Héléna ne reste pas assez longtemps), l'histoire pourrait s'enliser dans un scénario quelconque. C'est vrai, je le trouve plutôt quelconque, par rapport à d'autres Franquin. La fin de l'histoire reste énergique, même si Franquin n'est pas non plus fichu de faire une chute bien huilée cette fois. Cette aventure de Spirou est très sympathique mais, au même titre que l'aventure suivante, reste dispensable.

Spirou et les petits formats
Fantasio est transformé en statuette !
Ce résumé choc peut effrayer, mais comme bien souvent dans les Spirou, la vérité apparente n'est pas forcément la bonne. Cela dit, une fois la vérité rétablie, on apprend que Fantasio déambule dans une autre ville... Amnésique. Spirou et Champignac partent à sa recherche.
Ici, on a une histoire beaucoup plus légère qui se laisse lire gentiment et dont la chute est beaucoup mieux amenée que la chute des hommes-bulles.

Intégrale 8 - Aventures humoristiques

S'il ne fallait qu'une seule des intégrales de Spirou, ce serait bien celle là; la seule dont le contenu m'a motivé pour son achat malgré le fait que je possédais déjà l'ensemble des Spirou parus à ce moment-là. C'est très simple, cette intégrale contient le meilleur de Spirou. Non seulement les volumes 18 et 19, mais aussi les Robinsons du Rail, histoire qui n'est juste pas disponible en album séparément à l'heure actuelle. (Ça a été publié mais...) Et puis le volume 18 que j'aborderai dans quelques instants (et qui dispose de suppléments de qualité dans cette intégrale) reste le plus énorme jamais créé, chef-d'oeuvre immanquable que toute personne un tant soit peu amatrice de Spirou se doit d'avoir lu au moins une fois dans sa vie. Voire deux. Voire davantage. J'ai déjà fait un billet tant sur le volume en question que sur les Robinsons, mais je crois qu'une répétition ne fera pas de mal. (Le contenu de cette intégrale est indiqué en gras italique)

Volume 18 - QRN sur Bretzelburg
Je ne taris pas d'éloges sur cette bande dessinée. Pourquoi en serait-il autrement ? Malgré les circonstances difficiles de parution de ce volume 18, on assiste ici à la montée ultime de puissance de Franquin, qui est maintenant au sommet de son art, et saperlipopette, quel art ! Lecteur, ce Spirou est tout simplement immanquable tellement il est génial. Une histoire efficace mêlant comme jamais aventure et situations comiques, servies d'ailleurs par un humour sans faille et des putains de répliques qui donnent au titre toute sa valeur. Oh et depuis quelques volumes, on assiste à l'apogée graphique de Franquin, que seuls Tome et Janry parviendront véritablement à égaler. A cela s'ajoute le fait que les personnages secondaires sont tous aussi énormes les uns que les autres.
Ça démarre donc avec le Marsupilami qui avale un transistor miniature appartenant à Fantasio. Quelle erreur ! Le transistor remonte dans son nez et se met subitement en marche, changeant de station au gré des éternuements de l'animal qui, profondément énervé, finit par se donner un violent coup qui l'assomme totalement et surtout grille la radio.
Le genre de trucs que vous ne trouverez que dans la fameuse intégrale
La nuit suivante, un homme débarque chez Spirou, tombe nez à nez avec Fantasio, et s'exclame : "Je le savais ! LE QRN, C'EST VOUS !" Totalement abasourdi, Fantasio n'a pas le temps d'empêcher Marcelin Switch de monter pour tomber sur un Marsupilami totalement hagard. On lui explique brièvement la situation, et lui d'enchaîner : "Par votre faute, un roi est en danger !"
Eh oui, le petit appareil de Fantasio a provoqué une énorme interférence entre les lignes radios, et il se trouve que Marcelin Switch était en communication avec Ladislas, le roi du Bretzelburg. Le monarque n'est pas libre de ses mouvements et est maintenu en surveillance constante par Schmetterling, odieux et implacable soldat.
L'urgence reste néanmoins le Marsupilami, et Switch, accompagné de Spirou, emmène ce dernier chez l'un de ses amis, à la fois vétérinaire et radioamateur. Il demande à Fantasio de garder sa maison en attendant. Grave erreur : Le méprenant pour Switch, les services secrets Bretzelbourgeois enlèvent Fantasio pour l'emmener à Schnappsfürmich, l'implacable forteresse du Bretzelburg dont on ne s'évade jamais. Spirou et Switch ne vont pas tarder à réagir et à se rendre dans le petit pays. Enfin pour être exact, Spirou va réagir et entraîner de force son coéquipier improvisé, authentique froussard. Et alors que Fantasio s'apprête à passer à la torture Bretzelbourgeoise, sous les mains expertes du Dr Kilikil, l'histoire... S'arrête.
Oui, à l'époque de la prépublication du meilleur Spirou de tous les temps, Franquin est tombé malade. Spirou ne le motivait malheureusement déjà plus, et, pour ne pas se surmener, il n'a pendant un an pondu que ses pages hebdomadaires de Gaston Lagaffe.
Pourtant c'est loin d'être une histoire inachevée, et c'est en 1997 que Franquin est malheureusement décédé. (Paix à son âme.) Eh bien, un an après la maladie de Franquin, la prépublication de l'aventure reprend, accompagnée d'un résumé de circonstance.
Cette BD tire avant tout sa force de ses protagonistes : Entre un Marcelin Switch qui propose une alternative tout à fait inédite à l'éternel Fantasio, un Dr Kilikil aux tortures improbables, un Spip qui n'aura jamais été aussi présent dans un seul album de Franquin, ou encore un Marsupilami dont l'utilisation dans le récit est dosée à la perfection, on n'a pas le temps de s'ennuyer. À côté de ça, on peut remarquer que c'est la seule aventure complète de Spirou depuis Spirou et les héritiers qui n'utilise (en dehors du Marsu, certes) absolument aucun évènement des aventures précédentes, donnant au récit un souffle particulièrement frais et nouveau.
Enfin, pour l'anecdote, Gotlib a déclaré que sa case préférée de tout Spirou provenait de cet album. Gotlib. L'un des monuments sacrés de la bande dessinée. Je pense qu'on peut le prendre au sérieux.
La réalisation de cet album a assez souffert, bien que paradoxalement ça ait permit à l'histoire d'atteindre le plus haut sommet de l'art à la Franquin.
D'une part, Greg mettait du temps à rendre le scénario. Franquin a été obligé d'improviser des gags basés sur le Marsupilami, qu'il a supprimé dans la version album pour que le nombre classique de pages reste. D'ailleurs le découpage est extrêmement bien fait, avec notamment six-sept pages résumées sur deux cases sans en souffrir aucunement. Grosse déception tout de même au fait qu'il manque quelques cases à la réédition de l'intégrale, empêchant du même coup de vraiment lire la bande dessinée dans son intégralité.
D'autre part bien sûr, la maladie de Franquin, qui a laissé à ce dernier du temps pour mûrir son contenu, puisque le scénario final n'a si j'ai bien compris que peu à voir avec ce que Greg avait prévu à la base.
Sinon, je suis dégoûté de la vie de savoir qu'une version intégrale limitée à 2000 exemplaires (Signés hein tant qu'à faire, histoire de justifier honteusement le prix) reprenant les planches originales a été publiée par Marsu Productions. J'aimerais beaucoup, beaucoup l'avoir. Seulement... Non seulement elle est actuellement introuvable, mais son prix de base dépasse les 100 euros. Sérieux, désolé mais là, je dois encore une fois accuser les méthodes surcapitalistes d'une maison d'édition qui n'a aucune âme. Oh et quand on le cherche en neuf sur des sites de vente en ligne, le prix minimum est bien souvent de 399 euros. Putain, cette injustice. On prive du lecteur lambda d'un pur chef-d'oeuvre pour le souci des caisses d'une maison d'édition qui a déjà plein de sous dans les poches. C'est immonde. Vous êtes immondes, gens de chez Marsu Productions.
À côté de ça, le travail fourni sur cet album me semble d'excellente facture. Outre les fameuses planches, toutes les illustrations possibles et imaginables basées sur l'album sont fournies.
Je le veux, putain. Mais d'une force.

De toute façon si vous n'avez qu'un seul Spirou à lire dans votre vie et si vous en avez l'opportunité, c'est bien de ce chef-d'oeuvre qu'il s'agit. Ne pas le lire serait juste criminel.


Volume 19 - Panade à Champignac
Ici, Spirou et Fantasio se modernisent, préfigurant déjà la période Fournier. Délaissant leur Turbotraction, ils optent pour une Honda. Spirou n'est désormais plus habillé en groom, ayant une veste rouge ouverte laissant apercevoir un pull en laine blanc. Toutefois, il continuera encore de nombreuses années à porter son fameux calot de groom, qui reste tout de même fortement symbolique du personnage. Certaines habitudes ne changent pas.
Panade à Champignac est la suite directe de L'Ombre du Z, déjà suite de Z comme Zorglub. Cet album a été retardé car l'éditeur, par pure connerie, avait dit à Franquin "Tu fais chier avec Zorglub, vtff on en a déjà pris pour deux volumes, c'était mieux quand tu faisais des trucs mignons genre Le Nid des Marsupilamis ou Le Voyageur du Mézozoïque." Ces deux albums étant loin d'être mes préférés, pour ma part je n'apprécie pas, et c'est peut-être aussi pour ça que je déforme un peu ce qui avait été dit à l'époque par un homme qui parlait très certainement de façon tout à fait correcte. Mais bon l'idée est là hein quand même.
Peyo et Gos sont crédités sur la couverture, mais de leur propre témoignage, ils n'ont pas fait grand chose, à part peut-être encourager un Franquin qui se démotivait à aller de l'avant. Jidéhem dessine les décors.
Cela étant, pour cette dernière aventure (La suivante a été publiée avant et Tembo Tabou ce sera pour plus tard), le style de Franquin se fait bien plus nerveux, très proche de ce que feront d'ailleurs Tome et Janry à leurs débuts.
Pour ce qui est de l'histoire : Suite à l'accident dont Zorglub a été la victime dans L'ombre du Z, Champignac a tout tenté pour soigner son ami. Le traitement à la zorglonde qu'il a mis au point a donné un résultat : Zorglub est mentalement un bébé de l'âge de huit mois. Alors que Spirou et Fantasio se proposent pour aider un Champignac que le poids des années semble avoir rattrapé, Otto Paparapap, ex-Zorglhomme qui reggrette le bon vieux temps, tente de kidnapper Zorglub !
S'ensuit une folle course poursuite, d'abord pour rattraper Zorglub, puis pour rattraper Paparapap. Bien entendu, ce dernier a l'avantage : il dispose de la formidable Zorglonde.
Dans cette aventure survoltée, tous les personnages s'en prennent plein la tronche, de Fantasio à Zorglub en passant par Spirou. Si quelques personnages secondaires sont épargnés, tous n'ont pas non plus cette chance ! Il n'y a qu'à voir Duplumier pour s'en convaincre. Le pauvre, la plupart de ses apparitions ne servent qu'à déclencher des gags dans lesquels c'est lui la victime.

Bravo les Brothers

Cette aventure reste une première dans la série. On considère là que Franquin a inventé la version Franco-Belge du crossover, dans une histoire mêlant habilement Spirou et Gaston. Chapeau bas, l'artiste.
Artiste qui nous parle justement d'un autre artiste, Noé, personnage qui réapparaîtra d'ailleurs au même titre que Zabaglione dans quelques volumes du Marsupilami. Mais je grille les étapes. L'histoire se base sur l'anniversaire de Fantasio. A peine arrivé à la rédaction de Spirou -ici on nous confirme enfin que Spirou et Fantasio travaillent bien pour le journal de Spirou, ce qui est légèrement contradictoire avec le poste de Fantasio pour le quotidien Le Moustique. On peut considérer que le fait que les deux héros travaillent à ce journal en particulier a beaucoup à voir avec la bande dessinée de Gaston, qui les faisait intervenir en tant que personnages secondaires. -Bien sûr si vous avez lu la version simple de Panade à Champignac, vous aviez déjà pu voir Spirou et Fantasio claquer littéralement la porte de la rédaction et partir précipitamment vers des "vacances" méritées.
Sitôt entrés, ils doivent faire face à une idée géniale de Gaston, consistant à offrir à Fantasio pour son anniversaire... Un trio de singes de cirque, les Brothers. Tandis que Spirou essaye de trouver le propriétaire des singes (Noé, donc), c'est le bordel dans la rédaction.
Le style nerveux de Franquin s'exprime ici totalement, il lui suffisait peut-être d'inclure un peu de son cher Gaston pour retrouver le moral ! D'ailleurs on pourra noter que Gaston fait également une apparition au début de Panade à Champignac. D'un autre côté, heureusement que Gaston n'a pas fait davantage d'apparitions dans Spirou, ça aurait pu déséquilibrer dangereusement la série.
Au final, du fait de leur unicité, les histoires impliquant Gaston n'en sont que plus géniales, et on ne va pas s'en plaindre. Merci Franquin.

Les Robinsons du Rail
Contenu quasiment inédit, cette histoire de Robinsons du Rail n'est pas une bande dessinée. Elle n'en reste pas moins une aventure de Spirou, de Fantasio, mais aussi de Gaston. Pour la deuxième fois, Gaston est un personnage principal au même titre que Spirou et Fantasio, donnant je pense la mesure d'un Franquin qui, ayant perdu toute motivation sur le groom, préférait se concentrer sur "le premier héros-sans-emploi de la BD".
Si ce n'est pas une BD, qu'est-ce donc que ce récit ? C'est un feuilleton, publié à la base parce que la SNCF cherchait quelqu'un de connu pour lui faire une pub par le biais d'une BD. Les circonstances qui ont amené Jidéhem, Delporte et Franquin à plutôt pondre un authentique bouquin illustré sont développées dans la fameuse intégrale que vous vous devez d'acheter maintenant que vous savez à quel point elle est épique.
Pour ce qui est de la SNCF, elle n'a pas du tout été satisfaite ! Pensez donc, un train qui déraille, quelle hérésie ! Cela dit, ça n'empêche pas de retrouver Spirou (Pas de Marsupilami ou de Spip ici mais qu'importe), dans le drame le plus total : Cinq personnes -incluant Fantasio et Gaston, bien entendu- sont en effet enfermées dans un train nucléaire sans conducteur et qui est parti pour rouler un an sans s'arrêter !
Le récit montre énormément d'humour, et sa construction est très logique. Une seule ombre au tableau, ombre venant d'ailleurs de la construction de l'histoire : Régulièrement, elle est ponctuée par de petits paragraphes de résumés, justifiés par le fait que cette aventure, à l'origine, a été publiée au format feuilleton.
En tout cas, pour la deuxième fois, Franquin et ses scénaristes allient l'exubérance de Gaston et le sérieux de Spirou pour un cocktail détonant, qui ne laissera personne indifférent. Cette aventure est un cas à part dans la série et se déguste comme une délicieuse curiosité. Dommage qu'il ait fallu attendre tant d'années pour cette réédition, car ça vaut amplement le coup !

Volume 24 - Tembo Tabou
Le tout dernier Franquin est paru au beau milieu des Spirou de Fournier. Toutefois, Tembo Tabou a été publié dans le journal de Spirou à peine juste après le tout premier Spirou de Fournier. En tout cas, c'est la dernière BD de Franquin concernant Spirou. The last, en compagnie toutefois de Greg (Qui contribuera aussi aux deux premiers volumes du Marsupilami) et de Roba. Le style graphique se rapproche plus d'anciens Spirou, nous présentant une nouvelle fois Spirou dans sa tenue de groom intégrale alors que Fournier avait déjà embrayé la modernisation du personnage sur les traces de son prédécesseur.
Franquin revient à ses premières amours en nous livrant une aventure Africaine un rien colonialiste. Depuis le volume 9 déjà, Spirou et Fantasio n'avaient pas eu l'occasion de remettre un pied sur ce continent, eh bien les y voici pour une nouvelle aventure, dans laquelle ils sont à la recherche d'un journaliste Américain mystérieusement disparu. Après les rhinocéros aux cornes jaunes, ils vont avoir affaire à des éléphants de couleur rouge, ce qui, comme Fantasio le relèvera très justement, est impossible.
Spirou et Fantasio découvrent par la suite que de viles canailles maltraitent des pygmées pour chopper de l'or, et vont donc intervenir pour empêcher l'odieux trafic.
Une fois de plus, c'est l'occasion pour Franquin de nous montrer sa maîtrise totale, tant du scénario que du dessin. Ce qui aurait pu être une histoire anecdotique a un rythme scénaristique excellent. Une fois de plus, gags et aventure s'entremêlent pour former un tout harmonieux. Après, je trouve que ce qui fait la force de cette histoire, c'est avant-tout les pages qui se passent dans une zone infestée de plantes carnivores : Là où d'autres auraient fait des plantes carnivores "normales", Franquin dessine des plantes humanisées et voraces, capables de bouffer tout et n'importe quoi. Leur jardinier couvert de pansements est également un excellent personnage qui, au même titre que tous les autres, apporte de la valeur à une histoire qui n'en manque certes pas.

La Cage
Ceci n'est pas une aventure de Spirou. C'est une histoire courte du Marsupilami introduisant un nouveau personnage, Bring M. Backalive, qui deviendra par la suite récurrent dans la BD du Marsupilami, mais aussi dans le dessin animé qui, tout pourri qu'il soit (Et je vous assure qu'il est pourri, mais bon, ça reste moins pire que la version Disney de 1993 qui elle est totalement à chier), a au moins le mérite d'avoir ce personnage parmi ses protagonistes.
Backalive, c'est donc un chasseur, qui a pour objectif de capturer les animaux les plus rares possibles et imaginables. Le voilà déjà triomphant, le bébé noir du Marsupilami (Celui du Nid des Marsupilamis) en sa possession. Et puis en fait non : Le Marsu débarque pour le maraver sévère.
Une histoire courte sans prétention qui pose tout de même les bases de la future série du Marsupilami et qui est remplie de gags visuels, à la manière des gags en une planche du Marsupilami qui achèvent cet album.

Marsupilami 0 - Capturez un Marsupilami ! (Chez Marsu Productions)
Oui okay ce n'est pas un Spirou. Cela dit, ça reste du Franquin. Avec Spirou dedans. Du coup j'en parle quand même. Il faut cependant savoir qu'une partie des histoires courtes publiées dans cet ouvrage l'ont déjà été dans des volumes de Spirou. La liste des histoires en question :
Touchez pas aux rouges-gorges (La Mauvaise Tête)
Fantasio et les patins téléguidés  (Spirou : Hors-série 4)
Le siphon (Spirou : Hors-série 3)
La Cage (Tembo Tabou)
La moitié des gags en une planche (Tembo Tabou également)
Notons toutefois que la plupart de ces rééditions ont subi des retouches au niveau de la couleur, les rendant plus agréables à lire; je pense notamment à La Cage.
Au passage, je me demande VRAIMENT ce que Les patins téléguidés et Le sipon foutent là. Le Marsupilami est certes le moteur des gags de ces deux bandes dessinées, mais elles n'en restent pas moins avant tout des aventures de Spirou, dans lesquelles le Marsupilami n'a une importance que relative. Je développerai de toute façon ces deux histoires dans leurs hors-séries respectifs quand nous y serons parvenus.

Les histoires vraiment inédites sont donc les suivantes :
Le Marsupilami descend sur la ville
Ce récit prend place aux touts débuts de Spirou, à la période où le Marsupilami logeait chez le comte de Champignac. Récit en trois pages quasiment muettes donc, dans lesquelles le Marsu fait une virée en ville et saccage tout avec l'aide d'une tondeuse à gazon. Amusante, l'histoire bénéficie de plus d'une chute comique de haute voltige !

Noël d'un bagarreur
C'est un peu un miracle de Noël que le Marsupilami nous offre là. Cette bande dessinée fait référence à Touchez pas aux rouges-gorges, démontrant une fois de plus un gros fail de la part de Marsu Productions, qui fout Noël d'un bagarreur AVANT Touchez pas aux rouges-gorges en dépit TOTAL du bon sens le plus LOGIQUE. Tout comme Touchez pas aux rouges-gorges, cette histoire courte de deux pages souffre du volume beaucoup trop important de texte, alors qu'une voix-off ne se justifie absolument pas. On sent encore que Franquin en est à ses débuts, alors que dans ses derniers chefs-d'oeuvre sur Spirou la quantité de texte de narration est justement largement diminuée par rapport à ce que ça a été, contribuant paradoxalement à rendre la narration de Spirou beaucoup plus riche... Puisque la narration d'une BD passe aussi par son image.

