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lundi 12 octobre 2009

Achille Talon et l'Arme du Crocodile

Autant être clair. Les Achille Talon les plus récents, dont l'auteur n'est pas Greg, ne servent à RIEN. Il n'y a qu'à voir ce gag stupide, où le héros se plaint de ne pas avoir d'animal de compagnie à lui.

IL EN AVAIT POURTANT BIEN UN.

Pétard, canard portant un béret, et un bonnet de nuit quand il dort (il ne peut pas se découvrir parce que sinon il attrape froid), a fait sa première apparition dans l'Esprit d'Éloi, un format d'Achille Talon peu courant, mais qui s'est démocratisé à cette époque.
Ce format? L'aventure complète.

Le volume suivant, l'Arme du Crocodile, se targue d'être la suite directe de l'Esprit d'Éloi; pour preuve, le comportement de Chichille à l'égard de l'ovipare.


L'ovipare est en couverture, en plus. Quel cuistre.

Cela dit, quel est le propos de l'Arme du Crocodile? Est-ce une aventure incroyable qui se passe dans la jungle, terrible jungle, et fait participer des crocodiles?
EH BIEN NON.

C'est à la vérité un bien sinistre drame qui s'impose à Achille et à son voisin Lefuneste. En effet, les abeilles du voisinage, devenues totalement folles, se mettent à dévaster les champs de fleurs. Qui fanent d'une façon tout à fait abominable.

Au grand malheur de Talon père, les champs de houblon (qui ne sont même pas des fleurs), sont dévastés également.

Parallèlement, un problème plus que moderne s'impose à la foule en pleurs.


Nous avons ici un exemple typique de pompiste en pleurs. Incroyable, n'est-ce pas?

Mais qu'est-ce qui fait la désillusion de la grande majorité de la populace?, me demanderez-vous certainement.

Eh bien, une gigantesque pénurie d'essence.

D'une façon tout à fait opportune, Achille, son papa à lui, Lefuneste et Pétard tombent sur un sympathique Anglais qui fait des recherches sur le sujet. ET LÀ, DE NOUVEAUX DRAMES SE NOUENT.

Quand on lit un Achille Talon, il n'y a jamais à être déçu.
En l'occurrence, Greg manie son récit avec une perfection qui ne se dément jamais. Il mène le lecteur exactement où il veut le mener, utilisant, comme à son habitude, des expressions d'un raffinement exagéré. Chaque personnage a évidemment un caractère bien défini. Mais là où le gag d'une ou deux pages ne s'attarde pas dessus, ici, on a le temps d'apprécier un Talon père plus intéressé par la bière que jamais, un Lefuneste particulièrement couard, et un Chichille toujours égal à lui-même, bien qu'il montre un changement de comportement des plus intéressants au fil de l'album.

Je parle bien entendu de son comportement envers Pétard, son canard au béret basque, dont il a hérité suite à un accident fâcheux. Il fait tout ce qu'il peut pour que l'on voie bien qu'il hait cette volaille, mais, dès le début, ses vrais sentiments transparaissent. Lefuneste tape juste: Achille se donne "des airs d'ogre" mais apprécie plus que tout la compagnie du volatile.

Oh, et un détail qui a son importance. Non seulement Greg est un maître des mots et du trait, mais, dans toutes ses aventures complètes d'Achille Talon, il réussit à maintenir un suspense de bas de page à la Hergé. (Hergé dont il parle par ailleurs explicitement dans un autre ouvrage, le père d'Achille trouvant honteux ce procédé récupéré traîtreusement chez le voisin.)
Un suspense de bas de page qui ne se solde jamais par le résultat qu'on attendrait. Et ça, c'est bien.

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