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dimanche 29 mars 2009

Spirou: Sa vie, son oeuvre.

- AVERTISSEMENT -
Le billet que vous vous apprêtez à lire est âgé de plusieurs années, et ne reflète plus ma personnalité ni mes opinions. Par conséquent, merci de bien vouloir le considérer comme une simple archive.
Bon, avant de commencer cet article, un petit retour sur le contexte.
C'est en 1938 qu'est créé Spirou par Rob-Vel. Il y a 70 ans l'année dernière, donc.

Spirou est aussi la mascotte du journal éponyme, mais c'est du personnage que je voudrais parler aujourd'hui. De son évolution, bien sûr, mais surtout des derniers albums en date, ceux de Morvan et Munuera.

On va donc commencer par son évolution.
Il a été créé par Rob-Vel, certes, mais, appartenant aux éditions Dupuis, a connu de multiples reprises. La première, par Jijé, a permis la naissance de son comparse, Fantasio.
Ensuite, on est passé à Franquin. Ses bandes dessinées sont considérées par beaucoup comme l'âge d'or de la bande dessinée Spirou.
En même temps, étant donné le génie déployé dans QRN sur Bretzelburg, ce n'est pas anormal.

Ensuite, on a eu Fournier. Pour moi, c'est le meilleur au niveau du scénario, mais, étant trop avant-gardiste, il a été écarté à cause de l'Ankou, où il dénonçait les centrales nucléaires.

On a ensuite pu apprécier les travaux de Nic et Cauvin, mais ceux-là n'ont pas su convaincre et on est passé à l'ère Tome et Janry.
Ils auraient pu rester, mais, après Machine qui Rêve, album tellement avant gardiste que j'ai mis du temps à comprendre son propos (en même temps j'étais jeune quand je l'ai lu), dont le style était totalement différent de ce à quoi ils nous avaient habitué, totalement décalé de ce qui s'était fait jusqu'à présent, après cet album, donc, ils ont pris la décision de se retirer de la scène.

Ce qui somme toute est assez dommage puisque, d'après un communiqué qu'avaient fait les auteurs à l'époque de Machine Qui Rêve, Zorglub allait apparaître dans l'album suivant.
Et en plus, ils ont continué le Petit Spirou. C'est humoristique, mais bon, c'est plus parodique qu'autre chose, et le fait que cette bande dessinée soit citée au tout début de l'Homme qui ne voulait pas mourir, la deuxième production de Morvan et Munuera, est pour moi une hérésie.

Enfin bref, tout ça pour en arriver à notre dernier duo en date: Morvan et Munuera.
Je ne vous parle pas des spin-offs pour l'instant, la qualité est bien entendu inégale d'un album à l'autre.

Quoi qu'il en soit, Morvan et Munuera ont produit quatre albums avant de se faire virer. Le cinquantième est donc leur chant du cygne sur cette série. (S'ils prennent la décision de se remettre à Sir Pyle, on ne va pas s'en plaindre.)

Ce que je ne parviens pas à comprendre, c'est que la critique les ait assassiné. Bon, je n'ai pas beaucoup aimé leur première prestation, Paris-Sous-Seine, mais la qualité du récit s'est fortement améliorée par la suite. (Je n'ai pas non plus aimé les gros plans sur les yeux et autres parties du corps. Pour le coup, Franquin avait beaucoup plus de talent en matière de mise en scène.)

Mais bon, pourquoi, mon Dieu, pourquoi a-t-il fallu que les commentaires que l'on trouve sur Internet à l'égard de Morvan et Munuera soient si désobligeants?
Des scenarii de roxxorz servis par un dessinateur tout aussi génial. Que demander de plus? MAIS NON. Les gens, voyez-vous, n'aiment que le style de Franquin. Ils sont si peu ouverts qu'ils ont adoré le Tombeau des Champignac (style de Franquin! Joie infinie), malgré un scénar que, personnellement, j'ai trouvé particulièrement indigeste.

Et puis le personnage de Spirou est sensé évoluer. Pourquoi Fournier lui a-t-il fait pousser les cheveux? Pourquoi Tome et Janry lui ont-ils enlevé définitivement son ancien costume de Groom? Pour s'adapter à l'ère du temps.

Mais voilà, Morvan et Munuera ont leur logique. Ils l'expliquent d'ailleurs à mon goût assez bizarrement, vu que leur but semble être de toucher le public des lecteurs de mangas, de plus en plus nombreux.

Bon, là, ça devient ridicule, je trouve.
Quelqu'un qui lit des mangas et rejette un autre support de lecture, sincèrement, peut aller mourir. Je suis désolé si c'est votre cas, mais je me devais de le dire. (Et de toutes façons vu où on en est rendu dans cet article, tous ceux qui sont dans ce cas ont dû décrocher depuis longtemps. No joke, Achille Talon lui-même faisait cette remarque au sujet des critiques littéraires.)

Enfin bref, tout ça pour dire que je rejette en bloc cet argument des auteurs.
Ce qui ne m'empêche pas d'apprécier énormément leur période sur Spirou.
Jusqu'au cinquantième, Aux Sources du Z.