La bûche de Noël
Une histoire courte du Petit Noël ! On y apprend au passage que Dupilon, en plus d'être ivrogne, exerce théoriquement le métier de pharmacien.  En dépit de tout sens de la chronologie, décidément manquant chez les incapables de Marsu Productions, cette  histoire de Noël ou une fois de plus le Marsupilami fait un miracle (Décidément c'est dans sa nature d'être gentil) se déroule avant la précédente, alors que le Marsu fait justement une escapade hors du château de Champignac. C'est l'occasion pour lui de rencontrer le petit Noël, avec qui il deviendra rapidement très ami ! D'ailleurs, on peut donner à la disparition du Marsupilami des aventures de Spirou une explication beaucoup plus poétique que "Franquin a voulu garder sa licence jusqu'au jour où il a été faible et il a dit 'ok je veux bien la vendre'" : Ne serait-il pas possible que, las des aventures du duo, le Marsu ait tout simplement décidé de passer son temps avec Noël ? La question est digne d'être posée !
Les deux pages sont beaucoup plus remplies que les autres histoires courtes de deux pages qu'on a pu lire jusque là. Finalement la présence humaine y est pour beaucoup, une histoire qui repose tout son intérêt sur le visuel et une narration trop lourde (Genre l'histoire qui précède, quoi) est beaucoup plus lourde à lire qu'une histoire comme celle là, qui, malgré le fait qu'elle ne dure que deux pages, réussit à présenter de nombreux rebondissements, ainsi qu'une happy end vraiment sympathique. C'est juste dommage que l'effronté qui maltraite le petit Noël ne se mange pas un coup du Marsu, là ce serait vraiment parfait.


Capturer un Marsupilami
Suite directe de La Cage, seconde apparition donc de Bring M Backalive, dont l'objectif dans la vie consiste toujours à, comme le titre l'indique de toute façon, capturer un Marsupilami.
L'ensemble de l'histoire fait de l'humour très corrosif, du même type que ce qu'on retrouvera dans les Idées noires.

Une moitié des gags en une planche (Les autres étant déjà disponibles dans Tembo Tabou)
On peut notamment lire la rencontre entre le Marsupilami et Tarzan, qui reste l'un des plus gros wins du Marsupilami, si ce n'est le plus gros. Les gags inédits se concentrent pas mal sur le Petit Noël, même si Spirou fait également quelques apparitions. Bon okay, une seule par rapport à Tembo Tabou, mais bon bref.

Spirou et Fantasio par Fournier
Volume 20 - Le faiseur d'or
Le passage de Franquin à Fournier se fait littéralement en douceur. L'évolution du personnage initiée par Franquin dans Panade à Champignac est reprise de la façon la plus naturelle possible, Zorglub loge toujours au château de Champignac, où il s'amuse gentiment avec le Comte, et surtout, Franquin permet pour cette histoire l'utilisation du Marsupilami, qu'il dessine lui-même.
Cette histoire permet aussi à Zantafio de faire un retour remarqué sur le devant de la scène, mais aussi une sortie lui ménageant d'éventuelles nouvelles apparitions pour la suite.
Quant à l'histoire, eh bien ça commence avec le Comte de Champignac qui déclare à la télévision connaître l'actuel possesseur du livre de Nicolas Flamel, donnant de précieuses indications pour la conception d'une machine à faire de l'or. Résultat ? Intéressé, le vénal Zantafio enlève le Comte !
Après une vingtaine de Franquin, le changement de style graphique peut perturber. La présence du Marsupilami dans ce premier album aide vraiment à faire la transition, et pour ça on peut remercier Franquin de sa participation. La charte graphique des personnages, lieux et objets, se base sur Panade à Champignac. D'ailleurs la transition scénaristique est vraiment épatante : Fournier reprend le fait que Spirou conduit désormais une Honda, que Zorglub vit à Champignac avec le Comte (Cet élément ne sera malheureusement pas repris par Tome et Janry), et se permet même une référence directe au volume précédent. On sent une réelle volonté de la part de l'auteur de vraiment faire une transition ne bousculant pas les habitudes de la série, et ce passage est réussi !  

Un Noël clandestin
Histoire courte de Noël qui fait référence à l'aventure qui la précède. Un gentil gosse de riches et son ami SDF partagent un gâteau avec Spirou et Fantasio. C'est mignon et plein de bonnes intentions, et on peut surtout noter que Fournier commence à prendre le personnage de Spirou en main : Certes, c'est un détail minime, mais à partir de là, Spirou ne porte plus ses gants de groom. Sinon globalement, de toutes les histoires de Noël publiées, c'est je pense celle-ci la meilleure.

Le champignon nippon
Histoire courte de cinq pages ?... Pas si sûr. Cette construction scénaristique est très bancale, mais nous avons affaire ici au prologue du volume suivant, Du glucose pour Noémie. Ça reste surtout pour Fournier le moment d'introduire d'authentiques créations qu'il pourra réutiliser au gré des albums qui vont suivre. À titre personnel, je préfère largement l'univers développé par Fournier que l'univers développé par Franquin, d'où une préférence globale pour cet auteur, bien que mon Spirou préféré ever reste QRN sur Bretzelburg de Franquin.
Un certain Itoh Kata convoque Spirou et Fantasio à Kotyo, ville Japonaise fictive (On parodie ici les noms de Tokyo et de Kyoto, donc) où il réside. L'honorable vieil homme annonce aux deux héros qu'il les charge d'une mission consistant à rapporter au Comte de Champignac, étant donnée sa profession de mycologue, un champignon mystérieux aux propriétés encore inconnues mais dont la légende assure qu'il apporte force et puissance à son possesseur, le Kuko Jomon. Le truc c'est que le Triangle, organisation criminelle internationale, veut s'emparer du champignon !
En quelques pages, le décor est planté et un plot twist terrible plante le décor du volume suivant.

Volume 21 - Du glucose pour Noémie
Suite donc de l'histoire initiée par le champignon nippon. Spirou et Fantasio se font courser par le Triangle qui veut la boîte que Itoh Kata leur a remise. Après une suite d'évènements rocambolesques, c'est Itoh Kata, arrivé entretemps en France, qui se fait enlever par le Triangle !
L'album se divise ensuite en deux parties : D'une part, une course poursuite incluant une locomotive folle, plus folle encore que celle des Robinsons du Rail; d'autre part la découverte que font le Comte et Itoh Kata par rapport au Kuko Jomon. Et quelle épatante découverte ! Utilisé convenablement, ce champignon produit énormément d'énergie ! Les deux mycologues s'associent donc pour en faire... Un moteur de voiture ultra-performant, n'ayant aucun besoin d'essence pour fonctionner. C'est au sucre que carbure Noémie, une vieille voiture des années 30, qui est directement dérobée par un membre du Triangle. S'ensuit donc une nouvelle course-poursuite.
Dans cette aventure, on ne s'ennuie pas une seule seconde. L'action prime certes, mais quelques gags parviennent à se détacher agréablement, pour faire un cocktail tout à fait appréciable et surtout dynamique, démontrant que Fournier est définitivement le digne successeur de Franquin.

Longue vie au Triangle !

Un faux départ
Histoire courte de deux pages. Spip, en bon rebelle, décide de quitter la maison. Finalement, il foire. La chute est prévisible, y a rien à raconter sur ce récit.

Volume 22 - L'abbaye truquée
Charles Atan et son acolyte Renaldo font irruption chez Spirou et Fantasio, où Itoh Kata se trouve justement. D'entrée de jeu nous sommes prévenus, ces deux personnages sont "ces messieurs du Triangle". De surcroît, Atan n'est autre que le numéro 1, qu'on n'avait pas eu l'occasion de voir dans le volume précédent.
Le Triangle, hyper diminué suite aux évènements du volume précédent, souhaite s'adjoindre les deux héros en qualité de membres, et pour cela... Quoi de mieux qu'enlever Itoh Kata ? La majeure partie du récit se passe dans l'abbaye de Peigneboeufs-les-choux, un village fantôme. L'abbaye, qui recèle de nombreux dangers, a été réquisitionnée en qualité de nouveau QG par les malfrats.
Ce Spirou a été mon premier contact avec les Spirou de Fournier. Me souviens pas ce que j'en avais pensé à l'époque, ce qui m'a marqué c'est que j'étais pas foutu de prononcer "abbaye" correctement et que mon père me reprenait à chaque fois que je disais "abeille".
Cette bande dessinée est pour Fournier l'occasion de développer beaucoup plus Itoh Kata, en particulier le fait qu'avant de s'intéresser aux champignons, le Nippon était un célèbre illusionniste. C'est aussi une occasion d'alterner les scènes d'action et le comique de situation. Il n'y a guère que la fin qui puisse être discutable.

Pour l'anecdote, dans cet épisode, la Honda finit par être totalement hors d'usage. Aussi, après les quelques volumes "exotiques" qui vont suivre, nous verrons le duo au volant d'un nouveau bolide.

D'un côté, le fait qu'Atan et Renaldo s'en sortent aurait pu être réutilisé par la suite mais ne l'a pas été fait; d'un autre côté Spirou, Fantasio et Itoh Kata tombent une deuxième fois dans un piège idiot pour lequel ils se sont déjà faits avoir au début de l'album.
Notons aussi une petite incohérence idiote : Spirou a pour quelques cases le visage rempli d'encre, et elle finit par disparaître toute seule alors qu'il n'a vraisemblablement pas eu le temps de se nettoyer. C'est idiot. Y a aussi un petit défaut textuel à un moment donné; ça ne nuit pas à l’œuvre mais ça donne pas l'impression qu'y avait un relecteur derrière, m'enfin...
Un très bon Fournier plein de rebondissements donc, mais une preuve aussi que le style de l'auteur reste encore très perfectible. De façon tout à fait opportune, il va effectivement se perfectionner par la suite !

Volume 23 - Tora Torapa
Tora Torapa marque un peu la fin d'un cycle : Pour la troisième et dernière fois consécutive (Heureusement, notez, une quatrième fois aurait je pense été de trop), on revoit Itoh Kata ainsi que le Triangle. (Oui, j'ai décidé que le champignon nippon ne pouvait décemment pas compter pour une fois, étant donnée sa ridicule durée de cinq pages) C'est d'ailleurs assez malin de la part de Fournier de nous avoir pondu une trilogie basée sur un réseau mafieux au nom aussi... Évocateur. 
Mais Tora Torapa, c'est aussi une occasion de mettre Zorglub sur le devant de la scène : Enlevé par le Triangle, il finit par accepter d'adhérer à leur cause qu'ils présentent comme noble : Fabriquer un émetteur pour rassembler le plus possible de moustiques et les tuer en une seule fois. Sauf qu'en fait non, le Triangle, dirigé cette fois par le redoutable Papa Pop, a un plan beaucoup plus machiavélique que ce que les apparences pourraient laisser penser ! Un plan consistant à injecté du curare dans les glandes salivaires des insectes...
L'histoire se situe donc principalement à Tora Torapa, île Polynésienne proche de Papa Lapavu.
Fournier en profite pour introduire à l'univers de son Spirou un nouveau personnage, Ororéa, photographe Polynésienne résidant habituellement en Europe, et qui aura bien d'autres occasions d'apparaître dans les aventures de Spirou par la suite. C'est un peu l'alternative de Fournier à Seccotine, à ceci près que c'est un personnage au caractère beaucoup plus sympathique que sa consoeur journaliste.
Enfin, dans la collection "Franquin prend en main le personnage", à partir de cet album les cheveux de Spirou prennent de l'épaisseur et se font légèrement et progressivement plus longs sur la nuque, offrant une coupe plus proche de ce qui était à la mode à l'époque.
Avec un scénario mieux maîtrisé que les volumes précédents, des personnages énormes (On n'oubliera pas de si tôt le chauffeur de bus Polynésien peinard, et encore moins Papa Pop et sa troupe de sbires) et une mise en scène de qualité, Fournier signe là l'apogée de la trilogie Triangle.


Volume 25 - Le gri-gri du Niokolo Koba
Bon voilà, à ce jour c'est la dernière aventure Africaine publiée de Spirou, juste après un Tembo Tabou qui se déroulait également en Afrique. Enfin, pour être totalement juste, l'un des Spirou de Nic et Cauvin se passe en partie en Afrique centrale, mais bon, j'ai pas la foi de considérer que c'est une aventure Africaine. Pour une fois, l'album se montre résolument moderne et si, par quelques détails, les Sénégalais pourraient se sentir légèrement bafoués, la situation d'ensemble de l'album est beaucoup moins typée colonialiste que les albums précédents, bien qu'on ressente toujours une très légère influence colonialiste, faut pas déconner non plus.
Amélioration tout de même par rapport à Franquin, cet album débute et se déroule principalement au Sénégal, c'est-à-dire un pays pas du tout fictif. Autre apport bienvenu, direct d'entrée de jeu le premier Sénégalais avec lequel le lecteur entre en contact, Tuté Tougouré (Fournier frappe fort avec des noms encore plus débiles que ceux des protagonistes et lieux de Tora Torapa), bosse pour l'Unesco. Obligé d'écourter ses vacances suite à l'intrusion d'un vil félon chez son cher oncle, il se rend en France et, poursuivi par ce même malfrat, se précipite dans un taxi très commodément employé par Spirou et Fantasio.
Un diamant magique déjà utilisé dans la première page fait disparaître le brave homme, qui a à peine eu le temps de dire aux deux héros d'emporter le gri-gri qu'il a sur lui à Mansa Moussa au Niokolo-Koba. Ne tardant pas à apprendre que c'est un parc national Sénégalais, Spirou et Fantasio, après une houleuse discussion, finisent par se mettre en route, traqués par des gens qui veulent fort logiquement mettre la main sur le bibelot. Pendant ce temps, un nombre hallucinant d'animaux disparait mystérieusement de la réserve... Une deuxième fois, l'aide d'Ororéa ne sera pas de trop !
Chose un peu chiante avec Fournier, que l'on pouvait déjà remarquer dans les albums précédents et qui semble s'intensifier avec le temps, la narration extérieure : Les boîtes de voix-off ont beau être sympa, leur style peut déranger. Mais ce qui me perturbe le plus, c'est cette fâcheuse tendance à remplacer les "plus" par des "+", qui n'ont rien de littéraire et qui n'ont d'ailleurs absolument rien de naturel.
Pour ce qui est de l'album en lui-même, c'est le genre à ne pas m'avoir profondément marqué quand je l'ai lu. D'un autre côté, il reste honnête et introduit dans Spirou une nouvelle dimension qui va être encore plus développée dans les deux albums suivants : Le surnaturel.


Volume 26 - Du cidre pour les étoiles
L'Internet m'a permis de déterminer que dans cet album, c'est au volant d'une Lotus Europa, voiture relativement luxueuse, que Spirou et Fantasio se rendent à Champignac, qui est ces temps-ci paniqué par une "vague d'OVNI".
Ce Fournier aventure donc Spirou pour la première fois dans un chemin qu'il reprendra à plusieurs reprises, le chemin de la science-fiction. D'autres s'y sont risqués avant/après lui, certes. Le plus mauvais exemple est l'immonde, le blasphématique, l'affreux dernier tome des Astérix, Le Ciel lui tombe sur la Tête. J'avais d'ailleurs prévu de faire un billet détaillant page par page (y aurait de quoi s'amuser tiens) les nombreux fails auxquels cet Astérix est confronté, mais j'ai paumé le bouquin. Bon, d'un autre côté tant mieux, j'aurai pas à relire ce joyau de la bouse qui n'est sauvé de la cheminée que par l'absence de cheminée chez moi, c'est toujours pas plus mal.
Le passage de Tintin à la science-fiction est relativement discutable, Vol 714 pour Sydney est un album de qualité, mais les passages concernant les extraterrestres ont un petit je ne sais quoi qui les rend perfectibles.
Blake et Mortimer avec la science-fiction ? Aucun problème, cette bande dessinée est parfaite pour recevoir de la science fiction que je qualifierais de "réaliste".
Enfin, les épatantes aventures de Jules d'Émile Bravo sont par définitions des bandes dessinées contenant de la science fiction, du premier au dernier volume, quoique le volume 3 reste le plus terre-à-terre. Qu'en conclure ? Bah que la science-fiction peut s'incorporer à peu près n'importe où tant que le contexte est bon. Et pour en revenir à Spirou, s'il n'en était pas encore arrivé à rencontrer des extraterrestres, il avait tout de même déjà vécu des aventures surnaturelles, rappelez-vous Spirou et les petits formats, ou encore le Voyageur du Mézozoïque ! Et bien sûr, à ces bandes dessinées s'ajoutent le Prisonnier du Bouddha, ou encore les deux volumes consacrés à Zorglub, qui donnent la part belle aux inventions futuristes. Enfin, ce n'est pas non plus le premier contact de Spirou avec le surnaturel, puisqu'il revient tout juste d'une aventure incluant des objets Sénégalais aux pouvoirs phénoménaux...
Pour en revenir au scénario, il s'avère que ces fameux extraterrestres, les Ksoriens, qui font flipper tout Champignac, sont en stage de mycologie auprès du Comte. Tout irait bien s'ils n'avaient pas goûté au cidre, dont ils sont devenus totalement accros ! Alors que leurs intrusions dans la vie paisible de Champignac sèment la panique, un trio de malfrats à l'accent plus ou moins Russe récupère l'un de leurs vaisseaux puis enlèvent l'un des leurs ! Spirou va devoir se presser, car c'est surtout contre la montre que se joue cette aventure.
Plus que jusqu'à présent, le style graphique de Fournier sur la série s'affine et lui devient propre. Au risque de blasphémer l'ensemble des fanboys de Franquin ou de Tome et Janry, c'est ce style mon préféré. Celui qui, sans s'éloigner des canons de la BD Spirou apportés par Franquin, se sera permis le plus d'innovations intéressantes, à la manière d'un Pokémon Or par rapport à un Pokémon Bleu.


Volume 27 - L'ankou
Ororéa et Itoh Kata sont tous deux de la partie pour la seule et unique aventure de Spirou se déroulant en Bretagne (Plus exactement au Finistère, aux Monts d'Arrée). Dommage, la région est pourtant suffisamment intéressante pour avoir un potentiel de scénario élevé, mais bon, les auteurs sont un peu bébêtes, voilà, il a fallu attendre un auteur originaire de cette région pour avoir une BD s'y déroulant. Et une BD qui réutilise le folklore local, en plus. Y a qu'à voir le titre, déjà pas mal évocateur du coin le plus épique du pays de l'hexagone, à part la Japan Expo mais ça compte pas. Fournier a fait une autre BD Bretonne, courte, mais ça c'est pour l'un des deux hors-série que j'ai pas encore traités. Donc vous allez encore devoir attendre. Eh oui, c'est comme ça, je suis vil.
Ororéa invite donc Spirou et Fantasio a un colloque de magiciens, qui sera l'occasion de retrouver Itoh Kata, mais aussi de faire la connaissance de toute une troupe de magiciens : Retros Athana, Al Kazar, et le père Cappucino. Des personnages assez travaillés, même si le meilleur reste Al Kazar avec sa fâcheuse manie d'ajouter "si j'ose dire", "en quelque sorte" ou les deux expressions à la grande majorité de ses phrases. Sitôt arrivés, Spirou et Fantasio se lancent à la recherche d'Ororéa, qui n'a plus donné signe de vie depuis cinq heures... Et sur le chemin, rencontrent l'Ankou, créature légendaire de mauvais augure qui informe les humains de leur mort. Ce valet du surnaturel décide de confier à Spirou et Fantasio son problème : La centrale nucléaire installée à deux pas lui bousille son boulot : En effet, un produit dangereux, le thyrinum 2000, y est mis au point. Quoi de mieux pour réduire des vies en miette ? Quoi de mieux... Pour empêcher l'Ankou de bosser ? Il accorde d'ailleurs son soutien à deux vandales qui essayent de s'emparer de l'infect produit radioactif !
 Dans cette aventure, Spirou et Fantasio changent encore de voiture pour une Renault 5 rouge; il n'est pas impossible que la voiture précédente n'ait été utilisée que dans le cadre d'un test pour une rubrique automobile, quand on sait que Spirou et Fantasio sont coutumiers des essais de voiture. (Cf La Quick Super et la scène finale de QRN sur Bretzelburg)
Ou alors Fournier est un indécis automobile, à vous de voir.
En tout cas, on a droit à une aventure rythmée, qui baigne dans le surnaturel et les coups de théâtre. Au fil de la lecture, on reste un peu perplexe face à un Ankou qui, finalement, ne veut que préserver son existence, et au final on finit même par trouver sympathique ce personnage unique et particulier dans toute l'histoire de la série.
Il reste encore deux albums de Fournier avant le changement d'auteur, mais il semble bien que cet album, du fait que les centrales nucléaires sont un sujet sensible, ait accéléré le renvoi de Fournier de la série, qu'il maîtrisait pourtant tout à fait. Dommage, tout de même.


