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jeudi 6 août 2009

Silence

Avant propos

Connaissez-vous la Pegi?
C'est la signalétique Européenne qui régit les âges théoriques d'achat des jeux en Europe depuis 2003. Ils font un travail remarquable. Euh non, excusez-moi. Il font un travail bâclé. Il n'y a qu'à voir les situations foireuses qu'ont entraîné leurs idées à deux balles.

Exemples:

-Pokémon. La Pegi a des règles strictes. Et l'une de ces règles interdit les jeux d'argent dans les jeux vidéo, ou sinon on accole un 18+. Bizarre, MySims a un casino avec des jeux d'argent et a été évalué 3+. Pokémon Diamant et Perle ont également échappé aux mailles du filet.
MAIS C'EST FINI.
Car dans la version Européenne de Platine, les machines à sou sont tout bonnement supprimées.

-Phoenix Wright: Ace Attorney: Trials and Tribulations. Jeu remarquable, qu'on ne mettrait certes pas entre toutes les mains, T&T a dû être repoussé le temps d'amadouer la Pegi pour qu'elle garde le 12+ et ne mette pas de 16+ à ce jeu, qui, même s'il avait des scènes plus pénibles que les autres, ne méritait pas un tel traitement.

Où je veux en venir? Au fait que dès à présent, je proclame que les articles de ce blog seront évalués avec le système Pegi.

On peut y aller, à présent.

Silence



C'est une bande dessinée fort sympathique que je me suis procuré d'une façon tout à fait amusante. Assez étrangement, l'étiquette était toujours en francs, c'était donc soldé, avec trois autres bandes dessinées, à 15 francs au lieu de 35. De mauvaises langues diront que j'ai payé mes deux achats 15 euros pièce et crieront donc à l'arnaque, heureusement pour moi ce n'est pas le cas. La vendeuse, qui n'avait même pas l'air au courant de la présence de ces bandes dessinées dans son étal, me les a faites à 1,50 pièce.

L'une de ces bandes dessinées s'appelait Silence et était signée par un auteur dénommé Comès. Apparemment, elle passait dans le magazine À suivre. La première édition était en noir et blanc, c'est d'ailleurs celle qui est en ma possession, mais apparemment l'édition la plus récente a été colorisée.

Donc Silence, qu'est-ce que c'est? C'est l'histoire d'un homme muet, nommé très justement Silence. Elle se passe après la seconde guerre mondiale dans le village de Beausonge (en Ardennes), mais on peut noter qu'à la manière de Champignac dans Spirou, Beausonge est très empreint de croyances populaires moyenâgeuses. Il y est question de sorcellerie et de mauvais oeil.

Silence aurait-il lui aussi la "mauvue"? C'est ce qui inquiète Abel Mauvy, "le maître".

Du côté de la narration, l'auteur a eu une idée de génie, proche de ce que Goscinny avait pu faire en son temps. Ce dernier, dans les Astérix, changeait le type de caractères en fonction de la langue. Ainsi, les Germains parlaient en gothique, et c'était monnaie courante de voir les Égyptiens parler en hiéroglyphes. Pour ce qui est de Silence, non seulement il écrit (sur son ardoise) en phonétique, mais ses pensées elles-mêmes sont retranscrites en phonétique.

Mais le temps de l'innocence ne durera pas, puisque notre héros va rencontrer une femme. "La Sorcière". Celle-ci, en utilisant des champignons (une sorte de drogue?), va éveiller l'esprit et la mémoire de Silence, lui révéler la vérité sur son passé.
Ce n'est pas peine perdue, mais cela ne durera pas, puisque, sans aide de la sorcière, le muet reste aussi stupide qu'il l'était auparavant.
Cependant, c'est cette stupidité qui fait tout son charme. Car cela en fait un être naïf, au grand coeur. Il ignore le mal et parvient à être ami avec les vipères.

Mais le mal survient. Au milieu d'une tempête de vengeances entre la sorcière et le village, le pauvre Silence va se retrouver victime de bien des tracas. Il va aussi prendre du plaisir avec la sorcière, qu'il a appris à aimer. Sa naïveté est d'ailleurs tempérée par cette dernière, qui décide de lui enseigner les arcanes de la magie (pour le plus grand malheur de Beausonge).

Au final, Silence reste une grande oeuvre. Tout comme le Corbac aux baskets, le propos est la discrimination, mais cette fois sur un ton différent, beaucoup plus sérieux, oscillant entre un dessin caricatural et un ton particulièrement dur.

Il a été réédité il y a une petite dizaine d'années en couleurs par Casterman, (en deux volumes, là j'ai le tout en un seul ce qui est bien pratique) donc vous le trouverez peut-être, auquel cas je vous recommande sa lecture. Il faut juste savoir que c'est assez déconseillé aux âmes sensibles.

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