Bon, alors le début, aucun problème. Cet album s'annonce comme une aventure grandiose, dans laquelle Spirou va se retrouver confronté à son passé et devoir éviter les paradoxes temporels.

Comme vous le savez certainement, je suis amateur de paradoxes temporels, c'est pourquoi le concept de l'album m'a beaucoup plu. D'autant plus que c'était l'occasion pour les auteurs de reprendre d'anciennes scènes. Il est dommage qu'ils n'aient utilisé que des albums de Franquin, mais bon, étant donné que ce dernier auteur est celui qui a véritablement posé les bases de l'univers de Spirou tel que nous le connaissons, c'est compréhensible.

Cependant, notre duo de choc, après des scènes d'une originalité sans précédent (et bien documentées, par dessus le marché, il n'y a qu'à voir le passage en Afrique), dérape abominablement.

De tous les choix qu'ils pouvaient faire, celui qu'ils ont fait et qui a fait l'objet de la dernière prépublication dans Spirou —le journal— était le pire.
Le héros, en effet, reste dans le passé et épouse la jeune fille qu'il vient de sauver, tandis que Fantasio ramène dans le présent le Spirou du passé, qui aurait dû livrer son combat contre Poildur le lendemain (cf. Quatre Aventures de Spirou et Fantasio, un album qui sert bizarrement de plus en plus souvent de source d'inspiration pour les auteurs, notamment dans les spin-offs)

Et pour conclure, le pire de tout. Fantasio semble s'en arranger.
D'après un communiqué du prochain auteur de Spirou, tout sera remis dans l'ordre dans le prochain album. Ils ont plutôt intérêt, car la conclusion d'Aux Sources du Z me donne envie de me péter la tête contre un mur.

Maintenant que je vous ai donné mon avis à ce sujet, je voudrais quand même revenir sur les spin-offs, sobrement intitulés Une Aventure de Spirou et Fantasio par...
Là, ce qui me fait m'indigner, à part cet indigeste Tombeau des Champignac, c'est l'album qui est prépublié en ce moment même. Le Groom Vert de Gris, si je ne me trompe pas.

Quel est le problème?
Déjà, il faut remettre en place le contexte. Cette bande dessinée a pour cadre temporel la seconde guerre mondiale, plus exactement l'occupation Allemande. Ce qui ne me dérange pas, puisque Journal d'un Ingénu, d'Émile Bravo, qui se passait dans le même cadre, est excellent. (D'un autre côté, Bravo a pour lui un très bon style, et c'est tout à son honneur. On lui doit Jules, entre autres.)
Donc, le contexte c'est bon.

Mais voilà. D'abord, on a le Moustic Hotel, qui est tombé aux mains des Nazis. Ce n'est pas étonnant étant donné, encore une fois, le contexte. Mais pourquoi les auteurs ont-ils changé la couleur de l'uniforme de Spirou? Ils n'en avaient aucune raison. Et dans leur interview, ils disent "la couleur du costume de Spirou est toujours rouge."
Ils sont daltoniens, peut-être.
Enfin passons.

J'en viens maintenant au plus grave.
Qu'est-ce que les termes spécifiques à la langue Belge foutent dans cet album, alors que depuis Rob-Vel, aucun auteur ne l'a jamais utilisé? C'EST ANORMAL. Désolé mais c'est vrai. Je ne remet pas en question le fait que Spirou soit Belge, mais autant faire parler aux Parisiens du 18ème siècle un argot d'époque (dans les Marais du Temps) est compréhensible, autant donner l'accent Belge aux personnage du Groom Vert de Gris est vide de sens puisque depuis 1938, merde, aucun auteur ne l'a fait.
Non, ce n'est pas du chauvinisme, c'est une constatation.

Ces derniers temps, Spirou me donne une impression de bâclé.
J'espère donc que les prochains auteurs sauront relever le niveau... Mais je crains pour l'avenir de la série, puisque, si j'ai bien compris, Yoann et Vehlmann, les auteurs des Géants Pétrifiés, sont les prochains auteurs. Sincèrement, leur style est sympa, mais d'une part, leur présence sur la série principale prouve que le spinn-off est en réalité une plate-forme camouflée pour trouver de nouveaux auteurs à la série en cas de problème, et, d'autre part, à mon avis, les Géants Pétrifiés auraient suffit.
Sauf bien sûr s'ils adoptent un style plus proche de ce qui a déjà été fait pour amener le leur un peu plus en douceur.

Enfin, supputer sur l'avenir n'a aucun intérêt, aussi vais-je m'en tenir là, et vous remercier si vous avez eu le courage de lire cet article jusqu'au bout.

3 commentaires :

  1. 5e chapitre après l'image de la page couverture de "Machine qui Rêve", 3 ligne. Erreur sur le mot scénario. :P

    Sinon, bel article. :)

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  2. Scenarii peut se dire. Je le maintiens. Et pas la peine de rebondir, ça a déjà fait un débat foireux de trois pages sur un forum :(

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  3. C'est bon ! :P

    Aym' vient de me réprimander... xD

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