Volume 28 - Kodo le tyran
Après Franquin, Fournier s'essaye également au diptyque pur et dur. Kodo le tyran est le premier volet d'une aventure en deux parties; la deuxième étant sa suite, Des haricots partout.
Le Çatung est un petit pays Asiatique coupé du monde. Il est dirigé d'une poigne de fer par Jataka Kodo, président à vie, dictateur terrible, qui applique la peine de mort sans aucune pitié sur tous ceux qui l'importunent, y compris les rares étrangers qui essayent d'entrer dans le pays.
Ce pays commence à inquiéter ses voisins : Nul ne sait d'où il tire ses ressources, mais il a suffisamment de moyens pour se procurer des armes en quantités imposantes, ce qui inquiète bien sûr énormément les voisins du petit pays.
En bons journalistes de l'extrême, Spirou et Fantasio sont envoyés pour faire un reportage sur ce pays ultra fermé ! Et là, ça se gâte. Nos protagonistes sont séparés. Fantasio est contraint de jouer le rôle de l'inspecteur général d'une mystérieuse Organisation tandis que Spirou, après avoir été capturé par les forces de l'ordre locales pour interrogatoire, s'échappe et trouve refuge auprès des rebelles. Chacun de leur côté, Spirou et Fantasio apprennent que le Çatung est en réalité un immense pavot à opium.
Cette première partie introduit efficacement les personnages et le contexte politique du Çatung. Compte tenu de la longueur permise par le diptyque, il prend vraiment le temps de s'attarder, et c'est tant mieux. Bien calibrée, une histoire en deux parties se lit normalement sans jamais se lasser; c'est le cas ici. Donner à Fantasio la liberté d'agir seul est également une façon particulièrement intéressante de mettre en valeur le personnage, même si ce dernier a déjà eu beaucoup de moments de gloire dans l'ensemble des Spirou qui ont précédé. Ici plus que jamais, cependant, le récit donne la part belle à Fantasio, éclipsant le plus souvent le groom


Volume 29 - Des haricots partout
Contrairement à Franquin dans L'ombre du Z, Fournier démarre par un résumé de l'épisode précédent. Il faut dire que contrairement à L'ombre du Z qui ne présentait pas de plot twist nécessitant un résumé, Kodo le tyran était plein de rebondissements. Le début de l'album est également implanté en deuxième moitié de ce fameux résumé.
Nous savons à présent les détestables pratiques de Kodo. Cependant, c'est le moment pour Spirou et Fantasio, qui finissent enfin par se rejoindre, de préparer la contre-offensive des rebelles ! C'est tout naturellement vers le Comte de Champignac qu'ils se tournent pour trouver de quoi remplacer la culture d'opium... Il leur propose de spécialiser le pays dans la culture des haricots, et c'est grâce à l'intervention de l'OMS qu'une opération d'ENVERGURE va être réalisée afin d'en finir avec le dictateur !
Contrairement à l'album précédent, l'équilibre s'inverse : On voit beaucoup plus Spirou que Fantasio, ce qui crée un équilibre entre les deux albums.
La contre attaque contre le Çatung est en tout cas efficace. Grâce au soutien de la planète, le projet de libération aboutit de la façon la plus épique possible ! Petite déception sur la toute dernière page, qui montre une fois encore que Fournier a parfois du mal avec la narration. La chute est drôle et de qualité, oui, mais je pense qu'elle aurait pu être amenée de meilleure façon.


Spirou et Fantasio par Nic et Cauvin

Il fallait bien que ça arrive... Fournier quitte la série et la laisse entre les mains de Nic Broca et de Raoul Cauvin. Notons tout de même que c'est le premier duo qui officie sur la série, mais certainement pas le dernier. Surtout que l'aventure ne va durer que le temps de trois albums. A ce jour, ça reste les auteurs qui auront le moins duré de tout Spirou. Et honnêtement... On ne va pas s'en plaindre. L'humour caustique de Cauvin ne colle pas du tout à l'esprit Spirou; quant à Nic Broca... Euh. Ce dessinateur sort un peu de nulle part, pour le coup. D'après Wiki, il n'a fait qu'une seule chose dans sa vie à part Spirou, un truc appelé "Les Snorky"... Chose triste pour ce dessinateur toutefois, que j'aurais bien aimé lire dans un autre contexte que Spirou, apparemment il est mort assez tôt. Il aura vécu par exemple beaucoup moins longtemps qu'un Franquin né en 1924 et éteint en 1997.
Il n'en reste pas moins que son travail sur Spirou est franchement décevant comparé à l'ensemble des autres auteurs. Le pire, je pense, ça reste que Spirou et Fantasio ont DES CERNES MOCHES SOUS LES YEUX O_O C'est quand même pas des geeks ?
Pour en revenir au scénario, Dupuis a imposé des limites totalement connes aux auteurs; ainsi ils ont dû faire un Spirou qui ne reprenait aucun élément des Spirou précédents. Pas de Champignac donc, ni de copropriété entre Spirou et Fantasio. D'un autre côté, on peut aussi considérer que Nic et Cauvin ont repris le premier domicile de Spirou tout en laissant Fantasio dans la maison en principe occupée conjointement par les deux protagonistes. 
Gros défaut du Spirou vu par Nic et Cauvin : Inévitablement, le seul trait de caractère retenu de Fantasio est son côté inventeur catastrophique et gaffeur chronique, le rendant totalement antipathique et chiant alors qu'il est sensé être un super sidekick. Bien sûr son côté gaffeur catastrophe aurait pu être utilisé correctement, mais ce n'est même pas le cas, dans ces BD il est juste ridiculisé de façon purement gratuite. Ce n'est pas la seule raison bien sûr, mais c'est surtout pour ça que je hais la partie Nic et Cauvin des aventures de Spirou, même si d'un autre côté il y a eu pire.
En tout cas, le premier volume de Nic et Cauvin débute alors que Spirou et Fantasio sont en vacances...


Volume 30 - La ceinture du grand froid
Et déjà les auteurs nous montrent toute la haine qu'ils ont envers Fantasio. Même Spip le traite de tous les noms, tandis que dans L'Ankou (de Fournier donc) il rageait de toute la force de son âme parce que le grand escogriffe avait été enlevé. Fantasio donc a acheté un petit bateau totalement pourri et y a investi toutes les économies que possédait le duo.
Finalement ils commencent à naviguer, mais déjà un imprévu se profile : Ils se retrouvent dans une zone remplie de neige et d'icebergs. Pour couronner le tout, Fantasio voit soudain un homme qui marche sur l'eau. Il se présente : Jefferson Singelway. Avec deux autres scientifiques, Borris et Karl, il est réfugié sur une île montée de toute pièce et protégée par cette fameuse ceinture du grand froid. Ils cherchent à se protéger en effet, de tous ces gens qui veulent utiliser leur grand pouvoir scientifique afin de faire le mal. Et justement, ces gens ne sont pas très loin...
Un album donc hautement inintéressant où Fantasio se fait remarquer de façon tout à fait négative. Cette phrase marche aussi pour les deux volumes suivants, notez. Une invention tout de moins de cet album est particulièrement géniale, à savoir les semelles qui permettent de marcher sur l'eau. C'est bien le seul truc qui ne soit pas à jeter des BD de Nic et Cauvin...
La bande dessinée laisse un peu de suspense au travers d'une mystérieuse boîte noire et s'achève de façon tout à fait foireuse.

Volume 31 - La boîte noire
La première page de cette BD apporte tout de même une modernisation intéressante qu'on retrouvera aussi chez Tome et Janry : Spirou en moto !
Cette fois, Spirou va chez Fantasio, dont la voisine irritable ne sont pas sans rappeler la concierge du premier appartement du Spirou de Franquin. Mais bon, on peut pas s'empêcher d'avoir envie de fusiller Dupuis sur le principe "Reprenez sans tenir compte de ce qui précède", parce que du coup voir les voisins s'étonner d'un Spirou sonnant chez Fantasio euh c'est totalement con.
En tout cas, avec l'aide de la fameuse boîte noire, Fantasio a pondu un appareil volant, le Fantajet. Il a aussi pondu un appareil permettant de communiquer avec les trois scientifiques rencontrés dans le précédent ouvrage. Les méchants vilains pas beaux kidnappent Fantasio et s'arrangent pour récupérer a boîte noire en échange de ce dernier... La boîte noire se retrouve en Afrique Centrale, où se rend sans plus tarder le duo.
Et là, défaut de mise en page impardonnable, une bulle qui ne peut être dite que par Fantasio est dite par Spirou. Oui, oui, dans une BD de mauvaise qualité, ce genre de truc est impardonnable.
En attendant, en dépit de tout bon sens, un Fantajet biplace transporte nos héros en Afrique du Sud en à peine quelques heures. Et puis voilà ils arrivent à reprendre la fameuse boîte.
Beaucoup d'énervement une fois encore de Spirou envers Fantasio, et pour finir une fin totalement foireuse. Fantasio fait un troisième Fantajet et le baptise Fantabulle, se donnant l'air encore plus con puisqu'il a oublié le nom de l'engin alors que c'était le sien, bordel, et finalement la chute euh... Des trois albums de Nic et Cauvin, c'est incontestablement la meilleure à tous points de vues. Elle dépasse même certains albums d'autres auteurs. Cela dit, Fantasio se retrouve une fois encore dans la mouise, et ça commence à devenir tout simplement insupportable.

Volume 32 - Les faiseurs de silence
Malheureusement, reste encore un album avant la LIBÉRATION SALVATRICE.
On revoit encore une fois la voisine de Fantasio. Dans le volume précédent c'était rigolo, la ça devient carrément ennuyeux et tout simplement risible, au même titre qu'un Fantasio au comportement toujours aussi dévastateur ou qu'un Spirou qui n'a pas l'air de bien porter son "ami" dans son coeur ces derniers temps. Pour le dessin, force est d'admettre que Nic s'améliore, mais bon, les cernes sous les yeux sont toujours présentes. Soit, pourquoi pas.
Dès le début ça dérape. Fantasio a inventé une machine à aspirer le son et s'en sert sur Spirou, causant la destruction de sa moto. Bon osef c'est jamais que la moto imaginée par Nic et Cauvin, Spirou s'en sortira, il s'en sort toujours. Insouciant voire carrément stupide, Fantasio emmène Spirou tester le gadget en ville. Ils provoquent accident sur accident sans s'en rendre compte et COMME PAR HASARD les méchants croisés dans les deux volumes précédents sont justement à deux pas d'eux.
Résultat des courses : L'aspison est volé. Spirou et Fantasio se mettent en chasse des ravisseurs au volant d'une Citroën. Les deux crapules réussissent à s'en sortir, mais c'est là que leur patron démoniaque qui a un petit air de Dr Gang débarque pour leur dire "Retrouvez-moi la boîte noire... SINON..."
Ils vont fouiller chez Spirou et Fantasio, qui se sont déjà cassés en Fantabulle pour faire leurs recherches (Okay, s'ils veulent), et là, pour la seule fois des trois BD, on a le droit à quelques cases (La page 37, pour être exact) vraiment épiques, pendant lesquelles on apprend que l'aspison est en réalité une référence à la bande dessinée Sophie : La bulle du silence de Jidéhem.
Spirou et Fantasio rentrent chez eux et y retrouvent donc l'aspison... Rempli à craquer de bruit. Et au moindre bruit ajouté, la machine provoquera une explosion sonore. Comme c'est pratique.
Enfin bref, je vais plutôt vous parler de la fin. Cet album en a eu deux. La première a été censurée. Pourquoi, me demanderez-vous ?
Arrivé à ce point là, vous avez certainement compris que Spirou et Fantasio n'ont plus qu'un seul objectif, à savoir se débarrasser définitivement et sans dégât du précieux objet. Fantasio propose donc de le couler dans un bloc de béton et de le foutre à la mer. SAUF QUE. Dans la fin originale, le bloc de béton ne tient pas le choc. La bombe sonore explose, provoquant le suicide collectif d'une quarantaine de baleines. Pour ne rien arranger, Spirou, sous le choc, fout une gifle à Fantasio. Sérieux, Nic et Cauvin, c'était du manque de respect à l'état pur. Et d'ailleurs on le leur a fait remarquer; du coup ils ont remanié la fin. Dans la nouvelle fin, le bloc de béton défonce le bateau de luxe que les deux malfrats se sont offerts avec le butin du hold-up qu'ils ont commis avec l'aspison. Fantasio s'apprête à les abandonner, lâchement. Spirou l'engueule. Bien sûr. Fantasio c'est un connard, tout le monde sait ça, voyons. Ils les ramassent quand même mais, trop nombreux pour l'appareil, percutent et détruisent un baleinier...
Oklol, Nic et Cauvin veulent s'amender. Quelle mauvaise foi.

Conclusion sur la période Nic et Cauvin : Une période assez sombre dans l'histoire de Spirou. Il vaut mieux l'oublier. Et Fantasio quoi. Comment ils ont pu oser lui faire ça. Je suis outré.

Spirou et Fantasio par Tome et Janry
Volume 33 - Virus
Pour ce premier volume, Tome et Janry frappent fort. La maîtrise du dessin est hallucinante et donne l'impression d'un retour à Franquin mélangé à un soupçon de réalisme. Quant au scénario... Déjà, on assiste au retour de John Héléna, dangereux adversaire de Spirou dans Le repaire de la Murène et dans Spirou et les hommes-bulles. Mais cette fois ce n'est pas en tant qu'ennemi qu'il se présente : En effet, Héléna, repenti, a attrapé une putain de maladie à l'endroit où il bossait : Isola Red, un centre de recherche situé au Pôle Sud. Dans ce centre, des milliers de tubes à essai contenant toutes les maladies connues de la planète, y compris certaines qui n'ont jamais eu l'occasion d'affecter personne... Dont celle qui a atteint Héléna.
Avec l'appui du Comte de Champignac, qui leur donne notamment son fameux mélange permettant l'immunisation au froid (Déjà vu au début du Voyageur du Mézozoïque), Spirou et Fantasio se rendent en compagnie d'Héléna jusqu'à cette base, où les attend une bactérie sensée, en complément du remède mis au point par le comte (l'Antivirax Panoramex), guérir l'ensemble des personnes infectées. Cette expédition de secours pourrait se dérouler sans accrocs. Elle pourrait. Seulement, des mercenaires sont envoyés buter l'expédition pour éviter un scandale.
Tome et Janry montrent une plus grande maîtrise que tous leurs prédécesseurs en termes de narration. Là où Franquin surabusait du texte, là où Fournier foutait des textes de narration très malvenus et trop présents du genre "+ tard", "encore + tard", "une heure + tard", "pendant ce temps", "pendant ce temps encore", "pendant ce temps enfin", le duo se montre beaucoup plus nerveux et fluide.
Mais cette nervosité et cette fluidité ne s'arrête pas là : Le Spirou de Tome et Janry vit des aventures beaucoup plus solides que ce qu'il a déjà vécu par le passé. Exit les dinosaures, finies les fables surnaturelles, avec Tome et Janry, Spirou devient un personnage moderne, allant parfois jusqu'à friser l'espionnage. Dans Virus, déjà, tout est lié à des installations high-tech et ce n'est pas un hasard.
Dommage cependant, en dehors de la réutilisation de John Héléna, cet album ne propose pas de personnage secondaire particulièrement intéressant. Volène est le plus charismatique, mais c'est le genre de personnage qu'on oublie sitôt après avoir fermé le volume.
Ahwi, anecdote automobile, tout de même : La nouvelle voiture de Spirou, qu'il conduit au début du récit, est une Renault 5 jaune.

Volume 34 - Aventure en Australie
Spirou, Fantasio et Seccotine, comme Balthazar Picsou avant eux, partent pour une mine d'opales Australienne ! Le comte de Champignac s'est en effet acheté une concession dans cette mine et y a fait une découverte archéologique inestimable. Cette découverte n'est cependant pas au goût des prospecteur d'Albuh Mine, et à peine arrivés, nos héros apprennent la mort de Champignac. Cependant, ils ne tardent pas non plus à constater que sa tombe est vide. Fausse mort mais vraie supercherie des mineurs qui veulent protéger leurs intérêts, tandis que les aborigènes tentent par tous les moyens de récupérer une opale qui leur a été dérobée...
Encore une fois, une bande dessinée efficace au trait précis et nerveux. Quant à l'histoire, elle ne souffre d'aucun temps mort. Du reste, ce volume est une excellente occasion pour faire des références à André Franquin. C'est par le background que cette histoire peut chiffonner, avec une Australie qui répond à la plupart de ses clichés habituels, ce qui est bien dommage. On mettra ça à la licence du comique et du spectaculaire, même si on est encore loin en termes de grand spectacle des albums qui vont suivre...

Volume 35 - Qui arrêtera Cyanure ?
Voilà pour Tome et Janry le moment de nous sortir un personnage véritablement charismatique. Cyanure est un androïde conçu par l'ex-chef d'une gare désaffectée de Champignac, Caténaire, sur lequel Spirou et Fantasio tombent en poursuivant Télésphore, autre invention d'un homme innocent qui ne voulait que tromper son ennui. Elle est entravée et, ignorant à qui ils ont affaire, ils la libèrent... Grave erreur. Cyanure a pour objectif l'asservissement pur et simple de l'humanité au règne des machines. Parce que "y a pas de raison".
Qui arrêtera Cyanure est l'occasion d'un retour en force des Champignaciens, qu'on n'avait pas eu l'occasion de revoir depuis Du cidre pour les étoiles. Tout comme Spirou et Fantasio, leur graphisme vu par Tome et Janry se montre particulièrement efficace, et la manifestation qu'ils organisent devant l'usine Roboc Inc est particulièrement impressionnante.
Cette aventure est aussi l'occasion d'une petite surprise. Pour la toute première fois de sa longue carrière, le groom balance des injures sous le coup de l'émotion; légèrement censurées certes, mais juste assez pour que l'on puisse comprendre le message. C'est ce genre de petits détails qui montre que Spirou évolue et s'adapte à son époque, de même que le fait que cet album, exactement comme les deux suivants, est un album d'ultra-haute technologie.
Mais ce n'est pas tout, puisque Tome et Janry nous offrent carrément sur la fin une bataille titanesque, à la hauteur du personnage génial qu'est Cyanure.
Le dernier point fort de ce volume, c'est sa horde de plot twists, en particulier sur la fin, qui enchaîne deus ex machina sur deus ex machina. La scène finale est un terrible plot twist, qui ne sera malheureusement jamais réutilisé dans aucun album, laissant libre cours au dessin animé de Spirou pour exploiter davantage la robote.

Volume 36 - L'horloger de la comète
Ah. Ce volume et sa suite sont particulièrement intéressants. Pour la première fois en effet de sa carrière, Spirou voyage dans le temps. Carrément. Ça rigole plus.
Fantasio et lui en arrivent là alors qu'ils séjournent au château de Champignac en l'absence du comte. Un mystérieux appareil se crashe, laissant sortir le comte... Enfin c'est ce que les apparences laissent à penser. Il s'agit en réalité d'Aurélien de Champignac, neveu de Pacôme, de 60 ans cadet de ce dernier. Il amène avec lui le Snouffelaire, son animal de compagnie issu de plusieurs croisements. Aurélien explique à Spirou que le passage d'une comète près de la Terre provoque une perturbation qui rend possible les voyages temporels et qu'il a trouvé le moyen d'appliquer. Pour prouver au monde scientifique la véracité de ses dires, il a fait un bond de quelques décennies dans le passé, histoire de ramener de Palombie quelques échantillons de verdure qui n'existent plus en son temps. Spirou et Fantasio décident de l'accompagner. Cependant, un incident survient et les transporte au 16ème siècle, du temps des Indiens et des conquistadors.
Hasard, destin, ou coïncidence totalement inexplicable, c'est en Février 1985 que l'album a été achevé. Oui, oui, l'année où débute le premier Retour vers le Futur.
Par rapport aux albums précédents, Tome et Janry sont vraiment lancés et déchaînés : L'histoire est efficace, la narration est efficace, les situations et la mise en scène le sont tout autant. Et la fin ! Une fin de qualité, qui sied admirablement à l'aventure temporelle que viennent de vivre Spirou et Fantasio.


Volume 37 - Le réveil du Z
C'est vers le futur que sont cette fois happés Spirou et Fantasio, pour un récit d'anticipation. La Terre tout entière est pliée aux ordres du descendant d'un personnage bien connu de nos protagonistes. C'est en effet Zorglub Junior, portrait craché de son aîné en plus petit, qui détient le contrôle temporel absolu de la planète en cette année 2062. Mais ce n'est pas tout, puisque le faquin a aussi fait enfermer Aurélien de Champignac, qui refuse de lui dire comment transférer des êtres vivants d'une époque à une autre - Soit ce qui intéresse le plus Zorglub, qui a des projets diaboliques !
Cette histoire ne nous laisse pas vraiment le temps d'avoir un aperçu du futur selon Tome et Janry, mais il est clairement tourné technologie. La BD se déguste sans trop de soucis, même si le Fantasio salement amoché que l'on peut voir au début, rendu moche par les circonstances, ne donne pas forcément envie de pousser. Ce serait un tort de s'arrêter là, pourtant. L'album est bien mis en scène et nous propose un volet de qualité pour enrichir la saga du Z.


Volume 38 - La jeunesse de Spirou
Pour la première fois depuis Fournier, on nous offre un album contenant plusieurs histoires courtes. Chose intéressante dans l'album en lui-même : Spip fait des transitions comiques entre chaque histoire courte et permet aussi l'insertion d'une fin ultra roxxante à l'album. 
La première histoire courte, La seule et unique histoire plus ou moins vraie de la jeunesse de Spirou racontée par l'oncle Paul (Notez au passage le titre ultra long qui préfigure déjà le récit parodique), invente au travers d'un oncle Paul totalement ivre une jeunesse totalement saugrenue au héros. Notons tout de même que cette histoire courte a inspiré la création du Petit Spirou. Z'auraient eu mieux fait de s'abstenir, mais bon, passons.

Une histoire courte et absurde donc, mais pas non plus dénuée d'intérêt. Chaque case est l'occasion d'une nouvelle référence à l'un ou l'autre album de la série, voire aux auteurs qui ont précédé le duo actuel.


Vilain faussaire !
A priori, cette histoire reste dans le cadre de "la jeunesse de Spirou" puisque, de façon tout à fait exceptionnelle dans un volume de Tome et Janry, Spirou porte son costume complet de groom. A priori. Cela dit, étant donné que par la suite il porte sa veste à fermeture éclair (Qui n'a que peu à voir avec le costume de groom classique), je pense que les auteurs se sont juste foirés à un moment donné. Pis il utilise sa Renault 5 jaune, aussi. Paradoxe temporel.
Cette histoire a une accroche tout à fait intéressante, puisqu'il y est question des albums de la série Gaston Lagaffe. Le saviez-vous ? La série originale n'a jamais, JAMAIS eu le moindre numéro 5. Bizarre mais véridique. Eh bien c'est là dessus que se base cette histoire courte. Vous l'aurez peut-être compris : Un faussaire a édité un faux numéro 5.
Tout comme l'histoire qui précède, c'est l'occasion de nombreuses références à Franquin, ce qui est toujours pas mal. Quelques pages sans prétention mais tout à fait sympathiques.


Le groom du président
Tome et Janry nous proposent ici une explication à pourquoi Spirou ne porte plus son uniforme de groom, alors qu'il le dit lui-même, il avait gardé l'habitude de le porter bien après l'époque où il occupait ce poste à l'hôtel Moustic. Du coup, c'est cette fois une vraie occasion de revoir Spirou en groom. Ce genre d'évènement, dans les Spirou récents, est tellement occasionnel qu'il mérite d'être souligné.
Suite à un quiproquo, Spirou, le soir du réveillon, se fait tirer de force dans un hôtel par un connard qui ne prend pas le temps de remarquer que Spirou ne ressemble que peu à celui pour qui il le méprend, un domestique qui a à peu près la même dégaine que Spirou et qui s'est tiré pour fêter le réveillon avec ses potes. En tout cas, le président d'un pays étranger (Qui n'est pas sans rappeler Ronald Reagan) réquisitionne l'hôtel, empêchant quiconque d'en sortir. Cela dit, le président avait une idée derrière la tête, à laquelle il associe Spirou, qui pourra finalement sortir.
Dans cette histoire sans Fantasio ni Spip, la tension est palpable. Elle ne redescend qu'à l'avant-dernière des quelques pages qui la composent, pour se terminer de façon tout à fait honorable. Spirou en est quitte pour la perte d'une bouteille de champagne mais après tout, c'est toujours mieux que de totalement rater le réveillon.


L'incroyable Burp !
C'est dans le brouillard le plus total que Spirou et Fantasio se rendent à Champignac. Ils renversent Dupilon. Aïe. Du coup ils décident de l'emmener au château histoire de checker avec le comte si tout va bien. Comte qui vient de mettre au point le X4, suite logique de ses X1, X2 et X3. Dupilon l'absorbe par inadvertance. Mais le X4 n'est pas au point et transforme Dupilon en monstre vert horrible et difforme. Cette affaire se mélange avec un cambriolage dans une banque, incluant des mecs déguisés en extraterrestres.
Une histoire somme toute un peu confuse, probablement la moins intéressante de Tome et Janry, la faute à un scénario qui mélange deux situations au lieu de se concentrer sur une seule. Cependant, en se concentrant sur un seul aspect du scénario, on aurait eu une bande dessinée totalement inintéressante, donc c'est pas plus mal. Cette BD est aussi une occasion pour quelques gags vraiment bien pensés, ce qui est toujours pas mal.


Gare au cliché
Pacôme de Champignac a rendez-vous avec des confrères rencontrés quinze ans auparavant. Cependant, il sait qu'un intrus va se ramener. La photo qu'il possède n'aide pas Spirou à déterminer lequel des scientifiques est l'intrus... En quinze ans, ils ont tous énormément changés.
Voilà le principal intérêt de cet album. Une histoire courte certes, mais malgré tout une vraie aventure qui n'a pas à pâlir des histoires occupant des albums entiers. De méchants plot twists parsèment ce récit, et la présence d'un oeuf cubique lui donne encore un petit peu plus de valeur. (Parce que c'est bien connu : Un oeuf cubique c'est trop. Cool. Lisez un peu de Picsou si vous êtes pas d'accord.)


Volume 39 - Spirou à New-York
Spirou et Fantasio sont à sec. Le patron du Turbine Magazine (pour changer) les appelle pour leur proposer un reportage à New-York, qu'ils refusent pour diverses raisons. Dans le même temps, Fantasio, en consommant une pizza, mord dans une clé étrange. Un rapide coup de fil leur apprend qu'un million de dollars cash les attend à New-York. Étant donné leur désespéré besoin d'argent, ils acceptent de faire le reportage pour pouvoir financer leur trajet. Ce qu'ils ne savent pas, c'est qu'ils sont en train de tomber dans le piège tendu par Vito Cortizone, mafieux du quartier Italien de la ville. Ses entreprises étant totalement ruinées par une malchance inexplicable, il a décidé d'inviter à le voir les personnes les plus chanceuses de la Terre, soit quelqu'un qui mettrait la main sur la fameuse clé, totalement au hasard, dans une des pizzas qu'il vend de façon mondiale.
Spirou et Fantasio mordent à l'hameçon et apprennent qu'ils n'auront le million qu'en portant bonheur à la branche Italienne de la mafia New-Yorkaise, et donc en participant à leurs entreprises délictueuses. Ils ont à peine le temps de refuser que la mafia Chinoise, au courant de leur présence, les attaque ! Les voilà donc obligés par les circonstances de bosser pour Vito...
Le bon point dans tout ça, c'est que Spirou et Fantasio revêtent pour l'occasion des costards de mafiosi qui les rendent juste super classes; c'est toujours ça d'pris.
Les mafiosi très clichés donnent beaucoup de punch à cette aventure. Pour la première fois aussi, on voit le duo s'inquiéter pour ses finances. De volume en volume, Tome et Janry font apparaître de plus en plus humains Spirou et Fantasio, qui n'hésitent plus à commettre quelques irrégularités (Rien de bien méchant, ça reste des héros) pour arriver à leurs fins.


Volume 40 - La frousse aux trousses (paru dans le journal de Spirou sous le titre Angoisse à Touboutt-Chan)
Première partie d'une histoire scindée en deux albums; ça faisait longtemps, tiens. Le synopsis, pour une fois, tient en à peine quelques lignes : Spirou et Fantasio, qui sont sensés partir en reportage dans un pays dangereux (Le Touboutt-Chan donc), sont embauchés par un type pour emmener avec eux des gens random atteints du pire hoquet ever. Le but : Qu'ils aient une grosse frayeur pendant le trajet, susceptible de leur faire passer le hoquet.
Bon bah voilà pour le résumé. Du coup je vais plutôt m'attarder sur la mise en scène d'un scénario tout de même sacrément original (Contrairement à certains, hein, Cauvin ?)
Déjà l'accroche : Super. Spirou est un aventurier, mais ça n'en reste pas moins un journaliste. Le voir tenir une conférence sur l'une de ses nombreuses aventures est assez roxxant. Au passage, de la même façon qu'au début d'Aventure en Australie, on sous-entend qu'il a vécu des aventures que le lecteur n'a pas eu l'occasion de lire.
Tout le monde s'enfuit de la salle, effrayé par de simples images ! La scène est épique.
Et puis pour la suite, on apprend que Spirou et Fantasio veulent financer une expédition au Touboutt-Chan, seulement, dans la suite logique de l'album précédent, ils n'ont pas suffisamment d'argent pour une telle aventure. Surtout que Spirou ne peut plus faire de conférences, étant donné qu'il fait fuir tout le monde. C'est là que se ramène la pure providence, à savoir un mec qui fait des recherches sur le hoquet. Par la même occasion on peut constater une plus grande mise en avant dans cet album que dans les précédents du côté "inventeur gaffeur et fantaisiste" de Fantasio. Bien sûr, contrairement à Nic et Cauvin, Tome et Janry mettent ça en scène très habilement.
Le pourquoi de l'expédition est expliqué. Peut-être un peu trop de texte, mais on nous prépare déjà habilement au deuxième volume de cette épopée.
Arrivés à ce point là donc, Spirou et Fantasio obtiennent leur financement sous condition. Sinon y aurait pas d'histoire. Et justement l'histoire arrive. Si les premières pages étaient vraiment bien faites, on assiste durant deux-trois pages à un ralentissement du rythme du récit. Heureusement, ça ne dure pas.
Spirou, Fantasio et leur groupe de malades qu'ils regrettent déjà d'avoir emmené avec eux, sont guidés par Gorpah, petit Népalais qui se vante "d'avoir déjà guidé jadis jeune étranger avec petit chien blanc et pouvoir montrer beaucoup yétis. Seulement 500 roupies, mille sabords."
Pour leur deuxième aventure véritablement Asiatique (La première étant Le prisonnier du Bouddha et la seconde, le champignon nippon suivi de Du glucose pour Noémie ne pouvant pas vraiment compter comme telle), Spirou et Fantasio nous sortent les grands moyens : Une bonne partie de l'ouvrage peut se résumer à une course poursuite infernale - Justifiant par ailleurs le titre définitif de l'aventure. Seulement cette course poursuite s'avère tout simplement délicieuse. Les gags s'enchaînent tout en servant l'histoire, les situations visuelles du genre à te demander si y aurait pas des effets spéciaux dans cette BD sont plus formidables que jamais, et pour finir, on a droit au MEILLEUR PLOT TWIST EVER DE TOUTE L'HISTOIRE DE LA BANDE DESSINÉE. Et pour une fois dans Spirou, on partage sans aucun problème l'émotion que ressentent les personnages en cette fin d'album, qui ne fait nullement retomber la pression. À suivre.


Volume 41 - La vallée des bannis
Suite donc à ce fameux plot twist, Spirou et Fantasio se retrouvent seuls, paumés au beau milieu de la vallée des bannis, qu'ils recherchaient justement. La situation est radicalement différente de toutes les aventures qu'ils ont pu vivre dans diverses jungles, de la Palombie à l'Afrique en passant par je ne sais quels endroits randoms de la planète. Ici ils sont livrés à eux-mêmes et les auteurs ont le véritable coup de génie de faire de Fantasio, le temps de ce volume, le principal ennemi de Spirou, suite à une maladie inoculée par un putain de moustique, pire encore que la mouche qui transforme les Schtroumpfs en Schtroumpfs noirs !
Ce synopsis semble plus roxxant que celui du bouquin précédent ? Mais c'est normal, puisqu'il l'est.
Tome et Janry profitent de ce bouquin ne contenant quasiment pas de personnages secondaires pour mettre les héros dans une situation encore plus désespéré que tout ce qu'ils ont pu traverser jusqu'à présent. Mais ce n'est pas tout, puisque les auteurs nous pondent, de façon particulièrement imaginative, une faune et une flore tout à fait unique dans l'histoire de la bande dessinée.
Au delà, ils ont aussi imaginé un background très solide à la fameuse vallée. Spirou met la main sur le carnet de Maginot, membre du binôme qui avait déjà atteint l'endroit. Ce carnet lui permet de découvrir - et de nous faire découvrir - les merveilles et les dangers d'une vallée tout simplement unique.
La bande dessinée ne laisse guère de temps pour souffler, sauf peut-être lors de sa toute fin. Plus encore que dans La frousse aux trousses, Spirou est en danger permanent. Entre un Fantasio menaçant et un contexte qui rendrait fou la première personne venue, il y a largement de quoi être stressé. La fin a beau avoir un côté légèrement prévisible,  ça n'empêche pas à ces deux volumes de présenter d'énormes qualités, du début à la fin.


Volume 42 - Spiяou et Faиtasio à Moscou
C'est de force que Spirou et Fantasio, qui devaient partir en vacances à Papeete, Tahiti, sont entraînés à Moscou. C'est toujours de force qu'on les enrôle au KGB pour traquer un certain Tanaziof, chef d'une mafia en train de s'installer, qu'ils connaîtraient apparemment très bien.
La vérité sur le personnage étant tout simplement évidente, je ne vais pas faire davantage de mystère : Sous la plume de Tome et Janry, Zantafio, comme Zorglub avant lui, fait un retour triomphal. On l'avait il est vrai perdu de vue en plein océan, pas trop loin de Tora Torapa une vingtaine de numéros auparavant, mais bon, c'est ainsi, il se fait à présent passer pour un descendant de Tsar.
Et tant qu'à tenter de devenir maître absolu et incontesté de la Russie, Zantafio annonce direct un gros coup : Il compte s'emparer de la momie de Lénine.
Seulement Spirou et Fantasio, insignes du KGB en mains, interviennent. C'est une habitude désormais avec Tome et Janry, nous avons affaire à une bande dessinée pleine de rebondissements, et les héros confirment une fois de plus leurs capacités à s'infiltrer. Plus que jamais, le duo ruse et fait preuve d'imagination pour réussir à coincer son adversaire, un Zantafio au sommet de son art qui, vaincu, reste finalement en Russie tandis que Spirou et Fantasio décollent enfin pour Papeete.


Volume 43 - Vito la déveine
On fait une ellipse narrative sur Papeete... Cependant c'est pas très loin que l'aventure commence, puisque l'action prend place pendant les vacances que Spirou et Fantasio ont dû retarder. Bien sûr le titre l'annonce, c'est sur Vito Cortizone qu'ils tombent. Mais un Vito Cortizone affaibli et méconnaissable, suite au crash de l'avion où il se trouvait, avion qui contenait une précieuse marchandise sur laquelle il comptait pour se renflouer suite aux trop nombreux échecs critiques que sa malchance (et Spirou et Fantasio par la même occasion) lui a fait essuyer. Spirou et Fantasio le recueillent, et puis il les entourloupe. Se faisant un moment passer pour son pilote, Von Schnabbel (Un mec totalement random qui a pourtant été foutu par la suite dans le dessin animé en qualité de personnage récurrent, allez comprendre ça, d'ailleurs on en profite pour apprendre qu'il s'appelle Rupert de son prénom), il s'arrange pour que Spirou perde connaissance, mais surtout, après avoir révélé sa véritable identité, entourloupe Fantasio, affaibli par une énorme déprime, afin que ce dernier aille chercher pour lui sa cargaison douteuse.
Si l'album est énorme, c'est bien du fait de la déprime de Fantasio. Le pauvre n'en mène pas large, mais d'un autre côté c'est lui le vrai héros de cet album, peut-être justement parce qu'il n'a jamais tant été humain. La façon dont sa déprime est gérée relève tout simplement du génie pur, tant elle est réaliste et mine effectivement le moral du lecteur. Cet album nous confirme en fait que Tome et Janry ont un talent pour gérer les émotions des personnages que les autres auteurs n'ont pas.
Au passage, Spirou fait référence au début de l'album Virus en mentionnant Saint-Nazaire (où Tintin a déjà eu l'occasion de se rendre dans Les sept boules de cristal, d'ailleurs), et je ne vous cache pas que ça me fait bien plaisir puisqu'il se trouve que j'y habite. Cela dit ça reste malheureusement un fail de la part de Spirou puisque c'est bien entendu au Havre que débutait l'album en question. (Référence peut-être encore une fois à Tintin, qui n'avait pas trouvé ce qu'il cherchait à Saint-Nazaire et qui avait dû aller au Havre pour enfin trouver une trace du professeur Tournesol)


Volume 44 - Le rayon noir
En cette période d'élection Champignacienne, le Comte fait une expérience sur un champignon Africain qu'il vient de recevoir. Il finit par mettre au point un rayon permettant théoriquement de changer la peau de quiconque, homme ou animal, passerait dessous, en noir. Le premier essai n'est pas concluant, aussi il s'absente chez un collègue histoire de faire ses tests avec du meilleur matériel. Suite à un incident causé par Dupilon, Spirou devient noir. Dans la panique, il se précipite à la poursuite du comte (qui vient de partir), et est arrêté par la police pour excès de vitesse, mais surtout pour usurpation d'identité. Dans les geôles municipales, il tombe sur Vito Cortizone et lui raconte son histoire... Vito parvient à s'échapper en laissant Spirou enfermé. Son projet est clair : Devenir noir pour que plus jamais on ne le reconnaisse et qu'il puisse ainsi exercer son bizness criminel sans aucun problème. Spirou et Fantasio (devenu noir également) interviennent mais trop tard : Le rayon a touché certains habitants de Champignac ! Le village n'est plus si paisible, finissant même par se montrer carrément raciste envers tous ces "produits d'importation".
Au bout du compte, cet album a une fin tout à fait bienvenue : Si traumatisante soit-elle, l'expérience vécue par les habitants de Champignac leur a fait perdre définitivement toute idée de racisme qu'ils auraient pu avoir. Si Le rayon noir n'est pas forcément le plus marquant des Tome et Janry, il propose donc toutefois une histoire épique et tout à fait digne de ses protagonistes, qui s'achève de plus par une jolie morale. Sans compter qu'étant donnée leur relative rareté, les aventures de Spirou se déroulant à Champignac sont toujours les bienvenues.


Volume 45 - Luna fatale
Spirou et Fantasio se retrouvent une seconde fois à New-York... Et devinez sur qui ils tombent pour la troisième fois de suite ! Eh oui, sur Vito Cortizone, qui est redevenu le parrain de mafia qu'il était à l'origine, et qui est bien emmerdé : Le nouveau piège des Triades Chinoises, vraisemblablement un philtre d'amour, faitf tomber un à un tous ses hommes entre les griffes d'une certaine Soupir de Jade. Pour lutter, il lui faut un célibataire endurci. Spirou, qu'il a déjà eu l'occasion d'affronter à plusieurs reprises, est selon lui l'homme sur Terre le plus indiqué.
Pour être certain de son choix, Vito envoie sa fille Luna draguer le groom. Je vous épargne les détails, mais en tout cas Spirou et Fantasio finissent chloroformés et emportés à New-York sans autre forme de procès; puis Vito fait pression sur Spirou en menaçant la vie de Fantasio avec une bombe à retardement attachée à ce dernier par un collier. Ow, le coup de fourbe. Spirou n'a plus que 56 heures pour trouver le secret du philtre d'amour et le ramener à Vito.
Après quelques recherches explosives, c'est avec Luna qu'il se retrouve. Nous en arrivons peut-être à la scène la plus inattendue de tout Spirou : Spirou et Luna échangent un baiser. Oui je sais, je spoile, c'est pas bien~ mais voilà, quoi. Jamais aucun auteur n'était allé aussi loin dans l'humanisation du personnage qui, s'il était resté entre les mains de Franquin, aurait certainement connu une évolution bien différente.
Plus que jamais, Spirou vit une aventure encore plus remplie d'action qu'un James Bond au sommet de sa forme. Le ton résolument adulte que prend la série, tout en conservant son humour bon enfant (Raulo est certainement l'exemple le plus flagrant de personnage humoristique de tous les Spirou de Tome et Janry) lui donne une fois encore une classe magistrale. La fin est ouverte et laisse à penser qu'une suite pourrait être envisageable. Mais en fait non...


Volume 46 - Machine qui rêve
Claque scénaristique. Choc visuel. Les mots manquent pour décrire convenablement l'album le plus controversé de l'histoire de la série. Tome et Janry nous avaient habitués à un contenu beaucoup plus mature que leurs prédécesseurs, mais là ils frappent fort. Très fort. Ils ont porté Spirou au niveau le plus élevé imaginable, à un tel point que la première fois que je l'ai lu... Je n'ai absolument. Rien. Compris. Depuis bien sûr j'ai largement eu le temps de le relire, et si comme moi à l'époque vous êtes perplexe face à ce titre qui n'est en rien comparable avec le reste de la série, laissez-moi le plaisir d'éclairer vos lanternes.
Dans un style résolument réaliste, Spirou et Fantasio reçoivent un coup de fil de Seccotine. Le départ en vacances de Fantasio fait que Spirou accepte ce que celle qui veut désormais qu'on l'appelle par son vrai prénom, Sophie, lui propose : Postuler pour être cobaye dans une entreprise douteuse. Alors qu'il découvre la vérité sur cette entreprise, une ellipse narrative nous montre Spirou seul, à terre, loin du centre, dehors. Sa première réaction, naturelle, rentrer chez lui. Seulement à partir de ce moment, c'est une chasse à l'homme qui commence. Et c'est lui la proie.
La réponse à toutes les interrogations que l'on peut se poser en lisant cet album se fait vers la fin. Normalement je parle pas des plot twist finaux dans les résumés de ce dossier, mais ici je vais faire exception, tant il est vrai que pour le plus jeune lecteur l'album n'est que difficilement compréhensible. En tout cas, le Spirou qu'on a suivi tout le long de l'album est un clone, copie conforme de son modèle, et ses créateurs cherchaient tout simplement à le faire disparaître. Le vrai Spirou sauve encore une fois la situation. N'est pas héros qui veut.
Alors, digne ou pas digne d'être un Spirou ? C'est en fonction de l'avis de chacun. Après plusieurs lectures, je dois tout de même dire pour la défense de cet album qu'on ne s'y ennuie pas un seul instant et que Janry y atteint la quintessence de son art, de même que Tome, qui nous pond une aventure délicieusement sombre, dans laquelle même le papier est noir.
Tome et Janry avaient prévu de continuer sur cette voie. L'ébauche de Spirou à Cuba était déjà en cours de réalisation, et déjà l'on nous promettait Zorglub. Seulement "le nouveau départ" sur la série n'a pas plu aux lecteurs et, refusant de reprendre leur Spirou classique, Tome et Janry ont dû abandonner sous la pression de l'éditeur, se consacrant du coup exclusivement au Petit Spirou, leur excuse pathétique qui sert de spin-off. Maintenant je dois tout de même dire que si Spirou à Cuba devait sortir dans la collection Une aventure de Spirou et Fantasio par, j'en serais sincèrement heureux !


Hors-série 3 - La voix sans maître
Pourquoi garder les hors-série 3 et 4 pour la fin ? Parce qu'ils sont parus après Machine qui rêve (à l'occasion des 65 ans de la série, soit cinq ans après le début de la parution de Machine qui rêve dans les pages du journal de Spirou) et que le regroupement d'histoire proposé appartient à l'immense majorité des auteurs qu'on a pu voir jusqu'à présent. Voire plus encore. De Rob-Vel à Tome et Janry, tout le monde y passe. Y compris quelqu'un d'assez... Inattendu. Mais pour l'heure c'est du troisième hors-série qu'il va être question.


La Naissance de Spirou par Rob-Vel
Première planche de Spirou ever. Seule planche de Rob-Vel présentement rééditée dans la série classique, ce qui est bien dommage. Une fois, j'avais vu la deuxième sur Internet. Pour cette première c'est simple : Un hôtel (Le Moustic donc) recherche un groom. Le patron finit par s'adresser à Rob-Vel, qui dessine Spirou sur une toile puis lui donne la vie avec de l'eau de vie.


Spirou et la Puce par Rob-Vel
Aventure donc de Spirou par Rob-Vel. Suite à d'autres aventures malheureusement pas éditées ici, Spirou se retrouve avec son ami Africain surnommé "la Puce" en Belgique, sans argent, sans emploi, sans rien. C'est grâce à la boxe qu'ils s'en sortent, et qu'ils deviennent riches. Carrément.
Seulement des brigands ne l'entendent pas de cette oreille et décident de faire en sorte que la Puce arrête de boxer.
Le fait que ce soit du Rob-Vel explique notamment l'absence de Fantasio, création de Jijé. En tout cas, le style de dessin est, pour l'époque, assez hésitant. On a l'impression que Rob-Vel hésite entre le comique et le réaliste. Le rythme de la BD n'en reste pas moins agréable



Fantasio et le siphon par Franquin
Quatre pages publiées à l'origine dans un magazine publicitaire qui ne compta qu'un seul numéro, le Spirou Poche. Un démarcheur à domicile essaye de refiler un siphon à Fantasio. Le Marsupilami s'en empare, générant de nombreux gags.


Le Fantacoptère solaire par Nic
Pourquoi Nic et Cauvin ont eu le malheur d'être choisis pour reprendre Spirou ? Pour ça. Une bande dessinée dont le scénario n'a même pas été pondu par Cauvin, mais par Nic (le dessinateur donc), en collaboration avec le rédac chef de l'époque.
On voit dans ce récit que la haine que Cauvin entretient envers Fantasio appartient aussi à Nic - Expliquant d'ailleurs probablement pourquoi le duo était fait pour être ensemble.
Contrairement aux trois volumes de la BD classique, ici Nic a pu réutiliser les éléments de Franquin. C'est donc au château de Champignac que Fantasio montre à Spirou sa dernière trouvaille : Le retour du Fantacoptère (Déjà vu dans Spirou et les héritiers), mais cette fois, comme le titre l'indique, solaire.
On voit dans cette bande dessinée que de toute façon Nic ne manifeste absolument aucune connaissance sur l'univers de la série. C'est pas compliqué de parler du métomol. Enfin je crois. Mais cet inculte (ou alors c'est le rédac chef je sais pas, mais dans ce cas c'est encore pire et encore moins excusable), osé écrire MÉTAMOLà la place de MÉTOMOL. Dîtes les mecs, pourquoi vous l'avez nommé sur la série, alors que pendant ce temps... ?

La Voix sans maître par Tome et Janry
À peine un an après la réalisation du Fantacoptère solaire, Tome et Janry présentaient leur premier essai sur l'univers de Spirou. Un singe expérimental s'échappe de l'armée, l'ami biologiste du Comte de Champignac cherche à le retrouver, il n'en faut pas plus pour lancer nos héros dans une course folle dans laquelle l'ennemi, c'est l'armée. La prise en compte de l'ensemble des travaux de Franquin sur la série est remarquable (On retrouve notamment le champignon dont le Comte de Champignac s'était servi au cours de L'ombre du Z), et déjà on nous propose un personnage absolument roxxant en la personne du chef militaire qui est à la poursuite du singe.
L'histoire est efficace, entraînante, et préfigure déjà le style auquel Tome et Janry nous habitueront de Virus à Luna Fatale.


La Menace par Tome et Janry
Tome et Janry encore, pour deux histoires courtes, à commencer par celle-ci, dans laquelle les enfants des voisins confient pour une soirée leur chien à Spirou. Qui n'a pas le temps de refuser. VDM pour lui. Fantasio, qui était en voyage au Canada, se ramène. Seulement voilà, on lui a offert une moufette. La petite bête est heureusement endormie, seulement avec le molosse, ça risque de déraper...
Sur les quatre pages qui composent l'histoire, la meilleure reste l'avant-dernière, dans laquelle Tome et Janry ont "exceptionnellement recours à la pellicule cinématographique". Cette excuse permet une page putain de roxxante, qui permet d'enchaîner sur la chute de l'histoire.


La Tirelire est là ! par Tome et Janry
Spirou est choisi aléatoirement par l'émission La Tirelire est là ! pour remporter une forte somme. Une connerie particulièrement débile de la part de Seccotine l'empêche de l'emporter. Deux pages efficaces et tout à fait sympathiques, même si voir Spirou se laisser harponner par le démon du jeu a quelque chose de déstabilisant.


Une semaine de Spirou et Fantasio par Tome et Janry
Nous pouvons considérer que cette planche est la dernière contribution ever de Tome et Janry à Spirou. Sauf s'ils décident de faire Spirou à Cuba dans la collection Une aventure de Spirou et Fantasio par. Dans cette planche parue en décembre 2001 pour le Journal de Spirou Spécial Calendrier 2002, Tome et Janry parodient délicieusement le héros. Le temps d'une semaine, Spirou et Fantasio capturent Vito Cortizone (Dont c'est donc à ce jour la dernière apparition), renversent un dictateur random qui rappelle vaguement Zantafio dans Le dictateur et le champignon, capturent un animal rare, protégé, et passablement laid, neutralisent Zorglub qui occupe pour l'occasion le rôle d'un savant fou, stoppent le hold-up du siècle, sauvent la planète, et préparent un dîner pour la tante Julia.
Divertissante, cette planche était encore plus géniale dans son contexte.


Hors-série 4 - Fantasio et le fantôme
Fantasio et le fantôme par Jijé
On ne va pas commencer avec du Rob-Vel cette fois, alors que Fantasio est une création de Jijé. Dans l'histoire qui nous occupe, il a ouvert une agence de détective, l'agence Détecta. On l'embauche pour traquer un fantôme.
Bon, je n'accroche toujours pas au style graphique de Jijé. Les cases de la BD n'aident pas, souffrant d'un certain manque de fraîcheur. Mal vieillies, les BD de Jijé ? Oui, voilà ce que j'en pense. Mais à côté de ça, les dialogues sont purement géniaux, ça compense largement.


La Zorglumobile par Franquin
Cette planche est aussi disponible dans la huitième intégrale de la série. A l'origine un poster, on y voit Spirou, Fantasio et Champignac y faire une descente dans un hôtel. Quelques répliques sont échangées. Elles sont purement géniales.


Noël dans la brousse par Franquin
Vous vous souvenez de Spirou chez les pygmées ? Oui je sais, ça fait longtemps : C'était dans le numéro 1 de la série classique.
En tout cas, ces deux pages s'intercalent dans cette histoire. Elles ont été faites pour célébrer Noël dans le Journal de Spirou du 22 Décembre 1949. Alors qu'ils sont en Afrique, un ange rend visite à Spirou et Fantasio pour leur donner un "envoi recommandé du Comité de Noël du ciel". C'est une graine qu'il plante, et alors c'est le miracle de Noël.
Ce petit hors-sujet n'est pas le seul, puisque dans Le nid des Marsupilami publié dans le journal, on voyait Seccotine, Spirou et Fantasio souhaiter un joyeux Noël au lecteur. Bon par contre ici, ça n'a pas été publié à ma connaissance. (Ou alors dans une intégrale que j'aurais pas eu entre les mains.)


Fantasio et les patins téléguidés par Franquin
Fantasio invente des patins à roulette munis de moteurs électriques. Il fait un faux mouvement, le Marsupilami se retrouve en possession de la télécommande. Tout comme dans Fantasio et le siphon, Fantasio est le dindon d'une farce déclenchée par le Marsupilami. La fin n'est cependant pas aussi joyeuse... Cela dit, les gags s'enchaînent sans aucun problème et l'histoire est amusante.

Coeurs d'acier par Yves Chaland
Une tentative un peu particulière : Yves Chaland était l'un des candidats à la reprise de la série à la même époque que Nic et que Tome et Janry. Cet épisode est inachevé, bien qu'un autre éditeur ait vendu une fin (j'aimerais bien la lire mais c'est pas grave on fera sans, j'ai pas 15 euros à investir là dedans). Les dessins et l'ambiance en tout cas, tout en restant propres à Chaland, ne sont pas sans rappeler les tous premiers Spirou, ceux de l'époque fin Jijé/début Franquin. D'ailleurs, dans cette BD, Spirou habite en appartement.
Nous avons affaire ici à une bande dessinée purement et simplement colonialiste, plus encore que tout ce que Franquin a bien pu faire à ses débuts. Vu qu'on était tout de même en 1982 au moment où cette BD a été faite, j'ai envie de dire "Hey, y a des limites !"
Après évidemment, pour tous ceux qui sont friands de ce genre de bandes dessinées, ça reste excellent.
En tout cas, on peut lire dans cette BD l'histoire de Spirou, qui reçoit par erreur un robot qui ne lui était pas destiné. Le robot, qui rappelle d'ailleurs fortement Radar, s'en prend au groom. Cependant, ce dernier parvient à s'en dépêtrer sans trop de casse. Et puis, arrive Fantasio. Ils découvrent ensemble que le robot était destiné au mec de l'étage au dessus, qu'ils vont donc voir. Il leur parle d'à quel point les colonies c'était TROP GÉNIAL et de son domestique Bocongo, qui roxxe. Sauf qu'en fait il roxxe pas car il s'est cassé omg, décidément c'était mieux du temps des colonies.
L'histoire s'achève avant de trouver sa fin... Dupuis voulait du modernisme, Chaland a joué la carte de l'obsolète. Dommage, essaye encore.~


Vacances à Brocéliandes par Fournier
Si Franquin, avec ses dernières bandes dessinées sur Spirou, a frisé le crossover, ce n'est rien en comparaison de ce que Fournier nous fait là : Un crossover avec Bizu, la bande dessinée qu'il réalisait avant de travailler sur Spirou. Spirou et Fantasio sont en forêt dans des accoutrements bizarres et ils rencontrent Bizu et ses amis. La BD est globalement bien faite, et pour être honnête elle me donne énormément envie de découvrir les Bizu dans leur ensemble. Si j'ai l'occasion, un jour, je crois que je m'en priverai pas.


Joyeuses Pâques, papa ! par Fournier
Ici, Fournier fait un très bel hommage à Franquin. Nous voyons dans cette bande dessinée défiler une bonne partie des plus notables personnages créés par ce dernier, de Ladislas de Bretzelburg à Ibn Mah Zoud en passant par le Dinosaure et les Brothers. Un vrai plaisir de lire cette bande dessinée, où tout le monde s'unit pour fêter de joyeuses Pâques à Franquin, habillé pour l'occasion en Gaston Lagaffe.


Spirou et Fantasio par Morvan et Munuera
Six ans ont passé depuis Machine qui rêve et finalement c'est Morvan et Munuera qui sont choisis pour reprendre le flambeau. J'avais toutes les raisons d'être optimiste, après tout ce duo a fait Sir Pyle, l'une des MEILLEURES. BANDES DESSINÉES. DE TOUS LES TEMPS. D'ailleurs, quand ils ont commencé à faire Spirou, je rêvais d'une dédicace crossover dans laquelle Spirou aurait serré la main à Sir Pyle. Je l'ai pas eue, à la place je dois me contenter de ma dédicace de Dav, ce qui est de toutes façons toujours sympathique.

Volume 47 - Paris-sous-Seine
Avant tout, une anecdote : Le début de l'album m'avait assez surpris, dans le sens où, lorsque cette aventure a été prépubliée dans le journal Spirou, les dialogues n'étaient pas tout à fait les mêmes.
Maintenant, l'album en lui-même : Champignac met au point une machine à geler l'eau et une autre capable de transformer l'eau en nuage et de faire pleuvoir ce nuage à volonté. Ce Nébulozitor a un immense intérêt, bien sûr, pour les pays pauvres.
En tout cas, c'est ce moment que des robots mystérieux choisissent pour kidnapper le Comte et inonder Paris. La coupable ? Une certaine Miss Flanner, au patronyme particulièrement laid mais bon peu importe. 
L'histoire présente de l'intérêt. Miss Flanner a du potentiel. Faire aller Spirou et Fantasio à Paris reste une idée tout à fait sympathique. La reprise de Morvan et Munuera semble donc se faire sans trop de problème, quoique...
Chaque auteur de Spirou, sans exception, peut avoir des petites habitudes discutables. Des fois c'est juste à ses débuts, d'autres c'est pour toute la durée qu'il tient sur la série. Ici, l'habitude totalement foireuse que Morvan et Munuera nous montrent, que je n'ai jamais vu sur aucun épisode de Sir Pyle, consiste à faire des plans de plus en plus gros sur certaines parties des corps des personnages histoire d'augmenter la TENSION DRAMATIQUE.
Au bout du compte les quelques scènes concernées font davantage chier qu'autre chose. Elles sont désagréables et ralentissent une histoire qui n'a pas spécialement besoin de ralentissement, ce qui est tout de même dommage, surtout que ce premier album donne tout de même l'impression que nos nouveaux auteurs méritent leur place sur la série.

Volume 48 - L'homme qui ne voulait pas mourir







Morvan et Munuera ont eu une drôle d'idée : Ancrer leur Spirou dans la continuité des Spirou déjà créés en faisant des albums à références. Bon euh, pourquoi pas, admettons. Ils ont même dit une fois qu'ils étaient prêts à faire des références à Nic et Cauvin s'il le fallait, j'en tremble encore. Heureusement c'était une boutade, en atteste le Fantacoptère qu'utilise Spirou au début de l'aventure - Un Fantacoptère qui n'est évidemment pas solaire.
Pendant ce temps, Zantafio est de retour une dernière fois, accompagné de Nikita et d'un deuxième sbire, déjà vus dans Spirou à Moscou. Il se planque dans la maison de Tanzafio, oncle de Fantasio et de lui-même, et capture d'entrée de jeu un vieillard louche qui lui semble être un espion Russe. C'est ce moment que choisit Fantasio pour entrer, persuadé que la maison est vide. Sauf qu'en fait non, du coup. Une course poursuite commence, au cours de laquelle le vieux boit un étrange liquide, et se révèle être Tanzafio en personne, qui entretient sa jeunesse avec ce breuvage, sauf que c'est trop tard, y en a plus.
Une course contre la montre s'engage donc : Tandis que Zantafio fait tout ce qui lui est possible pour chopper cette source inespérée de fortune, Spirou, Fantasio et Tanzafio se démènent pour l'en empêcher et empêcher la mort de l'oncle.
L'histoire a le mérite d'être intéressante. Les quelques accrocs de Paris-Sous-Seine se font d'ailleurs moins présents pour cet album, dont le propos renouvelle considérablement l'intrigue développé par Franquin dans le volume 4 de la série.

Volume 49 - Spirou à Tokyo (Sous-titré Le ronin de Yoyogi sans raison apparente







Morvan et Munuera ont eu une idée assez chelou, n'empêche : Faire un manga Spirou. Ce n'est pas de ce truc pathétique qu'il sera question ici, mais d'une bande dessinée qui y fait référence sur la fin. Cela dit, les références de Spirou à Tokyo sont plutôt portées sur la période Fournier, ce qui n'est pas pour me déplaire.
Ces références restent cela dit éparses, et il est dommage de ne revoir les personnages de L'ankou que pour quelques fugaces apparitions. Grosse déception pour moi d'ailleurs sur Al Kazar, sur trois bulles de dialogue (Seulement !), le personnage ne lâche pas un seul "en quelque sorte".
Bon c'est qu'un détail; pour ce qui est de l'histoire, Itoh Kata convoque Spirou et Fantasio à Tokyo (Pour changer de Kotyo) dans le but de récupérer des GAMINS AUX POUVOIRS MYSTIQUES qui ont été enlevés par une connaissance d'Itoh Kata sous la pression des yakuzas.
Car dans cette BD, y a des yakuzas.
Cela dit, cette BD est une première dans l'histoire de la série. Contrairement à la plupart de leurs prédécesseurs, qui avaient plutôt tendance à partir dans le cliché pur et simple, Morvan et Munuera se sont documentés et ça se voit. Ils sont allés au Japon, ils ont même lu du Naruto, noble et courageux sacrifice de leur part, je les plains très fort. (J'espère qu'ils se sont arrêtés à la couverture en tout cas ;_;)
Mais je trouve d'un autre côté qu'ils se sont UN PEU TROP documentés. Spirou, dans ce volume en particulier, perd de son côté "spontané", et l'intrusion de la langue Japonaise à toutes les sauces dans les dialogues a quelque chose d'assez perturbant par rapport à ce que Fournier, par exemple, avait pu faire dans Le champignon nippon. D'un autre côté, foutre un défilé de cosplay dans une BD Européenne, ça reste NOVATEUR et appréciable, même si ça m'étonnerait que ça aide à accroître véritablement la popularité de ce genre d'évènements auprès des lecteurs Européens.
Autre point noir, la narration. On me dira "Quoi, encore ?", mais voilà, cette fois, le narrateur dialogue avec Spip. Idée de Morvan et Munuera pour "se détacher" de leurs confrères, apparemment. Je la trouve pas terrible. Ouais okay, c'est ORIGINAL, okay, mais bon.
Par contre le dessinateur confirme une fois de plus qu'il est fait pour la série, et le coup de l'incompatibilité artistique, je le digère toujours pas. 

Volume 49Z - Le guide de l'aventure à Tokyo
Ce truc est plus un guide touristique qu'autre chose. On y apprend tout ce que Morvan et Munuera ont appris pendant leur épopée Japonaise. Bien sûr, vue la classe du cover, et vue l'immense classe des pages qui composent ce bouquin, c'est un must pour une collection complète de Spirou, mais au delà de ça, ce bouquin contient le chapitre 1 d'une tentative de manga basé sur Spirou.
C'est l'histoire de Spirou qui est un groom qui débute. Il arrive en retard à son boulot parce que TOKYO C'EST GRAND LOL. A peine commence-t-il son travail qu'il tombe nez à nez sur un écureuil OMG. Son devoir de groom lui impose de pourchasser la bête, c'est là qu'il tombe du haut d'un immeuble et met sa vie en danger. PLOT TWIST, un mec qui travaille à l'hôtel dans la maintenance décide de le sauver. Puis ils partent ensemble à la poursuite de l'écureuil, dans une GRANDE SURFACE LOL. Le mec qui a sauvé Spirou coince l'écureuil dans une tour d'ordinateur lololololol. Il téléphone à Spirou à qui il a prêté un de ses NOMBREUX téléphones portables puisque Spirou est un campagnard pas civilisé et n'a donc pas de portable. Spirou le retrouve grâce LOL au GPS LOL.
"Je m'appelle FANTASIO, et toi ?"
"Moi c'est Spirou"
"super! On va former un beau duo §§§§"

... Oh fuck, c'est déjà fini ?
Notons que y a des abrutis qui ont décidé que dans ce volume 49Z, qui contient le seul chapitre publié en Français (Et j'espère le seul chapitre tout court), les dialogues ne sont même pas dans les bulles mais à côté sur une page séparée (y a la place vu le format) parce que comme ça on peut apprécier les CARACTERES JAPONAIS LOL.

Tout ça pour dire que ce portage est daubique, point.

Volume 50 - Aux sources du Z




Une histoire avec Zorglub, ça vous manquait ? Petit canailloux. Mais ne vous attendez pas à une histoire avec Zorglub en achetant cet album. Ce serait une erreur fondamentale de jugement, Zorglub y apparaît certes pas mal, mais on peut considérer qu'il ne fait que de la figuration. C'est pourtant lui qui est à la base du scénario et qui convainc Spirou de faire un voyage dans le temps afin de sauver Miss Flanner, souffrante. L'univers développé par Morvan et Munuera dans Paris-Sous-Seine trouve ici une suite plutôt logique.
Avant de continuer sur le scénario alambiqué de ce volume ultime de Morvan et Munuera, je tiens juste à dire qu'on a évité un gros, un très gros, un énorme fail. À l'origine, ce volume aurait pu s'appeler "Spirou, ami partout toujours", référence à la devise des Amis de Spirou, un vieux club du journal Spirou tellement obsolète que honnêtement je vois pas qui en a encore quelque chose à foutre de cette vieillerie et je vois pas non plus pourquoi les auteurs s'acharnent toujours à faire des références à ce sujet. C'est vrai, à la fin, ça devient pénible.
Donc le scénario : La souffrance de Miss Flanner est due à un incident nucléaire survenu à l'époque du combat de boxe qui opposa Spirou à Poildur. Une invention commune de Zorglub, de Pacôme et de Flanner permet à Spirou de faire des bonds temporels successifs dans le passé, le ramenant progressivement à l'époque donnée.
L'idée de base est bonne et permet d'ailleurs au dessinateur de s'essayer à l'exercice de style "Dessiner à la Franquin", ce qui est toujours sympathique, même si par la même occasion on peut noter quelques accrocs graphiques. Rien de bien grave, mais ça reste à noter.
Le passage de Spirou dans quelques volumes prestigieux de la série (Mais uniquement du Franquin, ce qui est tout de même un peu décevant) a quelque chose de winnant, un peu comme Marty qui revient aux scènes du premier Retour vers le Futur. Oui, le concept est bon. Bien exploité, par contre ? Ha ha ha. Laissez-moi rire.
Avant d'en venir au pire fail de ce volume, qui est aussi le truc le plus foireux jamais inventé dans un Spirou, je vais aussi vous parler des nombreuses incohérences qui parsèment le récit. Déjà, Zorglub. Le personnage est mal utilisé. Bon, rien de bien grave, y a pire.
Spirou revient à l'époque de son combat de boxe, okay, époque qui selon Morvan, Munuera et leur coscénariste de l'occasion Yann (qui aurait mieux fait de se suicider avant de participer à cette bouse collective) coïncide avec les années d'études du Comte, de Zorglub et de Flanner.
... Je cherche la logique. Spirou a rencontré le Comte, déjà vieux et avec une barbe blanche, un volume seulement après le combat. Comment Diable le compte a-t-il pu vieillir en si peu de temps ? Et son produit permettant de vieillir de 70 ans en quelques minutes n'est en RIEN une excuse ! Il ne l'aurait JAMAIS testé sur lui-même ! Et en plus en en parlant, j'extrapole du scénario qui n'a jamais été développé alors hein. Bref, déjà que j'avais des doutes sur l'âge de Zorglub quand je lisais du Franquin (ils étaient ensemble à l'université alors que Zorglub semble plus jeune ? Hmm, soit.), mais ce n'était RIEN, et ce n'était même pas GÊNANT en comparaison Oo
L'autre truc qui me chagrine dans ce volume au potentiel énorme mais totalement massacré, c'est sa fin. Spirou et Fantasio sont tous deux dans le passé. Il y en a deux de chaque. Deux Spirou, deux Fantasio. Deux du passé, deux du présent. Bien, normalement je peux pas faire plus clair. Le Spirou du présent a sauvé Miss Flanner, seulement l'explosion nucléaire a eu lieu. Alors, Spirou ET Fantasio du PASSÉ se ramènent, histoire de voir s'ils peuvent se rendre utile. Et c'est là que ça se corse : Dans la fumée, le Fantasio du présent se téléporte en emmenant le Spirou du passé avec lui. Pendant ce temps, Spirou se marie avec Flanner et vieillit, putain. Non seulement on atteint le summum du paradoxe temporel, mais surtout les incapables qui ont pondu cette merde tirent un trait total et définitif sur l'ensemble de la cinquantaine d'ouvrages qui précède. Le Spirou vieux est LAID et laisse un Fantasio dubitatif avec "un Spirou tout neuf pour vivre de nouvelles aventures". Okay.
En passant, et ce n'est certes qu'un détail anecdotique, mais ça fait partie de la collection d'incohérences foireuses qui jalonnent l'ouvrage : D'où Spirou appelle-t-il Pacôme "ce sorcier de Champignac" ? C'est totalement déplacé de sa part Oo


Spirou et Fantasio par Yoann et Vehlmann
Volume 51 - Alerte aux Zorkons


Yoann et Vehlmann, en reprenant Spirou (Et ils n'en sont pas à leur coup d'essai, comme on le verra juste après), avaient deux choix. Tenir compte des Sources du Z ou ne pas en tenir compte. Ils ont finalement décidé ET TANT MIEUX de ne pas en tenir compte. Cependant, Vehlmann ne peut pas s'empêcher de "faire quelques allusions rigolotes pour faire sourire le lecteur". S'il veut hein. Seulement moi, ça ne m'a pas. du tout. fait sourire. Non, à la place je me suis putain de pris la tête, bordel de merde. Car ces allusions sous-entendent que le Fantasio que nous voyons là est au courant des aléas temporels foireux du volume 50, tandis que Spirou les ignore. Du coup ça me fait mindfucker parce que je pense qu'on peut du coup considérer l'existence d'une ellipse narrative sur une aventure complète de Fantasio, dans laquelle il aurait plus ou moins remis le continuum en place.

Cette aventure se présente comme "un renouveau" de la saga. Hum, faut voir. En tout cas, la narration n'a jamais été efficace que dans les BD de Tome et Janry, ça se confirme. Je trouve les passages de narration, cette fois, beaucoup trop nerveux. Exemple dès la deuxième page : "Notre bon Pacôme aurait-il mis trop de champignons dans son chocolat !?" Outre le côté relativement plat et débile du propos, mais ça encore je m'en fous un peu, il est écrit en grosses lettres grasses et en majuscule, donnant l'impression d'un narrateur surexcité. Au delà de ça, la plupart des textes de voix-off sont de toute façon très mal formulés, ce qui peut rapidement devenir chiant. Non mais non. Les textes hors dialogue de Franquin pouvaient être superflus, les textes hors dialogues de Fournier mal placés, ceux de Morvan et Munuera de plus en plus chelou au fil du temps... Mais ceux de Tome et Janry étaient parfaits, que Diable, pourquoi vous êtes pas FOUTUS d'être au même niveau ?
Trois autres points noirs à relever sur cet album avant de parler du positif. Et du positif, il y en a, hein, tout de même.
Premièrement : Spip. Il s'avère plutôt laid. Adapté au décor, certes, mais laid tout de même. Ça le rend même insupportable, en particulier sur la page 19, qui fait un gros plan sur le personnage assez frappant. En plus de ça, il se met à littéralement parler. S'il a pu le faire à ses grands débuts, ça fait plus de 60 ans qu'il n'est pas sensé savoir parler le langage humain, putain de bordel de merde. Alors ce "-Merci qui ? -Merci Spip !", messieurs les auteurs, vous vous l'enfoncez dans le *BIP*, merci, au revoir.
Deuxièmement, Zorglub. Il est encore moins bien exploité que dans le volume précédent. Ou du moins, les répliques des autres personnages et de la voix-off autour semblent tout faire pour vouloir l'enfoncer, ce qui est plutôt chiant, je trouve.
Enfin, la calligraphie : En effet, la façon dont certains textes sont écrits les rend pénibles à lire; je pense notamment aux quelques répliques écrites en blanc à bords noirs.
En tout cas, cet album nous permet un retour à Champignac, que Morvan et Munuera n'ont pas pu opérer puisqu'ils ont quitté la série assez tôt. Sauf que Champignac est devenu une jungle impénétrable dans laquelle l'évolution naturelle a été suraccélérée. En quelques minutes seulement, chaque espèce de cet étrange environnement est capable d'évoluer pour devenir quelque chose de différent, adapté.
Spirou et Fantasio explorent, retrouvent Champignac, déterminent que tout est de la faute de Zorglub (qui a gaffé, comme d'hab), et au bout du compte la situation est plus ou moins résolue.
Honnêtement, avec le recul, cet album aurait largement de quoi me laisser de marbre voire déçu. Ceci dit, quelques raisons l'aident à avoir de la valeur à mes yeux.
-D'une part, les caractères des personnages sont globalement bien restitués. Nos nouveaux auteurs connaissent leur sujet, aucune inquiétude à se faire !
-D'autre part, les personnages sont globalement bien dépeints. Outre Spip, il n'y a guère que Pacôme pour me déplaire dans cette nouvelle formule.
-Troisièmement, la mise en scène de l'histoire reste assez intéressante, et découvrir cette faune et cette flore encore plus cheloue que celle de La Vallée des Bannis est tout à fait distrayant.
-Quatrièmemement y a le dinosaure, et les auteurs semblent de toute façon tout à fait aptes à utiliser les évènements des autres albums de la série pour nous tisser une histoire cohérente.
-Dernièrement, et c'est la le plus important, le plot twist final, qui annonce un deuxième volume à cette histoire, surpoutre. Sérieux. On est certes loin de La Frousse aux Trousses, néanmoins ça n'empêche pas qu'on ait droit ici à l'un des meilleurs plot twists ever.
Maintenant, ce que j'attends de Yoann et Vehlmann, c'est qu'ils continuent. Mais surtout, qu'ils fassent un truc VRAIMENT exceptionnel pour la suite.


Conte de Noël à Champignac (Non publié, Journal de Spirou 3790)
On n'avait pas vu ça depuis Fournier : Yoann et Vehlmann nous pondent une histoire courte de Noël pour 2010 ! C'est pour le moment dans le numéro 3790 du 1er Décembre que vous pourrez trouver la chose. On y voit Spirou, Fantasio et Champignac réveillonner dans un château visiblement réparé, puis se trouver nez à nez avec l'une des créatures chelous de l'Alerte aux Zorkons. Ils la chassent et finissent par tomber sur le Père Noël. Cela dit, ça se voit qu'on est en 2010... Aujourd'hui, le Père Noël, homme très insolent, finit par être le dindon de la farce.

 
Une aventure de Spirou et Fantasio par...
Concept totalement neuf pondu par Dupuis en 2006. Chaque album est réalisé par un auteur, ou par un duo d'auteurs différent, qui donne sa vision sur l'univers du personnage. Résultat ? Bah ça se lit sans problème dans n'importe quel ordre, indépendamment de la série classique. Cependant, il faut savoir qu'une bonne partie des auteurs ont tendance à faire des références plus ou moins appuyées à Franquin.
La présentation des albums est radicalement différente de la série classique. La taille est plus grande, et le dos de chaque ouvrage est l'occasion de présenter le ou les auteurs du moment et-ou de faire un résumé. Allez savoir pourquoi, le titre change pour Le Spirou de... à partir du volume 6, Panique en Atlantique.


Volume 1 - Spirou et Fantasio par Yoann et Vehlmann : Les Géants Pétrifiés
Quatre ans avant de reprendre officiellement la série, Yoann et Vehlmann nous ont pondu, dans un style radicalement différent, leurs Géants Pétrifiés, ouverture à la série de one-shot. Je ne vous mentirai pas, je préfère largement le style de cet album à celui du volume 51 de la série classique. Cependant, il se prêterait encore moins à la série classique que le style actuel.
Le style est particulier justement, et les auteurs avaient une fois déclaré dans un journal de Spirou qu'ils ne l'avaient pas repris pour leur reprise de la série classique, sachant qu'il fallait faire davantage dans le tout public... Cependant il n'était pas exclus que le style Géants Pétrifiés remonte avec le temps. Bah écoutez les mecs, je suis pas contre, mais faudrait déjà que vous arriviez à tenir suffisamment longtemps sur la série.
Dans cette aventure, Spirou se rend en Nouvelle-Zélande, en quête d'une civilisation disparue. Face à lui un certain Bill Callaway, qui a réussi à embobiner  Fantasio. En l'occurrence, c'est aussi un duel entre "chasse au trésor à l'ancienne" et "modernisme abusé".
Cependant, ce récit comporte deux points noirs. D'abord, les Néo-Zélandais qui guident Spirou et sa clique à travers la Nouvelle-Zélande. Soit parce qu'ils sont bancals, soit parce qu'ils ne sont pas assez développés, les personnages ne parviennent pas à intéresser. Au même titre d'ailleurs que les deux Suédoises d'Alerte aux Zorkons.
Ensuite, Spip. Yoann et Vehlmann me donnent l'impression, décidément, de ne pas beaucoup apprécier le personnage tel qu'il a été dans la série classique. Dans cette BD, il ne fait absolument aucune remarque, redevenant un simple écureuil. Cela dit, ça ne l'empêche pas d'adopter un comportement héroïque lui permettant de rester en valeur. Ouf, c'est déjà ça.
Par contre, le rythme scénaristique est globalement bien foutu. Sauf à la fin, beaucoup plus précipitée.
Enfin, notons que ce Spirou est dans la lignée de Tome et Janry, suffisamment mature pour se laisser draguer par l'Indonésienne Tian.


Back to the rédak (Non publié, Journal de Spirou 3653)
Pour les 70 ans du personnage, le duo Yoann et Vehlmann ainsi que Émile Bravo (Mais on reviendra là-dessus plus tard) nous pondent deux histoires courtes, qui risquent malheureusement de ne jamais être publiées, mais bon, après tout, on sait jamais. Dans celle-ci, le style du dessin commence déjà à s'approcher de ce qu'il sera deux ans plus tard pour Alerte aux Zorkons. L'histoire par contre a un petit côté parodique, puisqu'on y voit Spirou et Fantasio revenir à la rédaction pour les 70 ans du journal et Spirou fouiller la mystérieuse salle des archives des bureaux Dupuis. C'est l'occasion de clins d'oeil au Trombone Illustré, au Club des Amis de Spirou, mais aussi à l'ex-rivalité entre le groom et Tintin. La chute est un peu naze, d'un autre côté elle rappelle un peu Spirou Pirates, dont je compte justement parler dans ce dossier. Comme le monde est petit.


Volume 2 - Spirou et Fantasio par Franck Le Gall : Les Marais du temps






Dans la vie, Franck Le Gall fait une bande dessinée qui s'appelle Théodore Poussin. Ce style de dessin, qui ressemble vaguement à du Tintin, est celui qu'on retrouve bien évidemment dans cette bande dessinée. Ce style est tout à fait adapté au scénario et reste très agréable, même si je ne peux pas m'empêcher de le trouver un peu rebutant, raison pour laquelle je n'ai JAMAIS lu UN SEUL Théodore Poussin alors que le Journal de Spirou m'en a déjà donné l'occasion.
Quant au scénario, il est tout simplement génial. Il permet à Spirou de voyager une troisième fois (N'oublions pas qu'Aux Sources du Z n'est pas paru à l'époque) dans le temps, pour atterrir au XIXème siècle, au quartier des Marais à Paris, où Zorglub attend surtout la venue de Champignac, car pour changer il a gaffé et n'a pas été foutu de réussir le transfert temporel qu'il avait prévu d'effectuer.
Un geste malheureux de Spip coince nos héros en 1865 dans ce fameux quartier, à l'époque particulièrement mal famé.
Le Comte finit heureusement par envisager une solution... Tout serait parfait si Zorglub n'était pas coursé par un certain Crève-Bedaine, à qui il avait confié une arme à Zorglonde.
L'histoire se lit sans accrocs particulier et les personnages de 1865 sont vraiment des personnages de qualité, parlant un patois de l'époque assez fun à lire et délicieusement incompréhensible pour les héros. Quant au lecteur bah, s'il tient vraiment à ce qu'on lui mâche le travail y a un lexique à la fin, mais en l'occurrence le concept est fun de base donc ce serait du massacre d'utiliser ce lexique.
La fin s'avère riche en rebondissements, même si je peux pas m'empêcher de la trouver un peu molle par rapport aux fins d'albums d'autres auteurs.

Volume 3 - Spirou et Fantasio par Tarrin et Yann : Le Tombeau des Champignac
Il paraît que cet album renie tout ce qui suit QRN sur Bretzelburg. Soit. Les auteurs se sont d'ailleurs fait le plaisir d'inclure la fameuse Turbotraction à l'album. Mais la première hein, pas la deuxième, ce que je trouve assez dommage parce que pour ma part je préfère la deuxième. Mais bon. (Et aussi parce que dans QRN, la première avait été pétée par Ibn-Mah-Zoud depuis longtemps)
Je vais en tout cas être direct. Cet album ? Je ne l'aime pas. Ce truc est une erreur qui fait honte à la série, au même titre que Le Groom Vert-De-Gris d'ailleurs. (Cela dit Le Groom Vert-De-Gris est largement pire.) 

Vite fait sur le résumé : Le château de Champignac explose, dévoilant au passage une crypte. Spirou, Fantasio, Seccotine, le Comte et Spip ne seront pas de trop pour EXPLORER. S'ensuit une escapade au Népal pour répondre à l'annonce d'un mec qui aurait potentiellement la possibilité de reconstruire le Château.

Pour cet album, je vais faire un truc assez particulier - Je vais faire un commentaire à propos d'une interview des auteurs. Parce que quand je suis tombé là-dessus, c'est exactement ce que ça m'a donné envie de faire.
Bon, je vous préviens, ce sera pas forcément gentil pour les auteurs, je présente donc d'avance mes excuses les plus plates si jamais quelqu'un était touché.






"On m'a demandé si je connaissais un bon scénariste dans mon entourage... Et ils sont tous morts."
Ouais, j'ai vu ça.


"Un Spirou dans les règles de l'art, dans la continuité de ce qu'avait fait Franquin"
Bon alors oui là on s'attaque à un gros morceau. N'est pas Franquin qui veut. Fournier et Tome et Janry ont proposé des suites tout à fait dignes. Toi euh. Ton style de dessin est laid. Y a pas d'autre mot. Enfin il est pas mal, tout de même, je dois le reconnaître. Nic dessinait bien pire que ça et je suis le premier à reconnaître qu'il était au dessus des tous premiers Franquin. Ceux de 1946-1948, hein. Enfin en tout cas si tu voulais faire un style de dessin à la Franquin c'est raté.


"on a été mis dans une collection parallèle"
Encore heureux O_O


"qui était faite pour des expériences graphiques et scénaristiques sur le personnage, qui s'éloigne davantage de la série classique"
Bon, je crois qu'on n'a pas tout à fait la même approche de la série, perso j'estime que cette série est surtout l'occasion pour les différents auteurs intéressés de donner leur approche du personnage. Après c'est vrai qu'ils sont libres de leurs mouvements et que dans l'ensemble ça reste l'occasion d'expériences graphiques - Il n'y a qu'à voir Les géants pétrifiés pour s'en convaincre -, mais la collection en elle-même est pas forcément faite pour faire des expériences hein. Si tu veux faire des expériences, tu peux acheter le kit du parfait petit chimiste, sinon, ça marche aussi très bien.


"pour être original dans une collection justement on demande d'être novateur, d'innover, de casser les carcans de la BD, nous on a pris le contrepied, ce qui fait qu'on est absolument novateur là d'dans."
Euh... Okay. Admettons. C'est une façon de voir les choses.

"On a fait le plus classique possible."
... Hmm. Donc pour vous, "faire classique", c'est reprendre des idées de Franquin, les mixer à l'arrache, et y ajouter des idées issues de vos propres têtes. Pour vous, faire exploser le château de Champignac, c'est classique. Euh ouais. Okay. Si vous voulez.


"on pouvait ressusciter des vieux jouets, à savoir la Zorglumobile, la Turbotraction si on en avait envie, et donc on s'est pas gênés"
Bah osef hein, que vous ayez compris les règles du jeu.

"on a vraiment fait le Spirou de nos rêves qui correspond à celui qu'on aurait aimé lire étant enfants"
Tant mieux pour vous. Puis ça fait au moins deux lecteurs satisfaits, c'est une moyenne honorable. Heureusement qu'on vous met pas sur la série classique, petits canaillous.

"on a été très déçus de l'arrêt du Spirou par Franquin"
Okay. Vous me dîtes basiquement que vous êtes des vieux lecteurs frustrés de merde qui n'ont jamais été capables d'accepter le changement. Je veux bien admettre que Franquin soit pas dépassable. Je veux bien. Mais faut grandir hein, surtout si votre réaction c'est "faire un Spirou à la Franquin", ça rend pas trop hommage au personnage du coup; à votre place je me serais abstenu.
Et euh, bon, Nic et Cauvin et Chaland okay je veux bien, Morvan et Munuera pourquoi pas (et j'aime bien ce duo, hein), mais Fournier et Tome et Janry étaient de supers repreneurs.

"la tradition de ce qu'on avait aimé gamins"
Ouais, c'est bien ce que je disais, vous êtes frustrés. Vous devriez voir un psy. Et si vous êtes pas content, vous lisez du Jijé ou du Rob-Vel. M'étonnerait que vous les ayez lus. Quand on y réfléchit le Spirou original c'est pas celui de Franquin hein, c'est celui de Rob-Vel, ne vous en déplaise.

"y en avait qu'on trouvait très mauvais mais on a pas le droit de dire les noms"
Bah en même temps vous êtes les moins bien placés pour ça.

"Yann travaille avec."
Hum ? Il aurait un projet avec Cauvin ?

"on a essayé de reconstituer l'ambiance des bons Spirou scénarisés par Greg et Franquin"
Bon alors mec là déjà tu commences par sous-entendre que Franquin tout seul ne faisait pas du bon travail. Tu commences fort.
Ensuite, "reconstituer l'ambiance", ouais, heureusement que y a "essayé" en mot-clé sinon j'y croirais juste pas.

"De l'aventure, beaucoup de naïveté, un côté amusant, enfantin."
Je vous ôte pas l'aventure, mais bon, j'ai rien vu de très palpitant en lisant cet album. La naïveté, je dois dire que vous réussissez assez bien. Le côté amusant par contre là que dalle. Même Nic et Cauvin pourraient réussir plus facilement que vous à me faire rire. Et pourtant Dieu sait à quel point leurs albums sont des erreurs. Enfin le côté enfantin, vous le niquez un peu beaucoup avec les scènes suggérés entre Seccotine et Spirou.

"un peu à la limite du mièvre"
Ce que vous recherchez donc dans Spirou c'est le mièvre ? On n'a plus rien à se dire, alors.

"réutiliser l'univers graphique de Franquin"
Non, c'est juste raté. Batem, le gars qui dessine les BD du Marsupilami aurait été BEAUCOUP PLUS compétent à ce niveau-là. D'ailleurs ouais tiens, ce serait sympa s'il nous faisait un Spirou dans cette collection. Mais bon.

"on a été un petit peu plus loin dans le rapport psychologique des personnages"
... Comme vous y allez. Tome et Janry faisaient beaucoup, beaucoup plus fin que vous sur ce coup-là.

"Le comte il a toujours été barge"
Pas vraiment, hein. Enfin je sais pas mais je trouve pas.

"Dans La peur au bout du fil, déjà, il devenait inquiétant."
... Cette BD fait flipper. Un point pour vous. Seulement je crois que vous ne l'avez pas bien lue. Le comte devient inquiétant à cause d'un produit nocif qu'il avale par pure distraction.
D'ailleurs, confondre le produit - qui n'est plus sensé être un résidu - ainsi que le vacin anti-froid... J'avoue, c'est bien dans le genre de Champignac. Cependant, c'est quoi ce vaccin anti-froid qui rend Champignac aussi inquiétant que s'il avait consommé son résidu ? Là c'est une exagération, j'vous signale.

"c'est plus intéressant un personnage un petit peu fou, mystérieux, tout ça, plutôt qu'un vieillard sénile comme il est devenu par la suite"
Dans Paris-Sous-Seine je veux bien le qualifier de "vieillard sénile". Mais alors généraliser le fait que Pacôme serait devenu un vieillard sénile avec le temps, c'est être TRÈS RÉDUCTEUR. Pacôme n'a jamais rien eu de sénile, enfin ! Sur le coup là, c'est vous les séniles, avec votre fanboyisme déplacé sur Franquin, qui vous empêche de voir les atouts des autres auteurs !

"Fantasio à la base c'était une sorte de dandy, un zazou, c'est un zazou en fait"
. Je développerai pas la façon dont vous développez le personnage mais vous me définissez dandy et zazou ? J'ai pas tous les jours un dictionnaire en main pour comprendre des mots qui servent même pas dans le langage courant et dont j'ai jamais eu besoin de ma vie ou alors je m'en souviens pas.

"Spirou il a toujours été un peu vide, un peu creux"
Je sais pas comment exprimer mon désappointement. Spirou n'a rien de vide, ni de creux... Même pendant la période Franquin.

"le confronter à Seccotine de manière plus intime"
En faisant ça, vous poutrez un peu beaucoup l'esprit Franquin que vous essayez pourtant soi-disant de respecter. Spirou attiré par les femmes passe encore, mais si vous voulez le faire à la Franquin ce type de situation n'existe pas dans les albums.
Et hum, la confrontation intime avec Seccotine, elle est juste totalement malsaine, même dans son contexte.

"Pour voir comment il allait réagir. On savait pas, hein."
Okay, vous laissez vos personnages en roue libre. Et ça marche tout seul. Okay.

"on a mis les persos ensemble, on a secoué puis ça venait tout seul"
De là à dire que la BD dont nous parlons présentement répond aux règles de l'écriture automatique, j'en serais même plus étonné arrivé à ce point là.

"ce qui nous semblait logique et cohérent"
Vous parlez de quoi, là ? Elle est où la cohérence dans ce Spirou ? Je n'ai vu quasiment pas de cohérence, c'est fou. Pas de cohérence dans la BD en elle-même, pas de cohérence historique, et surtout, même pas de cohérence avec Franquin, celui qui vous osez bafouer en commettant cet ouvrage.

Volume 4 - Spirou et Fantasio par Émile Bravo : Le journal d'un ingénu




Avec ce Spirou, on tient là un pur chef-d'oeuvre. D'ailleurs, y a qu'à voir L'AUTEUR.

Émile Bravo, avec Les épatantes aventures de Jules, signait un pur chef-d'oeuvre, dont le style rappelait à la fois du Tintin (Il fait d'ailleurs régulièrement des références à Tintin dans ses bandes dessinées, y compris Le journal d'un ingénu) et du Spirou.
Cet auteur est, ex-aequo avec Dav, mon auteur contemporain préféré. (Parce que sinon mon auteur préféré toutes catégories confondues reste Fred, d'ailleurs fuuuuuu-, où sont passés les deux albums de Philémon que j'ai paumé)
Compte tenu de son style, compte tenu aussi du fait que Spirou changeait régulièrement d'auteur, j'ai pendant des années espérer que Bravo prenne la relève. Peine perdue ? Bah pas vraiment, puisqu'il a fait ce superbe  album. De plus, il semble bien que l'auteur se rapproche des éditions Dupuis... Après tout, le journal de Spirou a publié entièrement la dernière aventure de Jules, La question du père. Bon maintenant la question que je me pose, c'est "Pour quand, le tome 6 des épatantes aventures de Jules ?"
Cela dit, s'il retarde les aventures de Jules, je ne lui en voudrai pas. Si on en croit certaines rumeurs (Donc on sait pas si c'est vrai ou pas, mais là j'espère fort que ça l'est), Bravo préparerait une deuxième contribution à l'univers de Spirou. Et compte tenu de l'épisme profond qu'est Le journal d'un ingénu, je ne peux que vouloir à tout prix lire au plus vite un autre Spirou de Bravo ! L'utopie absolue serait bien sûr que les auteurs de la série classique (En ce moment Yoann et Vehlmann donc) se fassent remplacer par ce génie capable de surtranscender l'oeuvre sur laquelle il travaille.
Le journal d'un ingénu prend délibérément le parti de revenir sur le passé de Spirou, et de répondre aux questions que le lecteur est en droit de se poser. Des questions que Bravo, quand il était gamin, se posait en lisant les Spirou de l'époque.
-Pourquoi Spirou est-il un célibataire endurci ?
-Pourquoi garde-t-il son costume de groom alors qu'il n'occupe plus cette profession ?
-Comment ça se fait que Spip est doué de pensée ?
-Comment Spirou a-t-il rencontré Fantasio ?
Le style graphique de Bravo est fort, très fort. Et surtout, c'est le plus adapté à l'univers de Spirou, plus encore que tous les auteurs de la série classique réunis.
Quant au scénario, il frise la perfection. Découpé en deux chapitres (Ce point de vue rappelle le concept du journal, d'ailleurs), il nous montre Spirou en 1939, groom, rencontrer son premier amour, une maid de l'hôtel, puis se retrouver impliqué dans des négociations entre l'Allemagne et la Pologne. Fantasio, reporter particulièrement gaffeur, s'immisce régulièrement dans le récit. Si au début il se montre particulièrement irritant, il finit par devenir le meilleur ami de Spirou et reste un personnage mémorable du récit - Au même titre que tous les autres, en fait, à commencer par la copine de Spirou.

La loi du plus fort (Non publié, Journal de Spirou 3653)
Pour les 70 ans du journal, Bravo revient sur Le journal d'un ingénu en y apportant ce complément, authentique prologue : Cinq pages qui racontent les circonstances qui ont amené Spirou à récupérer Spip, devenir groom au Moustic Hotel et se faire appeler Spirou. Ce complément surroxxe et justifie à lui seul d'essayer de se chopper ce numéro du journal. Sur ebay ou ailleurs, osef. (Cela dit je viens de vérifier ebay, deux résultats pour 7 euros)

Volume 5 - Spirou et Fantasio par Schwartz et Yann : Le Groom vert-de-gris








Cet album est de la daube à l'état pur et on ne peut RIEN y sauver. C'est même pas digne d'être un Spirou !
Le dessin d'abord : On dirait exactement du Chaland. Sauf que Spirou, sous prétexte que "olol la Gestapo a réquisitionné l'hôtel" porte un costume vert très laid.
Puis le style Chaland euh il est moche hein, qui est l'irresponsable qui a confié un Spirou à quelqu'un qui dessinait de la même façon.
Pour l'histoire : Déjà, ça se passe pendant la seconde guerre mondiale. Cette bande dessinée ne présente aucun rapport de près ou de loin avec Le journal d'un ingénu et la présence d'Entresol dans l'une des cases n'est absolument pas significative. (C'est un clin d'oeil ouais)
Bon bref en tout cas l'histoire en elle-même, c'est l'histoire de Spirou résistant pendant la 2de Guerre Mondiale. On passera sur les éventuelles incohérences historiques et scénaristiques (J'en ai rien à foutre de savoir si y en a ou pas en fait tellement ça merde de partout), et on passera sur le scénario en lui-même, totalement inintéressant. Okay Spirou et Fantasio participent à la libération de la Belgique pendant la guerre. Okay. Cool story, bro.
Bref peu importe, à la limite je m'en fous que l'histoire se passe pendant la guerre ou que Spirou résiste. Ce qui me chagrine, c'est le total non-respect des personnages et l'ensemble du texte du récit. Qui vont de pair.
Mais avant de parler du texte, le respect des persos : Ici, Fantasio est vraiment un zazou. Du coup je me suis renseigné sur ce que c'était depuis que j'ai tapé ma critique au dessus à propos de l'autre Tombeau des Champignac foireux, là. Donc un zazou en gros c'est un courant de pensée obsolète amateur de jazz, de danses débiles, de dadaïsme et d'habits plus ou moins Américains mais en tout cas voyants. Bon. N'empêche, y a un pas entre dire que Fantasio est zazou et le représenter effectivement en zazou. Le personnage en devient particulièrement pénible à supporter - Et ce ne serait rien s'il n'avait pas des potes Zazous juste là pour faire chier.
Parlons de Spirou, maintenant. Je ne sais pas si les auteurs voulaient vraiment faire un retour aux sources avec ce truc, mais ce con s'arrange pour donner deux baisers dans cette histoire. Dont un à une jeune Juive qui subira le même sort que sa chère fiancée dans Le journal d'un ingénu, mais bon, rien à foutre, ce personnage ne reste que trois cases et n'est qu'un vulgaire moteur à relancer l'histoire. Bon, ce baiser-là, d'accord, car cette jeune fille le lui arrache. Mais le deuxième ? Il le donne à une Allemande laide mais qui semble être dans les standards des canons en beauté de l'époque pour donner le change aux soldats qui le pourchassent. Il le donne de lui-même hein. En 1942. Cherchez l'erreur.
Ne parlons pas du fait que Spirou aurait été scout avant d'être groom, ni de sa prise de position politique, qui contraste totalement avec le parfait Spirou de Bravo - Décidément, non seulement ce volume foire, mais il est sorti trop tard, désormais condamné à être comparé à une pure merveille - mais aussi avec le Spirou de Franquin, tant qu'à faire.
Cela dit, ces égarements ne sont rien comparé au texte, que ce soient d'ailleurs les contenus des phylactères ou même les textes off.
Dans cette horreur, tous les personnages parlent en argot Belge. Ou en argot de résistance aussi mais bon peu importe. Pour couronner le tout, il existe AUSSI une version Belge alors la question que je me pose, c'est pourquoi cette torture envers le lectorat francophone, les gens ? Pourquoi tant de haine, de souffrance, d'ignominie ?
Parce que certes, certes, Spirou est d'abord Belge. Certes, certes, les auteurs nous bassinent presque tous de "retour aux sources lol". Hum. Seul Bravo a effectué un retour aux sources de qualité, et encore, LUI, au moins, ne part pas dans la vieille nostalgie foireuse.
Cela dit, un "retour aux sources linguistiques", oklol. Lisez les Franquin, les Jijé, les Rob-Vel ! (bon okay je me base que sur ceux que j'ai en mains) ils parlent tous en Français francophone de France. Ce patois rend cette bande dessinée ILLISIBLE. Quand j'ai lu la première page dans le journal de Spirou, je savais déjà que c'était mal parti, mais c'est vraiment allé au delà de tout ce que je pouvais imaginer ! Cette BD est une grosse erreur de merde pondue par des gens qui n'auraient jamais dû naître pour commencer 
L'histoire est d'ailleurs si peu intéressante que j'ai eu énormément de mal à me retaper ce truc une troisième fois pour pouvoir taper cette critique dans les meilleures conditions. Je crois que le rangement dans l'étagère sera cette fois-ci définitif.

Volume 6 - Le Spirou de Parme et Trondheim : Panique en Atlantique




Après un volume 5 aussi foireux, le volume 6 est une libération. Y a pas d'autre mot. Certes, il présente une faille scénaristique par rapport à Franquin, mais bon, on mettra ça sur le compte d'un choix des auteurs. Dans cette histoire située juste avant le Voyageur du Mézozoïque, Spirou est groom. Mais genre vraiment. Il n'a pas que le costume, il occupe le job. Voilà l'incompatibilité scénaristique de l'album, quand on considère que Spirou, sous Franquin, a toujours occupé le métier de journaliste. Peu importe cela dit, pour le coup de Spirou groom, c'est surtout un excellent prétexte pour envoyer Spirou, le Comte de Champignac, Spip et Fantasio en croisière. On ne reprochera pas aux auteurs de manquer d'inspiration pour le coup, puisque jamais personne n'a foutu Spirou dans cette situation.

Plus amusant, et extrêmement bienvenu de la part d'auteurs qui ont fixé cette chronologie en ayant un but précis, cet ouvrage permet de revoir Sprtschk, ce prof au si génial caractère qui est mort dans l'album où il apparaissait.
Pour ce qui est donc du scénario, Sprtschk a inventé un champ de force ultra perfectionné. Seulement, le premier paquebot équipé de cet appareil a purement et simplement disparu ! Spirou se retrouve groom du deuxième paquebot, dans lequel se trouve également Pacôme de Champignac ainsi qu'un mec qui travaille pour une compagnie d'assurances qui veut s'assurer que le premier bateau n'a pas coulé à cause du champ de force.
Seulement voilà, on apprend que le champ de force ne flotte pas. C'est à ce moment que des algues font irruption et que le champ de force du paquebot où se trouve Spirou s'active et fait couler le navire à pic !
La mise en situation des personnages se révèle épatante. D'ailleurs, dans cet album, Spip fait preuve d'une présence beaucoup plus importante que dans les cinq autres one-shot réunis !
Le dessin est également efficace, même s'il peut surprendre au début - Cela dit étant donné le côté unique de chaque one-shot, c'est normal, seul Bravo a suffisamment de charisme dans le trait pour convaincre dès la première planche. Le côté relativement simple des personnages donne aussi de la nervosité à l'histoire, ce qui est toujours bon à prendre, surtout quand on sort d'un Groom Vert de Gris au dessin si... Lourd. Là en revanche, c'est rafraîchissant, un peu comme l'air du large qui balaye le pont du navire où se trouvent les héros.
Pour en revenir au scénario en lui-même : Comme je l'ai déjà exprimé, le synopsis brut n'est pas forcément le meilleur de tous les temps. Cependant, la mise en scène de l'ouvrage est tellement bien faite qu'elle a plutôt tendance à faire oublier les quelques accrocs qui pourraient entraver la lecture de l'ouvrage, et finalement c'est bien à un Spirou de qualité qu'on a affaire là. C'est l'essentiel. Et en plus c'est une aventure aquatique, et l'eau, c'est bien. Un point de plus pour le one-shot de Parme et Trondeim.


Spirou Pirates
Avant de vous parler de ce truc TRÈS particulier, un mot sur Tintin.
Tintin, du fait de l'interdiction totale de Hergé qu'on reprenne le personnage, a connu un nombre tout simplement phénoménal de reprises pirates. La plupart sont des parodies merdiques. À côté de ça, il y avait Yves Rodier et sa version de l'Alph-Art, la reprise de la perfection absolue, un Tintin totalement digne de Hergé.
En revanche, Spirou, peut-être justement du fait qu'il appartient à un éditeur et qu'il change d'auteur comme de calot, n'a jamais été parodié (La parodie Spouri, qui m'amusait au début mais que je trouve finalement immonde, ne compte pas étant donnée qu'elle passe dans le journal de Spirou de temps à autre) ou repris de façon pirate. Mais vraiment jamais.  SAUF ICI.
Eh oui, comme son nom l'indique, Spirou Pirates est un... Pirate. Cependant, c'est à un authentique hommage à la série qu'on a affaire ici, et sa lecture vaut le coup, d'autant plus que son statut de pirate fait qu'on le trouve gratuitement sur son site officiel. (Cela dit je reconnais que le format "mini livre à imprimer" est vraiment pas pratique)
Les auteurs sont Sergueï et Mikäelof, l'éditeur s'appelle "Ma pomme", ne m'en demandez pas plus, je n'en sais pas plus à ce sujet. En dehors de quelques illustrations, la bande dessinée est intégralement en noir et blanc et raconte l'histoire de Spirou qui tombe sur diverses copies de lui-même, avant d'apprendre qu'il n'est que la création d'un auteur de BD et que toutes les versions passées de lui-même sont regroupées dans un zoo.
Si peu officielle soit-elle, cette aventure permet un certain nombre de références, notamment à des auteurs de BD. Elle permet surtout, comme je l'ai dit plus tôt, un superbe hommage. Quant à la mise en scène de l'intrigue, bah c'est très simple, Spirou Pirates est digne d'un Franquin, même si par certains points on voit l'oeuvre de fan au travers du simple hommage.


Les produits dérivés
On dirait pas comme ça, mais l'univers de Spirou a déjà été décliné en divers produits dérivés. Je ne vous parlerai pas de figurines (même si j'en ai deux qui traînent quelque part), mais plutôt de produits dérivés véritablement culturels. Donc en fait ça va se limiter à trois types de produits : Dessins animés, jeux vidéo, musique.


Les dessins animés
Spirou
Le premier dessin animé de Spirou est... Correct. Moyen, mais correct. Il compte 52 épisodes, parmi lesquels sept adaptations : Aventure en Australie, Qui arrêtera Cyanure, L'horloger de la comète, La Vallée des bannis, Vito la Déveine, L'incroyable Burp, Le Rayon Noir.
C'est donc sur les albums de Tome et Janry que se base cette première adaptation, en deux saisons, des années 1990. Certains personnages des albums de Tome et Janry y deviennent récurrents, à savoir Vito Cortizone, son associé Von Schnabbel, Aurélien de Champignac (Source d'un grand nombre d'épisodes temporels), Cyanure et son créateur Caténaire. Notons que dès l'épisode 2, Spirou et Fantasio héritent d'une nouvelle voiture bâtie par Caténaire, une voiture robot intelligente du nom de Pénélope, parce que les auteurs avaient envie de faire plus ridicule que Noémie.
Les quelques adaptations d'albums que j'ai pu voir sont totalement à chier en tant qu'adaptations.
La musique est pas mal. Sérieux. Je l'aime bien. Les doublages ? Bah ils sont pas si mal non plus, en tout cas on s'y habitue, même si ça aurait pu être beaucoup mieux.
L'animation et les graphismes en revanche... Si le générique est winnant, l'animation des épisodes ne me convainc pas du tout. Le chara design est hideux. Cyanure, méchante régulière, bénéficie d'ailleurs d'un look totalement différent que son look originel, et dans ce cas précis, je dois dire que j'ai une préférence pour ce look alternatif.
Enfin, le dessin animé a beau être vraiment très moyen, je suis en quête pour le voir en entier. Par curiosité. Et aussi parce que certains des épisodes que j'ai pu voir avaient quand même des scénarios assez intéressants. J'avais bien aimé L'île du joueur fou, qui contenait quelques sous-entendus à l'univers palpitant du jeu vidéo.


Spirou et Fantasio
De 2006 à 2009, Spirou a vécu de nouvelles aventures sur petit écran. J'en ai d'ailleurs vu quelques épisodes. Mon avis sur ce dessin animé ne s'est pourtant pas forgé en regardant ces quelques épisodes, mais bien en apprenant en détail l'IMMENSE MASSACRE qu'est cette chose. Pourtant ça commençait bien, contrairement au dessin animé précédent, ici on a droit et à Zorglub et à Zantafio ! L'épisode avec Zantafio que j'avais vu était d'ailleurs pas trop mal, même s'il était discutable par moments. Cela dit le Zorglub du dessin animé est ultra laid Oo
Maintenant pour ce qui est du massacre...
Imaginez - Zorglub contrôle une armée de "Zorgloïdes" et a une fille nommée Zaoki. Il veut oeuvrer pour le bien de la planète, quitte à faire des dommages collatéraux, tandis que sa fille, écologiste convaincue, essaye de limiter les dégâts.
On passera sur les Zorgloïdes qui sont une pâle copie des Zorglhommes en plus "tout public" (ce qui n'empêche pas qu'ils failent, bien au contraire), et on parlera plutôt de sa fille. Alors voici ma question : D'où il a une FILLE ? Avec un tel blasphème, ce dessin animé est FORCÉMENT. FOIREUX.
Le dessin animé doit apparemment être "axé tout public". Cependant, il y a une différence majeure entre "définir une cible principale" et "ignorer les autres cibles potentielles". Il y a aussi une différence entre "faire tout public" et "massacrer l'original". Cependant, les réalisateurs de ce truc foireux semblent ne pas l'avoir compris.



Les jeux vidéo
Spirou
Sorti en 1995 sur Sega Genesis, Snes, PC, Game Boy. Il y avait apparemment une version Game Gear, mais elle n'est jamais parue. Les version GB et GG proposent une structuration des niveaux assez différente des autres versions, les rendant globalement plus abordables. Même si le fait que Spirou se mange des dégâts quand il tombe de trop haut complique un peu le jeu.
Pour ce qui est de l'histoire de ce jeu développé par Infogrames, gens qui ont fait de belles merdes, mais aussi gens qui ont fait Lucky Luke (qui reste mon jeu de plates-formes préféré sur Game Boy Color) elle n'a ni queue ni tête. Cyanure dérobe une invention du Comte, s'ensuit une course poursuite sans grand sens. Le scénario mélange chaotiquement situations de la BD et situations du DA, d'ailleurs notons que c'est à la Cyanure du DA que l'on a affaire ici. (Et puis elle a une illu inédite dans le mode d'emploi du jeu GB)
Notons que la couverture du jeu est une reprise de la couverture de La vallée des bannis, avec néanmoins un fond différent. Notons aussi une superbe illustration de Cyanure de l'anim par le dessinateur dans le livret de règles (Sur GB hein j'ai pas le livret du jeu sur une autre machine).


Spirou : La panique mécanique
Plus original, ce jeu Game Boy Color adapte l'album Qui arrêtera Cyanure. Je pense que ça doit facilement être la seule bonne adaptation d'album de BD jamais créée, étant donné le nombre incroyable d'adaptations de dessins animés adaptés de BD, ou encore d'adaptations foireuses. C'est Ubi Soft qui s'en occupe et le jeu dispose du système Ubi Key, qui semble plus ou moins fonctionner par infrarouges et permettre l'ajout de niveaux supplémentaires aux jeux compatibles. Je testerai ça avec mon exemplaire de Papyrus à l'occasion.
La principale originalité du soft, outre que les commandes de Spirou sont plus développées et agréables que dans le Spirou d'Infogrames, c'est la possibilité d'aller de case de BD en case de BD à la Comix Zone, ce qui est toujours sympa.
La mise en scène du jeu est d'ailleurs assez roxxante : Tout est fait pour donner au joueur l'impression d'avancer dans une authentique bande dessinée, qui prendrait vie de case en case !
Dans ce jeu, pour se défendre, Spirou utilise un marteau.
La couverture du jeu est une illustration totalement inédite, où Spirou massacre des robots avec le fameux marteau.

Bandes originales du journal Spirou
Une initiative VRAIMENT originale a été prise en 1989. 16 compositeurs ont donné leur vision jazz de l'univers des personnages du journal de Spirou ! Dans les deux CD qui composent le coffret, le Docteur Poche croise Gil Jourdan et Sybilline. Quant à Spirou, trois de ses aventures sont délicieusement mises en musique : QRN sur Bretzelburg, Le voyageur du mézozoïque et Spirou à New-York. En tout cas, la conversion musicale est véritablement épique. Le statut de bande originale est ici mérité, bien que ce ne soient jamais que des adaptations musicales de bandes dessinées. En tout cas je dirais pas non à un Bandes originales de Spirou 2010 avec quelques unes des bandes dessinées actuelles du journal - Alerte aux Zorkons, bien sûr, puisque c'est le dernier Spirou paru, l'excellent Animal Lecteur, Le journal d'un ingénu (Je vois ici très bien un morceau du même genre que la musique qui se laisse entendre dans la bande annonce de cet album), Antarctique Nord ou encore Spirou Dream Team, même si cette BD est une grosse merde comparée à Le Boss, dont j'aimerais bien me procurer les albums qui me manquent à l'occasion.
Les BO du journal Spirou de 1989 sont elles bien disponibles, même si on ne peut les chopper que par Internet.
Plus d'informations par ici !

Conclusion
Euh, merci d'avoir lu :3
J'espère que vous avez pris autant de plaisir à lire ce dossier que moi à le faire, et si ça vous a décidé à lire du Spirou, bah je vous souhaite une excellente lecture.
Je n'ai plus qu'une seule chose à ajouter :

STILLSCHWEIGEN FÜR FREIHEIT FÜR BRETZELBURG !

Bonne journée/soirée.

13 commentaires :

  1. Wow sa race. J'ai pas touché à un Spirou depuis presque dix ans mais à l'époque j'avais pillé ma bibliothèque municipale et j'ai du en lire plus des trois quarts. Du coup en lisant la description de certains tomes (ceux de Tome & Janry plus particulièrement, qui font un peu bizarre quand tu es en CM2), j'ai eu des flashs de case, de situations. Genre Vito tout maigre qui devient gros en genre trois cases... Je devrais y rejeter un oeil. J'avais lu le début du one shot de Trondheim la dernière fois et j'avais pas été très convaincu :P.

    Et moi aussi je suis vraiment pas fan de la Jeunesse de Spirou. Je trouve ça vaguement bas de plafond et pas toujours très drole. Même si Monsieur Mégot...

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  2. La VO de "QRN sur Bretzelburg".
    Ce n'est pas l'édition de Marsu qu'il vous faut (elle est apparemment en noir et blanc), mais bien celle de novembre 1987 chez Dupuis (format standard légèrement plus épais, 80 pages). Cette édition a une jaquette souple dont vous pouvez voir l'illustration sur bedetheque . com : http://www.bedetheque.com/album-18744-BD-QRN-sur-Bretzelburg.html

    Je ne sais pas s'il y a eu des réimpressions sous la même couverture, ou sous une autre, mais amazon . fr semble en vendre d'occasion entre 45 et 79 euros : http://www.amazon.fr/Qrn-sur-bretzelburg-Franquin-Greg/dp/2800115580
    Il n'y a pas d'illustration mais l'isbn correspond.

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  3. Ah oui en effet. Je bave dessus, maintenant. Je verrai si je peux m'en faire offrir un exemplaire pour Noël, ce qui serait plutôt pas mal ma foi.

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  4. Une autre différence dans la VO publiée en 1987, est qu'à partir de la page 31 de album normal il existe un décallage d'un strip. Le dernier bandeau de la page 31 est en fait le premier de la page suivante. Ce qui explique aussi que l'histoire se termine au niveau du 3e strip sur la dernière page.

    La conséquence immédiate est qu'à partir du strip manquant ; qui a tout simplement été oublié/retiré de l'histoire (on se demande pourquoi) ; chaque "chute" de bas de page n'existe plus, puisque la dernier strip est a chaque fois le premier de la suivante.

    L'édition de 1987 contient aussi 6 reproductions de couvertures de recueils du journal de Spirou; ainsi que qu'une dizaine de pages explicatives.

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  5. Avez vous remarqué Delporte qui passe un disque 33 tours sous le bras, lorsque Fantasio va chez maître Mordicus ? c'est la première fois à ma connaissance qu'il apparaît dans Spirou.
    On apprends aussi bien des choses sur la couverture de l'album du journal 78, entre autres que le torero Juan Roba tue les toros "con su nariz"
    Vous pouvez aussi voir dans la vue panoramique du combat contre Poildur que le cinéma du quartier passe "Tarzan au pôle Nord" et en observant bien que la propriétaire de l'hôtel de la gare à Poissifflet est la veuve Sanglier.
    Je pense que le dentifrice Croc violet à l'aniline n'a plus de secret pour vous, et que vous avez remarqué au cours de vos lectures que le "grand tailleur" des maisons préfabriquées a chanté de visage pour la nouvelle édition.
    Je suis vieux maintenant, et je lis Spirou depuis 1947, j'ai abandonné après Fournier, ne retrouvant plus l'esprit de Franquin.
    On ne peut pas être et avoir été, même pour un héros de bande dessinée.

    Au juste aviez vous remarqué que Batem votre copain de Marsu Production décalque des poses de Lagaffe pour le transformer en Marsupilami ? On a toujours besoin de Franquin !
    Même pour ça, ils sont nuls !

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  6. Waw, sincèrement waw, honoré d'avoir un tel commentaire.
    Je ne vous cacherais pas que pour quelqu'un qui ai lu tous les Spirou de nombreuses et nombreuses fois, j'ai le tort de ne jamais avoir essayé d'analyser, ce qui est un défaut assez récurrent chez moi.

    Ceci dit, tous ces détails que vous avez mentionné, j'aurais bien été en peine de les voir de moi-même. Pourquoi ? Peut-être tout simplement par manque de culture générale. Et aussi parce que je n'ai jamais pris la peine d'analyser chaque case des différentes aventures de Spirou. Peut-être m'essayerai-je un de ces jours à cet exercice sur l'un ou l'autre Franquin, voire sur un Fournier, puisque comme j'ai dû le dire dans le dossier au-dessus, j'adore cet auteur.

    Quoi qu'il en soit, je vous remercie encore d'avoir pris le temps de poster, je ne m'attendais vraiment pas à recevoir un avis de quelqu'un qui n'est pas dans la tranche d'âge qui visite ce blog habituellement !

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  7. J'ai eu le temps, pendant toute mon enfance -et toute ma vie- de lire et de relire Franquin, de voir les fantaisies qu'il glissait un peu partout dans les pages.
    J'ai 69 ans donc 63 ans de lecture et relectures, il est normal que j'ai remarqué quelques détails, comme le nom de l'artificier de Champignac (M. Cordite) ou celui de madame Pinçon la concierge alors que le gentil mari, est, lui, monsieur Pinson. (comme la concierge de Tintin d'ailleurs du temps où il habitait rue du Labrador).
    Le Dr Palpet est "Zooïatre" et pas seulement vétérinaire et il préfère les chevaux vapeurs.

    Il avait souvent des publicités assez bizarres comme ce dentifrice Croc à l'aniline qui apparait lorsque le flic de Champignac poursuit le Marsupilami avec la bombe de métomol.

    Comme Hergé, Franquin vivait dans son époque, il faut le voir avec un esprit de l'époque et ne pas partir dans des grands délires sur son "colonialisme". Quand le dictionnaire Larousse en était à dire des Aïnous que "ces gens sont tellement sales qu'on n'a jamais pu savoir la couleur de leur peau", je pense que ça désamorce un peu le nettoyage des lilipangues.

    Il ne s'agit pas d'analyser mais de regarder les détails, et je suppose que beaucoup, trop jeunes, seront un peu paumés et ne reconnaîtront pas cet univers qu'ils n'ont pas connu.

    Pour les publicités, je me souviens aussi de celle du Grand magasin de Bruxelles (brûlé depuis) sur le bus (avec le léopard) qui s'est transformé en "Inondation", des différentes bières de Palombie "cerveza colibri" par exemple, ou de la tentative (manquée d'ailleurs) de camoufler les chocolats De Beukelaer
    qui sont vendu par l'épicerie de Champignac (au coin de la rue du Marché "le voyageur du mesozoïque").
    Je pense que vous avez aussi remarqué qu'Alesi cours à Cocochamps, (je pense qu'à l'époque le véritable était vraiment trop jeune).

    Au juste savez vous ce que Franquin reprochait à Jean de Maesmaker ?

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  8. Pinson et Pinçon, bien entendu, même si je n'avais pas fait de rapprochement à Tintin, dont je maîtrise beaucoup moins l'univers.
    J'essayerai à l'occasion de voir tous ces détails publicitaires que vous mentionnez.

    Pour ce qui est de Jean De Maesmaker, je ne le connais que par son personnage dans les quelques bandes dessinées de Gaston qui ont pu passer entre mes mains, ainsi que bien entendu son bref passage dans Bravo les Brothers.
    Je ne sais pas d'où vient ce personnage à la base, et je serais donc bien en peine de savoir pourquoi il est comme ça et ce que Franquin avait bien à reprocher à un individu portant le même nom dans son entourage.

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  9. Ouh la la la faille !
    Jean de Maesmaker est le nom de Jidehem, le complice habituel de Franquin, son assistant qui dessinait si bien les bagnoles dans les chroniques auto, et dans Spirou ou Gaston.
    Aimé de Maesmeker le monsieur qui veut toujours signer des contrats est la caricature du père de l'autre, ce qui avait jeté un petit froid dans leur relation.
    Le reproche amical que faisait Franquin à Jidehem, est simplement qu'il ne payait pas souvent à boire !
    Mais ça ce sont des renseignements confidentiels qui ne sont paru nulle part. J'ai un frère qui a du aller une semaine chez Jidéhem pour son travail, et un jour Franquin a débarqué et emmené mon frère voir les bistros de Bruxelles "dans lesquels il y a de la sciure par terre" et bien entendu de bonnes bières. Un peu comme si Dieu le père vous emmenait faire un tour du paradis...

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  10. J'avoue, je n'avais pas fait le rapprochement Jidéhem/JDM/Jean de Mesmaeker, et je n'étais pas non plus au courant que le personnage s'appelait André.
    Magnifique anecdote, ceci dit !

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  11. Aimé de Maesmeker, on l'apprend quand il se parle à lui même lorsque Gaston a transformé le bureau en piste de planche à roulette. Il se dit "toi Aimé de Maesmeker qui a toujours foncé"...etc et il fonce pour obtenir une bosse "en casque de pompier"
    C'est à l'occasion d'un de ses cauchemars lors de la guerre des parcmètres, qu'on apprends que Longtarin se prénomme Joseph, C'est à l'occasion d'une fête du journal (rédactionnel) qu'on sait que Prunelle se prénomme Léon. La seule dont je ne sache pas le prénom je ne l'ai jamais vu nulle part, c'est la secrétaire ou stagiaire petite amie de Lebrac.
    Le chat de Gaston, c'est Sonia c'est le chat de la fille de Franquin et dans la réalité, ils l'ont eu tout petit, et manifestement n'avaient pas reconnu son sexe.

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  12. Avez vous remarqué que le Comte de Champignac monte en grade dans l'album "il y a un sorcier à Champignac" ?
    Quand il passe au feu rouge du maire, il est appelé "Monsieur le Baron" par le maire qui rajoute "tout baron qu'il est; il se cassera la figure"... Sous entendu quand le magnifique feu servira à quelque chose...

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  13. Bon, perso, j'utiliserais pas le même style... Cela dit, je partage à peu près tous les ponts de vue, notamment sur les 3 derniers "ouaneshotes", ou "Spirou de...". Avis exprimés ici sans concession, mais je suis COMPLÈTEMENT d'accord... et ça semble plutôt rare ?...
    Merci donc pour ce magistral parcours critique à travers ma série culte...

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